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vendredi 15 avril 2016

le repos d'un grande révolutionnaire pour les femmes

En cette circonstance triste, Fanchon se permet de personnaliser.
C’est une triste nouvelle que je viens de recevoir. Je sais que ma génération a commencé de disparaître (et moi-même… je ne vois plus beaucoup les amies, ce que je regrette).

C’est une grande figure féministe dont le HCEfh annonce le décès aujourd’hui. Et je ne me donnerai pas le ridicule de dire ce que Maya Surduts a représenté pour toutes les femmes – vous le savez déjà ; juste que j’ai toujours admiré son action quotidienne courageuse auprès des celles qui étaient les plus en difficulté.

Et puis nous avons vécu de grands moments avec elle, avec le Réseau Femmes et Hommes pour la parité, il y a déjà près de 20 ans.
Vous avez sans doute expérimenté sa force militante,  son autorité efficace, et une sorte de radicalisme par rapport à Elles aussi, dont j'avais été désignée porte-parole.  Mais nous avons eu un jour la surprise merveilleuse de voir Maya se présenter à un de nos Forums (mairie du 12e si je me souviens bien).
À la tribune elle a expliqué (comme de nombreuses féministes des années 70) ne pas avoir vu l’intérêt de se battre sur le terrain politique ; mais elle réalisait que le combat de la CADAC serait sans fin s’il n’y avait pas de femmes élues, en nombre suffisant pour faire avancer les droits des femmes. Et aussitôt son réseau a rejoint le nôtre, jusqu’au Congrès de Versailles en 1999, puis au vote des lois pour la parité.

Nous n’étions pas naturellement d’accord sur tout, mais j’ai le souvenir amusé d’avoir vu tomber une barrière : alors que nous devions rédiger ensemble un texte à soumettre au réseau, je suis arrivée dans la soupente du bureau de Maya, alors qu’elle râlait contre son ordi, et à cause d’un problème de téléphone. Veine et miracle, j’ai trouvé les solutions ; et nous avons écrit ensuite très facilement, l’entente était née pour longtemps.

Je suis très fière et heureuse de l’avoir rencontrée, alors que ma jeune sœur 68arde avait milité bien plus tôt à ses côtés….
Et mon amie Sylvie, alors présidente de l'UFCS (Union féminine civique et sociale, que des gros mots !), vient de me dire qu'elle partageait la même peine, même si sa vue l'empêche de participer:
"combien Maya a fait partie de nos combats, avec les féministes de la première heure … nous petites UFCS  plus timides, mais convaincues qu’il fallait en prendre de la graine ! même si nous n’étions pas d’accord sur tout – comme tu le dis – c’était extrêmement enrichissant de les voir travailler et les prises de position de l’UFCS pour la parité en ont été nourries.
La photo de Maya est absolument magnifique !  J’espère qu’elle a eu des ami-es pour l’entourer car je ne sais pas jusqu’à quand elle a encore milité et dans quelles conditions elle est décédée …"



Des hommages lui ont été rendus, à gauche bien sûr avec la ministre Laurence Rossignol :
« Depuis déjà plusieurs semaines, sa santé nous préoccupait, a réagi la ministre des droits des femmes, dans un communiqué. Il y a tout juste huit jours, pour l’adoption définitive de la loi sur le système prostitutionnel, toutes les féministes étaient rassemblées et son absence occupait tout l’espace. »

Le Haut Conseil à l'égalité f=h avait aussitôt annoncé son décès. Et bien sûr, même ELLE, parmi d'autres infos...

Un jour où nous entrions ensemble au Ministère de la Parité, pour une réunion avec Nicole Ameline (si rare convaincue à droite !), elle rigola franchement de mon interpellation : Maya ! mais tu t'embourgeoises !.
C'est vrai que fidèle à sa croyance révolutionnaire, elle avait  aussi fière allure, magnifique en tout, y compris sa voix.
Il faut craindre que les jeunes générations de féministes ignorent pourtant tout ce qu'elles lui doivent.

Repose en paix, Maya ! (mais le peux-tu vraiment ?)

mardi 10 mars 2015

en France, que font les femmes en politique ?


Au lendemain d'un 8 mars, Journée internationale des droits des femmes encore si nécessaire partout dans le monde, on doit s'interroger sur la vie politique française.
Depuis plus de 20 ans des féministes sont arrivé-e-s à faire comprendre et admettre la "parité", au sens de l'égalité réelle - en nombre - entre femmes et hommes en politique : cheminement difficile, consacré et soutenu par la modification de la Constitution, puis le vote de lois à l'aube du 21e siècle. Et le chemin n'est pas fini.

 
Il a fallu une législation pour contrer des comportements hostiles aux femmes, pour obliger les partis politiques à réduire le nombre des candidats toujours masculins – ceux "qui n'ont pas démérité" au point de céder des places ! Il a fallu des débats, des discours, des campagnes pour faire entendre qu'une femme en politique était "légitime" jusqu'au plus haut niveau.

Et le plus grand parti, qui se dit féministe, qui a fait voter toutes les lois les plus essentielles à l'égalité, ne s'est même pas affligé de l'échec de sa candidate à une présidentielle. Première femme arrivée au second tour, portée par le plus grand nombre de millions de suffrages à gauche jamais obtenus, Ségolène Royal avait entrainé les foules les plus diverses (hommes et femmes, jeunes et vieux, ouvrier-e-s, employé-e-s, cadres, intellectuel-le-s) : moquée par ses propres camarades, par des concurrents parfois vainement idolâtrés, cette femme a dû admettre que toutes ses qualités, ses compétences n'étaient rien face à la dureté de cette vie politique.
 

Hier encore, le sourire courageux de la femme debout accompagnait la confirmation qu'elle devait "renoncer" à porter la responsabilité la plus haute dans la République – face à l'inélégance de son interviewer (à 7:47).

Mais pendant ce temps, une autre femme monte dans les sondages politiques. Avec un programme que ne supporterait aucune démocratie, elle ne convainc pas vraiment, mais elle se montre partout, et les médias l'invitent sans même donner du sens à sa candidature. Juste que dans une démocratie fatiguée, blasée, l'abstention d'une majorité de citoyen-ne-s renforce les pourcentages qu'obtient son parti à chaque élection. En Europe (son ennemie pourtant), la dame "brune"  a semé, comme elle a récolté deux députés et un sénateur ; on dit que sa moisson va prospérer dans nos départements, nos régions. Les Français ont pourtant l'exemple terrible que donnent ses adeptes dans plusieurs mairies.
Ces maires exemplaires, ce sont des hommes. Et le mouvement qui leur donne sa flamme mauvaise a été fondé par un homme, affichant sa mâlitude comme un épouvantail pour la démocratie.

