vendredi 22 janvier 2010

service public, privés servis

Pour mettre fin au tournis infernal qui a révélé les faiblesses politiques d'un gouvernement et de sa majorité, le renoncement plus ou moins spontané d'un PDG rend un fier service à son copain hyperprésident.
Fanchon n'ayant pas la prétention d'en savoir plus que les commentateurs avisés de la vie politique, en revient simplement aux comparaisons basiques que peuvent faire les citoyens-contribuables.

Bien avant ce débat autour d'un homme qui a semble-t-il bien réussi dans la vie, depuis sa naissance comme fils d'immigré jusqu'à certain dîner du Fouquet's en 2007, le Journal du net avait établi un dossier comparatif, basé sur les salaires et divers avantages des patrons d'entreprises en France en 2008 - avant la crise.

On y voit que le souci de rémunérer le nouveau président Proglio à hauteur de ses éminentes compétences, et surtout sans l'humilier parmi ses pairs, a dû négliger un petit détail. Son prédécesseur à EDF se contentait de beaucoup moins. Le "niveau" équivalent, qu'on tente de donner au PDG d'EDF, est celui de patrons de groupes privés : Bouygues, Suez, Vivendi, Vinci.


Et il est si facile d'oublier ce détail, alors que ce paysage de sigles est devenu un immense sac d'embrouille, jouant de nos mémoires. Quand H. Proglio arrive au sommet à Veolia, il a fait toute sa carrière dans la même entreprise de service public, sous le nom de la Compagnie générale des eaux.

De même que la CGE il y a eu d'autres escamotages dans l'eau, à la suite de son concurrent la Lyonnaise (SLEE). Mais aussi de l'eau dans le gaz, avec GDF ; et un risque de court-circuit depuis que Proglio a un pied dans l'eau de Suez et l'autre à l'EDF... Sans même évoquer France Télécom, les autoroutes, les transports en général - où la SNCF doit verser un loyer pour utiliser les rails de TDF...
Il suffit de jeter un coup d'œil à certains sites dont les liens disent assez que l'amnésie est recommandée...

Ce qui nous intéresse le plus au-delà de cette valse des millions de PDG, c'est tout de même la facture qu'on nous présente : privatiser les entreprises des énergies - vitales pour notre quotidien - c'est forcément créer une marge à régler en plus. Celle du profit, légitime dans toute entreprise privée, pour rémunérer aussi les actionnaires.
D'où l'importance des projets politiques ; faut-il des actionnaires pour donner le minimum vital aux citoyens : eau, gaz, électricité, communication ?

À l'image de ce qu'entraîne depuis 2007 la RGPP : plus aucun citoyen ne pourra bientôt plus reconnaître les structures de l'État. Et "nul n'est censé ignorer la loi", disait-on...

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