Mais voilà, ce chef depuis 50 ans devait se trouver un successeur ; pas question de le faire élire par les partisans : c'eût été un peu trop démocratique… De sorte que l'hérédité a tranché : une de ses blondes filles a repris la main.
Et elle avait tout compris, l'héritière. Avocate comme son père, elle savait bien parler. Maligne, elle l'avait bien écouté, pour en tirer les leçons. Pas de gros mots, toujours des slogans-chocs qui plaisent tant dans les pubs et la com. Avec une garde-robe chic à la mesure de ses gros moyens. Et surtout elle a choisi ses cibles de com : les jeunes, et tous ceux qui se croient abandonnés - quand le pays est en crise. Cibles faciles, hélas.
Enfin, c'est une femme. Elle a vu que les jeunes, et tous ceux qui souffraient de la crise, ils et elles avaient failli donner la victoire à une autre femme, en 2007. Elle a compris que 80 % des Français (en 1995 ; 94% en 2015) sont prêts à changer pour une PrésidentE de la République : l'analyse (p.5) du dernier sondage de BVA est très intéressante. Et MLP ne va pas se priver d'en tirer profit – ce que n'ont même pas essayé les autres partis politiques… À nous citoyens de nous réveiller.



Ségolène Royal aujourd'hui, comme d'autres collègues compétentes et courageuses, "se contente" de travailler dur pour aérer notre planète, pour contrer une crise qui dévore son pays, pour changer l'ambiance détestable qui ronge la classe politique, qui désespère les habitants de la France, qui fait s'abstenir les électeurs. Habituées à bosser pour réussir leurs tâches, Royal comme Taubira, comme Najat, ne visent qu'à laisser leur pays dans un état meilleur que celui où leur Président l'a reçu en 2012.
Et si tous les hommes politiques de gauche s'y mettaient aussi, sans se tirer dans les pattes pour être toujours LE premier ?

dimanche 22 février 2015

une femme dans l'avenir de la planète

À la fin de 2015, la Conférence internationale sur le Climat se réunit à Paris. La ministre de l'Écologie, de la transition énergétique et du développement durable a reçu LCI pour expliquer la mission qu'elle se donne :

http://lci.tf1.fr/politique/bureau-politque-decouvrez-l-antre-de-segolene-royal-8568160.html


lundi 7 avril 2014

victimes et chantages politiques

Changement de gouvernement sous la pression générale, satisfaction des Français qui espèrent un vrai changement à cette occasion : le Président Hollande serait sur le bon chemin ? que non ! des clameurs s'élèvent chez ceux qu'on devrait considérer comme gagnants. Les écolos, qui soudain ne veulent pas contribuer à une politique écologique qu'ils demandent ; des députés socialistes qui devraient se rassurer que leur majorité soit moins menacée. Il paraît que cette double réaction n'a pour objectif que l'espoir de la prochaine élection - comprenne l'électeur-électrice qui pourra !

En attendant le "vote de confiance" à l'Assemblée nationale demain, le nouveau Premier ministre, spécialiste de la fermeté affichée, est obligé de négocier, sous la menace d'une épée de Damoclès et de ses "amis" socialistes de gauche. Plus à gauche qu'un autre socialiste, tu meurs : c'est la mode, sans qu'on sache ce que signifie vraiment cette concurrence d'étiquette. Et ce que va dire Manuel Valls, nul ne sait encore si ce n'est pas de gauche...

Tout de même fanchon la parité, qui ne se targuerait pas d'être une politologue avertie, se réveille ce matin avec une petite idée. À lire les noms de ces vertueux parlementaires, le souvenir lui revient d'épisodes antérieurs, où certains ont déjà fait rouler leurs petits biceps de gauche. Y aurait-il une suite logique ?

Il y a seulement 13 ans, en 2001, le journaliste Renaud Dély moquait un groupe de "jeunes" ambitieux, qui s'en prenaient à la "philosophie de la parité" comme cause de leurs maux : ils allaient perdre la moitié des sièges auxquels leurs carrières auraient pu prétendre, mais qu'ils devraient laissser à des femmes. Comment à 26 ans, peut-on vivre un tel deuil annoncé ? Les 4 pauvres signataires de ce texte (égaré depuis, et seulement évoqué dans l'article de Libé) ont tout de même survécu, et pas dans les soutes du PS.
On les retrouve un peu plus tard, victimes à nouveau déclarées de la grande défaite des municipales, battus dans leurs mairies : ah ! ils avaient donc pu être choisis comme candidats, puis élus dans l'intervalle ?

Mais ils ont senti le boulet du canon, et comme député - ah ! il avait donc pu être choisi comme candidat, puis élu député ? (comme moins de 29% de ses collègues femmes à l'Assemblée nationale) - Laurent Baumel rappelle maintenant au pouvoir exécutif que les parlementaires veulent être réélus la prochaine fois...
Coïncidence : il était le signataire principal de l'appel de 2001 - quand le Conseil national désignait les candidats aux sénatoriales ; mais avait mis de l'eau dans son vin de gauche quand des sénatrices sortantes avaient répété en chorale une Marseillaise moqueuse ("nous entrerons dans la carrière quand..."). Puis  pauvre "gueule cassée" des municipales... (évocation indécente du passé de notre pays il y a cent ans)
Encore une coïncidence, anecdotique : 155 c'est à la fois le nombre de députéEs élues en 2012, et le nombre de villes perdues par le PS en 2014. Passons...

Ce qui est moins anecdotique, c'est l'arrivée dans ce gouvernement d'une personnalité qu'on appelle médiatique : mais Ségolène Royal est surtout une femme politique, sur laquelle le gouvernement compte. Et dans le domaine que les écolos d'EELV n'ont justement pas voulu.
Le rapport avec Laurent Baumel ? il suffit de lire sa biographie, confirmée même par la référence Wikipedia. Clairement, ses engagements successifs dans le PS, mais souvent à la limite ou dehors, ne sont pas d'un féminisme échevelé ; et 2008 souligne bien son opposition à Ségolène Royal.

Une différence entre eux saute aux yeux : la nouvelle ministre de l'Écologie a payé cher une défaite bien organisée dans son parti. Mais elle est présente pour aider son gouvernement, son parti en difficulté - qu'elle a toujours soutenu au fil des années.

On ne peut en dire autant de ceux qui profitent des difficultés de la gauche pour renforcer leurs carrières sinueuses, voire au prix du chantage. C'est ça, être un mec de pouvoir : quel talent ! jusqu'où monteront-ils ?

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samedi 8 mars 2014

la parité et autres rappels pour une journée vite passée

Si fanchon a toujours mis la parité en avant, c'est que la démocratie est une priorité : des femmes partageant le pouvoir politique pourront ainsi obtenir des réformes indispensables, puis veiller à leur application.
Une décennie de régression s'est achevée en 2012, et il faut saluer la ténacité de la jeune ministre qui multiplie les initiatives, pour ancrer les progrès qu'elle essaie d'obtenir. Tous les témoignages recueillis pendant ce 8 mars vont dans le même sens : la situation n'est pas bonne, mais les jeunes femmes ont compris que la solidarité est indispensable.
Belle illustration, au-delà des fleurs et compliments de circonstance (sans illusions !), ce clip offert par Inna Modja - cadeau !
Car même à côté de la précarité, des salaires et des retraites indignes, il y a la violence physique, que ce soit la vie dans la rue, ou la force brute des viols - utilisés maintenant comme arme de guerre partout dans le monde. On ne sait plus comment mesurer l'horreur...

Bonne fête à toutes !
Alors tout de même, une autre moment de fête, bouleversant avec le talent de deux dames si bien, entre deux générations  :
Merci.
PS. avec une pensée supplémentaire à Simone Veil.
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lundi 19 août 2013

historique du voile, même pour rire

Après des semaines de vacances, où l'on est restée accablée par une actualité désespérante, voilà une découverte à saluer. Avec ou sans voile, on a vu couler le sang dans des pays qui cherchent leur démocratie, et chez nous - en plus de commentaires erratiques - des provocations à l'émeute. Sous le voile, certains coupent les cheveux en quatre, sans voir que ce sont les femmes qui sont essentiellement en cause, et fondamentalement, ces pauvres mecs qui ont peur des femmes.

Alors, fanchon salue ceux qui ont retrouvé une video salubre :

 

L'Histoire semble se répéter ; mais cette anecdote date de 60 ans, et un grand politique sait la présenter avec humour, auquel répond l'humour de son public.
Puisse l'Égypte en 2013 trouver son chemin, sans que coule davantage le sang.
Cette video n'est qu'un extrait : le discours de Nasser montre bien l'ampleur du problème, que nous voyons ressurgir aujourd'hui, et mérite d'être réécouté entièrement, entendu.

Les demandes que Nasser a entendues à l'époque étaient déjà :
1. le port du voile (réponse dans la video)
2. la femme ne travaille pas. Réponse  de Nasser :
Le travail est une protection pour la femme, et l'empêcher de travailler est contre son intérêt. Nous libérons vraiment la femme par le travail.  (à l'époque en France, tous les politiques ne l'auraient pas dit...)
3. fermer les théâtres, les cinémas.
C'est l'obscurité totale, quoi ! (sic)

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mercredi 26 juin 2013

parité et violences faites aux femmes

fanchon a toujours limité son propos à la parité politique, qui avait motivé la modification de la Constitution française en 1999. Depuis plus de vingt ans, il y a eu bien assez de discours sur les violences : elles ont été trop souvent le prétexte à considérer les femmes comme pauvres victimes, et victimes seulement.

Depuis 2002, deux quinquennats successifs ont mis sous le boisseau les femmes-citoyennes ; à part Nicole Ameline, seule ministre de droite "de la parité", les droits des femmes ont été dépendants de ministère de la "solidarité", c'est-à-dire des Affaires sociales. Et jusqu'à 2010, des lois régressives ont été votées (modes de scrutin par exemple) sans considération de l'égalité politique. Il a fallu un  retour de Roselyne Bachelot (18 mois) pour que la ministre de "la solidarité et de la cohésion sociale" s'approprie les droits des femmes dans le sens de la parité - avec son obstination (depuis la création de l'Observatoire de la parité en 1995).

Une page est tournée depuis un an ; notre nouvelle ministre des Droits des femmes, renforcée par son rôle aussi de Porte-parole du gouvernement, a montré qu'elle n'était décidément pas une alibie : la liste des dossiers qu'elle aborde avec vigueur, et des lois qu'elle fait voter, c'est vraiment le changement... maintenant.

Lorsque Najat Vallaud-Belkacem dénonce les violences faites aux femmes, on sait que c'est une déclaration de justice, d'égalité, et non de pitié ou compassion. Cette semaine elle en fait la preuve au niveau international : à New-York, où elle représente en ce moment la France.


Le Conseil de sécurité de l'ONU aborde avec la ministre française un sujet grave : elle montre que les femmes - globalement et partout dans le monde - sont systématiquement victimes des guerres et conflits.
Il ne s'agit pas de monter le niveau de regard sur les violences, du domestique au mondial.
La prise de parole de cette jeune femme, pour la France, à un des 5 sièges permanents (avec droit de veto) de l'instance exécutive de l'ONU, voilà qui n'est pas négligeable.

C'est parce que ce Président de la République, ce gouvernement, ont voulu l'égalité réelle entre hommes et femmes, que notre pays se retrouve représenté par une femme, témoin même de cette volonté. Et dès lors son intervention sur les viols de guerre pèse tout autrement ; elle dit bien : "la meilleure façon de protéger les femmes, c’est d’en faire des acteurs et plus seulement des sujets" - formule valable dans tous les domaines. La résolution votée à l'issue de ce débat du 24 juin l'a d'ailleurs été à l'unanimité.

Dans le même temps, c'est une femme qui a été envoyée comme ambassadrice de la France dans un autre domaine de sécurité internationale.

fanchon la parité ayant rappelé ses principes ne se dédouane pas pour autant de parler rarement des femmes victimes de violences - tandis que beaucoup d'autres ne dépassent pas cet horizon.
Horizon tragique, sanglant, et à perte de vue et de temps, comme le rappelle sans cesse l'actualité. Aujourd'hui, c'est dans le domaine du spectacle : dix ans après la mort de la merveilleuse Marie Trintignant, son compagnon chanteur - dont on pouvait penser qu'il avait purgé sa peine, après tout - est signalé comme récidiviste, il y a 3 ans avec le suicide de sa jeune femme, mère de ses enfants.

Marie Trintignant                                         Krisztina Rady

Mais en politique, rien n'est fait encore complètement. Il suffit d'entendre ce matin le canonique et onctueux président de la Commission des lois du Sénat, auditionnant au titre de la transparence de la vie publique, appeler les seulEs intervenantEs "les deux dames". Pas très habitué, le monsieur...

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lundi 22 avril 2013

petits rappels républicains

Encore une différence de traitement envers les femmes politiques. Ce matin un chroniqueur d'Europe 1 s'étonnait de la représentation de la France aux obsèques de Margaret Thatcher la semaine dernière. Outre que les positions politiques de la France sont loin de ce que symbolise l'ancienne Première ministre britannique, contestée déjà par une grande partie des citoyens du Royaume-Uni, on reproche à F. Hollande de n'avoir pas envoyé un ministre en exercice ou une personnalité de rang suffisant.
C'est le député Christian Jacob qui a dénoncé le premier la présence à Londres d'une simple parlementaire. (Drôle de qualificatif pour ce qu'il est lui-même !...)
Pensez-donc, c'était une femme (mais ça personne n'a quand même osé le dire ; et puis c'était les obsèques d'une femme). Une femme de gauche. Quelle femme ?

Élisabeth Guigou n'est "que" ancienne ministre, ex- première femme Garde des sceaux. À droite d'habitude, on se garde pourtant bien d'oublier un tel titre, selon l'adage "ministre un jour, ministre toujours" . Et comme députée, pas si simple que ça, elle est tout  de même Présidente de la Commission des Affaires étrangères - bien sûr c'est banal depuis que des femmes ont enfin accédé à cette fonction... C'est sûrement dur à digérer pour un simple Jacob.
Enfin et surtout, É. Guigou était bien choisie : elle connaît l'Histoire ; toute jeune il y a 30 ans, conseillère à l'Élysée, elle était au côté de François Mitterrand et a bien connu Thatcher. Ce qui nous vaut ce délicieux récit, que peu d'hommes auraient pu faire :


Un député de droite a choisi cette cible à gauche car il a fort à faire chez lui à droite, avec des femmes même pas parlementaires, et surtout pas simples... Mesdames Barjot et Boutin à défaut d'être députées, et fort peu représentatives de la majorité, en appellent au Peuple de France, et entraînent les élus UMP, UDI, bleu Marine - tout mélangé à droite jusqu'à l'extrême.

une "égérie" n'est pas une femme politique
Une autre femme, que certains traiteraient bien en victime (mais ce n'est pas son genre), est en première ligne malgré elle : Caroline Fourest est journaliste et essayiste. Sa spécialité est de travailler sur l'extrême-droite, ce qui est bien d'actualité. Désormais, sur le terrain elle est la cible des voyous. Mais toujours pour son métier, elle est consultée et participante de débats dans les médias. Sur cette ligne de crête qu'est aussi un engagement, elle garde la même rigueur professionnelle qui lui permet de rappeler les règles du jeu. Courage toujours, Caroline !

Caroline Fourest face à Guaino
Mais comment demander le respect de la Loi, des institutions, des responsables élus du Peuple, lorsque l'intermédiaire citoyen qu'est le journaliste se comporte sans aucun respect ?
Depuis 1981 déjà, le comportement des élus majoritaires de gauche allait naturellement vers plus de simplicité : on a commencé d'interviewer "Pierre Mauroy" plutôt que "Monsieur le Premier ministre" sans qu'il s'en offusque (peut-être même l'avait-il demandé ?). Quand Elkabbach s'adresse à "Manuel Valls" et ne lui donne du "Monsieur le ministre de l'Intérieur" que sur un ton ironique ou narquois, lorsqu'il parle plus fort que son interlocuteur pour empêcher d'entendre la réponse, il sape lui-même délibérément l'autorité de l'État à laquelle il prétend faire appel. À quoi s'ajoutent avec condescendance ses "oui, oui" et "d'accord...". Il oublie que les citoyens risquent de prendre son comportement comme un exemple à suivre.


Plus grave, le même journaliste ose poser la question  "vos députés ont-ils la légitimité (...) quand la rue gronde ainsi ?".
Lui-même sait bien qu'un député, élu il y a dix mois, a la légitimité. Il induit donc que l'auditeur-citoyen peut douter de cette légitimité ; son rôle est pourtant d'informer qu'un Élu de la Nation est légitime. Et que ce n'est pas la rue qui impose sa volonté en démocratie.
Dans ce domaine de l'information, Manuel Valls est bien fondé à s'indigner d'expressions que les journalistes ont rapportées sans les contester, ni les replacer dans un contexte historique : des manifestants avaient dénoncé la police qui avait "gazé des enfants", une ex-ministre opportunément allongée au sol s'était dite "gazée" ! Les souvenirs de l'Histoire du XXe siècle rendent indécente une telle évocation, rapportée à un atomiseur lacrymogène !

Et voilà comment le déni arrive au point qu'un Député (Guaino, ancien chantre de la République et discoureur de Président) appelle franchement à la sédition : "Je souhaite que les Français descendent dans la rue jusqu'à ce que ce que le président cède. Le message est très simple "Monsieur le président de la République, changez de politique, changez d'attitude (...), ou bien partez avant qu'il ne soit trop tard".
C'est ce que Valls nomme justement un "factieux".

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mercredi 3 avril 2013

com-menteuse et corruption

Il  semble que le "coup de tonnerre" qui a explosé hier dans le ciel politique français va être suivi de deux éclairs ; ce sera la mise en lumière de maladies honteuses : la com-menteuse et la corruption.
François Hollande a été élu Président avec un slogan irréprochable après les quinquennats précédents : "la République exemplaire", "irréprochable". Et s'il a été élu c'est qu'il était sincère et crédible dans cette volonté, que personne n'a jamais mise en doute.

Mais s'il a réussi un parcours à part, il n'a pu empêcher le Parti socialiste de se laisser manœuvrer par la "com"munication : d'abord triomphante, elle se retrouve aujourd'hui dans son champ de ruines.
Un noyau minoritaire au sein du PS a émergé grâce à des professionnels de la communication ; échec pourtant dès 2006 quand le candidat DSK s'est retrouvé nettement battu dans des primaires à la présidentielle. Et ça n'est pas faute d'avoir envoyé ses troupes dès la première présentation des candidats, dans la seule région (Île-de-France) où il était implanté, juste pour huer la seule femme candidate.
Ségolène Royal s'est pourtant imposée dès le 1er tour, à 60 %.
Mais la manœuvre com-menteuse avait commencé son œuvre : il fallait discréditer l'image de cette femme - qui pourtant faisait revenir à gauche l'électorat des jeunes, des femmes, des ouvrier-e-s et employé-e-s. Si S. Royal est arrivée au 2nd tour de la présidentielle de 2007, avec un nombre record de voix à gauche, c'est aussi avec ces semelles de plomb qui ne l'ont plus lâchée.
Comme un déni de cette réalité, les communicants strauss-kahniens ont continué la construction souterraine de leur mythe : on sait maintenant, par des témoignages et essais politiques, que leur idole a plus subi leur influence que mené une stratégie. L'effondrement de mai 2011 a révélé la fragilité du candidat peut-être malgré-lui. Il était juste temps pour les primaires d'octobre 2011 : elles ont permis l'émergence de François Hollande, faisant oublier les vilaines manœuvres et les images dégradées.

Aujourd'hui la composition du gouvernement reflète ces souvenirs, et la chute du ministre Cahuzac est la sanction finale de la com-menteuse.

Pourtant on reste pantoise à entendre des UMP disserter sur le mensonge ; clamer "la faillite morale de la gauche" quand ils donnent la parole à des Balkany, Carignon, etc (la liste est longue).  Car leurs électeurs ont l'amabilité de réélire des condamnés.


Si le compte à Singapour de Jérôme Cahuzac laisse entrevoir des problèmes de corruption personnelle, d'autres affaires en cours se sont multipliées à droite, sans qu'on ait encore tout éclairci autour de Clearstream, Karachi, etc.
C'est en librairie qu'on trouve le fruit des enquêtes de journalistes, quand Mediapart et Le Canard enchaîné sont bien seuls dans la presse à aller au fond des dossiers. Titres évocateurs : La République des mallettes, L'Oligarchie des incapables...

Pendant ce temps on commence à voir de plus en plus de documentaires video, riches d'enquêtes passionnantes. En particulier sur les corruptions et mafias qui gangrènent la planète, sans épargner notre pays. Informations effrayantes, mais utiles aux citoyens ; guettons nos programmes TV, surtout sur LCP-PS, Arte, ou France TV par exemple.

Pas de démocratie sans information.

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vendredi 8 février 2013

la comédie de l'impuissance

Sous nos yeux, dans nos étranges lucarnes, le spectacle politique n'en finit pas de ressembler à des réality choses, aux divertissements de nos chaînes les plus commerciales.
Sous prétexte de jouer l'opposition, la droite française fait obstruction à toute action du gouvernement de gauche. Déni de réalité, commentaires sarcastiques, entraves parlementaires, dénonciation auprès des "sages" constitutionnels : tout est bon pour ceux qui refusent les choix du suffrage universel de mai-juin 2012.

Où est la Crise qui a tellement été invoquée pour justifier les échecs de la majorité précédente, du président Sarkozy ? cette crise et ses conséquences, que F. Hollande et la gauche doivent affronter à leur tour, où est-elle ? pschitt... L'UMP ne la voit plus, tout est de la faute de la gauche...
En moins d'un an, la politique d'un gouvernement ne peut apporter  le changement tant souhaité. Simplement hier, l'annonce de réduction d'un déficit (commercial) laisse espérer qu'on approche d'autres satisfactions pour notre pays - mais une hirondelle ne fait pas le printemps.
Symboliquement, fanchon se réjouit tout de même qu'une femme incarne cet espoir, Nicole Bricq d'abord brocardée en 2012.

On s'étonne que la droite ne soutienne pas l'effort nécessaire de tout un pays, ne guette que l'échec de son pays, où beaucoup souffrent.
Pour l'instant, après deux mois où ses deux chefs ont cherché à s'entretuer pour un fauteuil, l'UMP a trouvé une autre scène de comédie. Alliée aux plus réactionnaires, sous nos yeux ébahis (merci LCP), l'UMP envoie à l'Assemblée nationale ses sbires et bretteurs manipuler leurs propres fantasmes.

Le mariage autorisé aux homosexuel-le-s était déjà le premier prétexte pour ferrailler entre députés, prenant bien soin de se défendre de toute homophobie (mon ... aurait dit Zazie). Malgré une mobilisation massive dans la rue, l'article 1er du projet de loi a été finalement voté à une très nette majorité.

Mais le combat continue, contre deux têtes de turque, les deux ministres Taubira et Bertinotti. Le spectacle nous est offert jour et nuit, sur fond de comique de répétition. On re-découvre les brillants penseurs que sont Mariton, Douillet, Benisti, Gosselin, Poisson, Myard, etc etc, Cette fois il s'agit de la GPA (gestation pour autrui, par des mères porteuses) : tous les orateurs qui bégaient les mêmes radotages savent pourtant que ce n'est pas le sujet de cette loi - et ne le sera sans doute pas plus tard, tant les femmes, les consciences le refusent. On en est simplement à l'adoption.

Grâce à "madame LE Garde des sceaux" et "madame LE Ministre", malgré la frivolité voire la vulgarité des obstinés, l'ambiance de l'Assemblée nationale de la République française garde une certaine tenue, heureusement. L'humour du président Bartolone (qui se révèle de jour en nuit), ajouté à la force de caractère des deux femmes ministres, et à leur sourire/fou-rire, nous permet de ne pas sombrer dans une totale médiocrité. Inlassablement, elles répondent, rétorquent, expliquent  : on ne les verra pas pleurer sous les attaques - mais à deux c'est mieux. Et elles se savent soutenues par une majorité, d'élu-e-s mais aussi de citoyen-ne-s et télé-spectateurs/trices.

Quant à la  droite, elle va pouvoir gagner des informations en fréquentant enfin les auditions de la commission du Sénat : de grande qualité, aussi bien Françoise Héritier, que des pédo-psychiatres en contradiction, à ne pas manquer sur LCP/Public Sénat. Et l'UMP qui se reconstruit pourra enfin travailler sérieusement. Dans notre intérêt collectif.
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samedi 26 janvier 2013

le bilan de fanchon blogueuse

Est-ce le mois de janvier ? période des bilans et des résolutions, on voit fleurir les comparaisons, et même entre blogs : la catégorie "blogueuSE politique" semble intéresser, jusqu'aux universitaires qui comprennent que la vie politique passe par là aussi.

Fanchon la parité n'aime ni les catégories, ni la compétition pour le plaisir d'être en tête (ses candidatures à des élections le garantissent...). Sa personne importe peu, seule son envie de militer pour des idées dont elle voudrait voir l'aboutissement - enfin un jour, avant de quitter cette vie ! Mais ce sprint de début d'année lui a donné l'envie de consulter ses statistiques. Elles sont incomplètes, car sa plateforme Blogger remonte le passé seulement jusqu'à mai 2008 ; mais une période de 4 ans 1/2 peut être considérée comme significative. Et ce palmarès n'est en compétition avec personne, surtout pas avec des personnalités plus prestigieuses, professionnelles et reconnues. Voilà juste les 10 articles que vous, internautes, avez le plus lus pendant cette période :
1. vive elles ! ces nouvelles ministres
2. cohérance... & parité
3. réduction sur abstention
4. nouvelle alerte
5. sms d'amour... triste été
6. parité politique, petites lettres, petits mecs
7. perdu une voix : la Kriss s'est éteinte
8. la parité, c'est la vraie rénovitude
9. deux présidentes pour la nouvelle année
10. un Debré UMP : Urologue, Mâle, et Politicien ringard

Bien sûr Fanchon vous doit des remerciements, car c'est votre classement selon l'intérêt que vous avez porté à ces articles. Et on y retrouve une cohérence très satisfaisante avec les sujets choisis à l'origine, dès le premier billet, il y a juste 6 ans.
Le titre d'abord : un simple prénom et le thème principal, la parité (en politique). Mais aussi les femmes qui affrontent concrètement la vie politique - et en particulier celle qui en France est allée le plus loin, et dont fanchon saluera toujours la bravoure et l'esprit d'anticipation, la vision d'avenir : Ségolène Royal. Autre thème, la parité (politique) avec ses rapports à notre vie quotidienne, dans l'actualité et pas seulement les discours. Pourtant aussi les informations utiles à rendre publiques, que ce soit des progrès ou des régressions.
Enfin l'ambiance prétendait être plus qu'hexagonale, européenne et internationale. Avec une dose de musique et de "culture", d'humour ou d'ironie, et sans langue de bois.

Le message est-il bien passé ? Il le semblerait d'après les commentaires publiés : merci donc à celles et ceux qui ont déposé une appréciation (pas toujours publiée, surtout quand elle révèle un manque de respect).
Il faut aussi remercier pour les invisibles liens, retrouvés par hasard quelquefois, qu'ont tissés d'autres blogueur-euses au fil de ces six années ; la technique permet maintenant qu'ils glissent dans leurs "blogrolls" la dernière édition de fanchon. Voilà un fameux coup de pouce solidaire !

Un autre grand merci à tou-te-s les internautes qui sont venu-e-s faire un petit tour par ici - et qui pourront revenir aussi souvent qu'ils/elles le souhaitent !
Fidèlement vôtre,
    flp
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lundi 21 janvier 2013

Sido : "c'est qui cette nana ?"

Morceaux d'anthologie au Sénat, qui nous ramènent aux grands moments du combat pour la parité pendant le mandat Jospin, entre 1998 et 2000.

"S'il vous plaît mes chers collègues, ne faisons pas d'obsession sexuelle collective. Est-ce que  la parité doit se mesurer au 50/50 ?" (magnifique ! M. Christophe Béchu, sénateur UMP,  a tout compris...)
"mais que l'on se batte pour que dans une assemblée départementale, il y ait forcément autant d'hommes que de femmes, c'est au mieux du gadget, pour ne pas dire davantage" (Hervé Mauray, sénateur centriste).

"cette discrimination positive, (...) on aurait pu (sinon ne pas la faire) au moins la maintenir pour un scrutin, et six ans après, on revient à une situation plus normale" (déjà B.Sido. Voilà une expression qui n'a pas été relevée par les médias, pourtant la plus symbolique : une situation normale, c'est actuellement 13,9 % de conseillères générales. 5,0 % de présidentes de conseils généraux.


Mais il y a maintenant des sénatrices, plus nombreuses, féministes militantes et qui en savent long sur l'histoire de la parité, sur le passé des sénateurs de droite, éternellement respectueux des femmes, tant qu'elles ne sont pas élues... Et Laurence Rossignol, qui a été au PS Secrétaire nationale aux Droits des femmes, ne s'en laisse pas conter, ne se laisse pas réduire au "ooooh" indigné qui avait couru parmi les élu-e-s :
"Monsieur Sido... vous avez gagné peut-être ce matin la palme du misogyne beauf de cette assemblée... Voilà, et on se reverra."

Jouant délibérément les Mme Sans-Gêne, la sénatrice socialiste a choisi de relever tout haut ce qu'elle entendait : "des fois que ce ne serait pas inscrit au J.O", "Il y en a un qui m'a dit calmez-vous ; c'est lequel celui-là ?" "Votre nom, s'il vous plaît ?"    

Pourquoi il faut rapporter ces citations ? Car elles sont les plus parlantes, et dans la liberté de parole qui est la règle au Parlement, ces petites phrases viennent du fond de l'inconscient : elles expliquent les grandes difficultés que rencontrent les femmes en politique.
Et elles reviennent régulièrement. Si l'on en revient à 1999, on pourra noter que le Sénat s'est un peu renouvelé depuis ; mais M. Éric Doligé, alors député RPR, n'avait pas jugé bon (ou sage ?) de voter la parité au Congrès de juin à Versailles (non plus que Mme Alliot-Marie ou MM. Borloo, Fillon, V.Giscard d'Estaing). Et c'est lui qui met aujourd'hui en garde contre les difficultés prévisibles : "Faciliter la mixité, ce n'est pas passer de 13% à 100% d'un coup ! Ce sera très difficile à faire". Sauf que 50 % suffirait : les femmes ne cherchent pas à prendre toutes les places, comme l'ont fait les hommes jusque-là...
 Le gouvernement  présente un projet de loi électorale qui permette la parité femmes/hommes.

Après huit heures de débat au Sénat, où Laurence Rossignol rappelait seulement qu'"on va parler Loi, on va parler Constitution", le résultat est là : le projet est rejeté. Tant pis pour la parité, alors que les écologistes et les communistes la soutenaient unanimement jusqu'en 2000.
(on en reparlera à l'Assemblée, et il sera intéressant d'entendre les députés à leur tour.)
Pour être juste, il faut mentionner que le débat s'est prolongé à droite, entre la députée féministe convaincue Marie-Jo Zimmermann et sa collègue Isabelle Debré, élue au Sénat grâce aux lois de parité, mais qui n'a pas tout bien compris...

Le scrutin bi-nominal, variante du scrutin majoritaire uni-nominal, était demandé depuis longtemps par des associations, comme seule solution alternative pour les Conseils généraux ; on n'ose même pas mentionner les assemblées parlementaires...

À suivre, décidément...
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vendredi 11 janvier 2013

Réaction, à donf toute...

Après 10 ans où la parité - l'égalité démocratique femmes/hommes - n'a pas été une priorité, c'est dans le domaine des droits des femmes qu'avance visiblement le changement voulu par une majorité de Français-es.
La nouvelle ministre Najat Vallaud-Belkacem est d'autant plus visible qu'elle est aussi porte-parole du gouvernement ; et elle a commencé à agir dès sa nomination. (Il faudra évoquer bientôt le nouveau Haut-conseil que préside Danielle Bousquet, qui a toujours fait ses preuves quand elle était députée.)

On dirait que la détermination de Najat a réveillé les esprits dans toutes les directions. Le projet de loi qui va être soumis au vote du Parlement est un projet de justice, dans l'égalité de genre : dépassant le PACS, la République peut donner les mêmes droits aux homosexuel-le-s, avec le mariage pour tous. La journaliste Sylvie Pierre-Brossolette - à la veille d'être nommée au CSA - rappelait à juste titre que les discriminations ont pour graves conséquences, entre autres, un taux record de suicides chez les jeunes homosexuels.
Et la Garde des Sceaux Christiane Taubira a toujours présenté ce projet comme une réforme du Code civil. C'est donc une question politique qui se pose à nos parlementaires ; et l'on voit bien que le clivage n'est pas entre la gauche et la droite, comme souvent dans les choix de société. Plus importante encore à rappeler : la laïcité ; car il s'agit du mariage civil, prioritaire en France depuis 1792, où l'autorité publique reconnait officiellement la validité de l'union d'un couple. Cette institution a été encore renforcée à partir de la séparation des Églises et de l'État (1905).

Pourtant un élan médiatique est en train de monter en France. On est déjà en train d'oublier les leçons à tirer des années précédentes, quand nos petits écrans étaient noyés par des sujets accessoires, voire dérisoires : cette fois c'est l'organisation de la "manif pour tous". BFMTV promet une couverture de l'événement, tandis que iTélé titre en gros "les Français divisés"... tout en posant la question "Les français sont-ils divisés ?"
Les sondages sont parlants : les Français sont très favorables au projet.

En agitant le chiffon rouge d'un rassemblement de centaines de milliers de manifestants, voire du million, les opposants au mariage des homosexuels se sentent pousser des ailes, et alimentent tous les bulletins d'information à l'avance ! Leur référence est la mythique manif pour l'école privée en 1984, qui avait fait reculer le Président Mitterrand et abandonner le projet Savary.

Mais, avant un vote politique, est-ce aujourd'hui un débat politique ? oui, quand il sera dans les hémicycles. Non, pour les "antis".
Il faut rappeler le cadre de cette manif qu'on veut nous rendre si sympathique avec ses couleurs roses. Car elle a une histoire, et on connaît bien ses chefs de files.

Nous avons vu de nouveaux arrivants, avec l'association "Institut Civitas" qui professe publiquement la "restauration de la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ". Son médiatique nouveau président Alain Escada est connu comme militant et activiste belge de l'extrême droite et du national-catholicisme ; est-ce une nouvelle manière de faire de la politique en Europe ?

Que cache la "grande marche nationale et unitaire" ? ce vaste fleuve qui veut se répandre dimanche dans les rues de Paris a bien des composantes. On voit se réveiller de nos vieux souvenirs avec SOS tout-petits et son multi-récidiviste  anti-IVG Xavier Dor... Dans une liste complaisante de groupuscules (y compris des Descendants de zouaves pontificaux), répartis en courants, on retrouve aussi des croisés restants de la Trêve de Dieu, et l'alliance VITA, nouveau nez de l'Alliance pour les droits de la vie.

Ne laissons pas croire que cette marche est une première ! c'est le traditionaliste dimanche de janvier des croix et bannières à travers Paris depuis les années 80. Mieux médiatisé aujourd'hui, et derrière lequel courent les journalistes, comme si ces réactionnaires représentaient une majorité en France.

Et donc, coucou, qui revoilà ? telle un phénix, notre grande professionnelle Christine Boutin, arborant toujours les vestes qu'elle a su si bien ramasser, et puis retourner. Vivant du médiatique, de l'auto-dérision parfois, elle n'a pourtant jamais renoncé à ses premières convictions. Car au travers de ses alliances successives avec VGE, Barre, De Villiers, Chirac, Sarkozy..., Mme Boutin fait toujours de la politique ; ce qui lui a toujours permis de financer ses réseaux peu féministes.
Sa conception de la famille prête toujours à sourire (même jaune) quand on pense aux faits divers horribles qui peuvent s'y commettre, au nombre de bons pères qui ont tué femme et enfants en France rien qu'en 2012, à la majorité de naissances hors mariage, et enfin aussi aux innombrables familles recomposées... (Et, au point où elle l'a laissé, oublions le Logement dont elle fut ministre.)

Alors, politique ou religieux, le mariage pour tous ?
On voit des chrétiens trouver insupportables les relents du débat, souvent homophobe et intégriste : les Réseaux du Parvis ont même lancé une pétition à l'adresse des évêques de  France.

Fanchon retiendra pour finir ce délice philosophiqueMichel Serres commente bien chrétiennement l'actualité de la famille : "Le mariage gay est réglé depuis 2000 ans" !
Une bonne lecture pour dimanche prochain, au chaud chez vous...

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dimanche 30 décembre 2012

une femme "manquante" de plus !

Il y a sept ans, un titre jetait un cri d'alarme sur la situation des femmes dans deux grands pays d'Asie. Des politiques démographiques hasardeuses, mais aussi des coutumes "traditionnelles" et des techniques médicales dévoyées, menaient la Chine et l'Inde - les deux pays les plus peuplés du monde - à une situation folle : une masculinisation galopante, une pénurie de femmes.

Aux diverses contributions du Livre noir de la condition des femmes (ouvrage collectif), se sont ajoutées depuis des analyses et parutions diverses - en particulier celles d'Isabelle Attane. On peut prévoir en particulier que d'ici une vingtaine d'années près de 2 millions d'hommes seront contraints au célibat. Donc autant de "femmes manquantes".
À l'inverse, risquons la comparaison avec les fiancées et veuves de guerre en 1918, restées ombres noires célibataires pendant 30 ans, dénoncées comme "les bigotes" par Brel : la pénurie démographique avait alors poussé la France à appeler des immigrants - avec toutes les conséquences économiques, sociales et politiques qu'on a vues depuis.

Le déséquilibre actuel en Asie est dû à la folie des hommes. L'Inde a été le premier pays à appliquer une planification forcée (stérilisation, même), à grande échelle ; Mao en Chine a instauré une politique de l'enfant unique. Dans les deux pays la tradition accordait peu de respect aux femmes, souvent discriminées : aux Chinois il fallait des fils (et des brus pour le travail...) pour prendre en charge financièrement les vieux parents ; en Inde, le système de la dot obligatoire pour les filles pénalisait les parents  qui voulaient marier leurs filles.
En fin de 20e siècle les technologies modernes sont venues à la rescousse des mentalités rétrogrades : au point qu'il a fallu interdire les échographies permettant  de prévoir "à temps" les naissances de filles (autant les éliminer très vite, par l'IVG) !

À ces discriminations avant-terme menant à la mort ces futures petites filles, continuent de s'ajouter toutes les violences aux vivantes.
L'Inde nous en donne ces jours-ci le pire exemple, avec le viol collectif de cette étudiante de 23 ans. Voilà deux semaines que l'opinion publique - et pas seulement des femmes, heureusement - se mobilise en protestations massives, redoublées après l'annonce de sa mort.


Les détails (traumatisme cérébral, arrêt cardiaque puis infections pulmonaire et abdominale) font froid dans le dos. Mais aussi que Delhi est la capitale du viol. Le cas de "la fille de l'Inde" - nouvelle femme manquante - est devenu un emblème, mais quelle sera la suite ?

Car on connaît LA solution au "problème-femme" : l'éducation, la vraie. C'est elle qui permet aux femmes de planifier les naissances (les exemples courent la planète), d'acquérir une indépendance économique. Et, aux hommes surtout, de perdre leurs clichés stéréotypés, leur vision obscurantisme du monde, leurs traditions ancestrales de mépris des femmes. Au passage on arriverait peut-être un jour à réduire la violence des voitures, des armes - voire les guerres, comme seul moyen de montrer qu'ils en ont et qu'on va le voir...

En France, on a bien vu pendant la décennie écoulée, qu'il était plus politiquement correct de s'indigner des violences aux femmes victimes, que de faire avancer la parité pour des femmes responsables.
Eh bien voilà qui ferait des vœux tout à fait convaincants dans cette période...

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mercredi 12 décembre 2012

12, 12, est-ce ainsi que les hommes meurent ?

Bien sûr que Fanchon a prévu de quoi déjeuner aujourd'hui, comme si ce n'était pas la fin du monde - parce que sinon, que ferait-elle à 12 heures 13 minutes, devant son frigo vide ?

Tout de même il vaut mieux rire avant, et admirer la précision de la prédiction  : sinon, à 12 heures 13 minutes, on ne pourra même plus dire son étonnement que les prophètes aient eu raison enfin...  après tant de siècles. Saluons donc les Mayas et leurs tenaces héritiers - et leurs admirateurs qui reviennent émerveillés de tourisme organisé au Guatemala (avant le 12 décembre, prudents). Une page va donc peut-être se tourner, et fanchon-la-parité qui était arrivée à faire mieux fonctionner ce blog, n'en aura pas profité longtemps... Merci donc aux derniers fidèles !

Pour que la parole reste ici à une femme en cette dernière matinée, écoutons la sagesse d'une jeune femme qui méritait un meilleur avenir : Sophia Aram, venue de Trappes, et dont la philosophie féministe nous manquera (sauf que nous ne serons plus là pour qu'elle nous manque...). Écoutons tant qu'il est temps : elle pense que la fin de l'Homme, les hommes l'ont bien voulue ! (mais, Sophie, nous sommes toutes dans le même bateau)

pour écouter les 5 dernières minutes
Sa sagesse vaut bien celle de l'écolo de service qui aurait dû en rester là, au lieu d'en rajouter derrière son micro.

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lundi 3 décembre 2012

histoire video de 20 ans vers la parité

1992-2012, c'est l'histoire d'associations qui continuent de viser la parité entre femmes et hommes en politique. Le chemin n'est pas fini, et le réseau Elles aussi ne se lasse pas...

Le site d'Elles aussi explique tout.

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dimanche 18 novembre 2012

20 ans de parité

 
Fanchon-la-parité désespère chaque fois que certain-E-s expriment une évidente ignorance de l'histoire des femmes, qui semble décidément ne pas appartenir à notre Histoire, celle de l'Humanité, celle du Peuple.

On dirait que tout est plus important que ces pas en avant, toujours insuffisants, qui nous mènent sur la route de la patience : attendez, c'est pour bientôt ! mañana….
Tantôt il faut se réjouir d'un progrès miraculeux (genre : un candidat, une suppléante), tantôt on reproche aux féministes leurs faibles résultats.

De sorte que celles qui ont conquis la parité "réelle" mais toujours à réaliser, se font reprocher d'avoir été des nulles…  On ne dit pas que sont nuls TOUS CEUX qui l'ont refusée, qui ont freiné des quatre fers, qui continuent de bloquer ; non, les nulles sont celles d'avant.

Qui ? lesquelles ? on ne le sait même pas : où sont leurs noms ?
On en découvrira quelques-unes ce lundi grâce à un colloque. Pour ses 20 ans d'existence, le réseau Elles aussi va réveiller un peu nos mémoires. Autrement, inutile d'aller chercher les archives des médias. On n'y trouvera sans doute que Gisèle Halimi (quand même !) et bien sûr Élisabeth Guigou, Roselyne Bachelot qui ont porté le drapeau de la parité ; mais la presse mettait plus souvent en avant celles qui sont montées au créneau pour s'y opposer, stars dont on écoutait les seuls arguments - au nom de l'universalisme. (Inutile de les citer à nouveau ici !) Comme s'il n'y avait d'universalisme sans réalité sexuée !

Seule l'Américaine Joan W. Scott (enfin bientôt traduite), a raconté ce combat français : (Parité ! L'universel et la différence des sexes. Albin Michel, 2005). Et elle cite Elles aussi qui a su rassembler les féministes. En 1992, plusieurs associations se sont créées pour la parité ; mais on a vu aussi de grandes associations – qui travaillaient depuis longtemps déjà sur l'égalité politique femme-homme – choisir de joindre leurs travaux, pour une plus grande force, pour être mieux entendues, pour mieux lutter ensemble.

Il faut bien convenir que la hardiesse de celles qui ont fait ce choix intelligent ne pouvait intéresser les médias : une association = une Présidente ! (à supposer que les médias s'intéressent au monde associatif…). Alors qu'un regroupement signifie pour eux l'anonymat : des femmes qui n'ont pas choisi de se mettre en vedettes !
Eh bien, pour savoir leurs noms, pour les rencontrer – quand elles sont encore là – il suffit d'aller au colloque d'Elles aussi ce 19 novembre. Le nombre de places étant très limité, il ne sera pas accessible au plus grand nombre ; mais ses échos permettront de se remémorer les arguments de fond pour parité, et ceux qui doivent encore nous faire avancer.

Car Elles aussi a fait avancer la parité jusqu'en 2000, et a continué le regroupement et l'action ensemble. Et l'Histoire doit continuer : en avant la parité !
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samedi 27 octobre 2012

Europe, notre solidarité au quotidien

Vice–présidente de l'Internationale socialiste, Ségolène Royal est la meilleure porte-voix des enjeux d'une Europe en crise. Elle rappelle le programme du président Hollande pour une Union qui mérite d'être aimée ; elle évoque l'attente des peuples envers une des premières forces économiques du monde. Elle préfère proposer l'engagement, l'espoir, les moyens d'avenir, plutôt que la lamentation indignée et les refus rétrogrades.
 Au début d'un Congrès de Toulouse peu enthousiasmant, l'ancienne candidate apporte son soutien au président Hollande pour tous les engagements qu'il a pris avec les Français, surtout face aux critiques grognonnes et de parti pris.


Voilà qui fait heureusement écho à un prix Nobel d'avenir !

Fanchon apprécie que ce soit une voix de femme, dans cette rencontre où les hommes de pouvoir dominent, qui fasse entendre cet hymne tonique qui dépasse nos petites frontières, ce rappel que la Crise financière n'est pas une règle de soumission.

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vendredi 7 septembre 2012

parité surannée... au fil des années

Alors que le débat s'élargit sur le cumul des mandats, particularité des politiques français, il faut se rappeler qu'il a toujours été considéré comme le frein le plus puissant à la démocratie, à la parité. Autant de mandats et fonctions cumulées par le même élu, autant de sièges en moins pour des plus jeunes, pour des femmes.
Malgré tous les textes, loi, statuts des partis, on voit bien que le changement a du mal a progresser. Dans une semaine, les parlementaires socialistes seront au pied du mur : je démissionne de mes autres mandats pour respecter l'engagement que j'ai signé, pour aider au Changement que j'ai promis avec mon candidat désormais élu Président - ou bien je ressors les vieux arguments que les féministes connaissent par cœur pour les avoir tellement entendus, depuis tant d'années... Même la droite ne pense pas à s'en moquer, sachant trop bien que ses élus vont subir la menace ...un jour ?

Décidément le changement doit se faire dans les têtes, dans les comportements.
Un joli document de l'INA nous le rappelle :



C'était seulement le 11 mars 1997, quand Juppé, Premier ministre d'avant la dissolution, ouvrait un débat sur la parité. Sous la pression de l'opinion - après une enquête passionnante du Monde -, mais sans vote... Sept mois plus tard le nouveau Premier ministre Jospin présentait un projet de modification de la Constitution, qui a mené à de vraies lois pour la parité. Mais les débats intellectuels sur la parité ont été durs.

Quinze ans plus tard, on en est où ?

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