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jeudi 20 avril 2017

que veulent les femmes pour l'élection présidentielle ?

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ALLIANCE DES FEMMES POUR LA DÉMOCRATIE - Fondatrice : Antoinette Fouque
Élection présidentielle 2017 :
pour une société démocratique, paritaire, laïque, créatrice, dans une Europe unie
En ces temps de graves menaces de régression démocratique, où il semble que les conflits et la violence redeviennent la passion dominante des hommes, où s’affirment des volontés de délier ce que l'intelligence humaine et l'esprit de paix ont tissé depuis la fin de la seconde guerre mondiale, que voulons-nous à l’heure de l'élection présidentielle ?
Certainement pas le ressentiment et l'esprit de revanche, la revendication égotiste. Nous savons le danger que représentent les personnalités autocrates, narcissiques, machistes, guerrières, qu’il s'agisse d'hommes ou de femmes, de gauche ou de droite.
Nous voulons une démocratie citoyenne renouvelée et solidaire
La société, le peuple - comme ils disent -, n'a pas besoin d'être violentée, exacerbée dans la haine de l'autre et la fermeture.
Dans cette période de mutation, elle a besoin d' élu·es, de gouvernant·es suffisamment capables d’accueillir sans peur ce qui vient, d’excéder les conflits, de prendre avec eux la souffrance et la détresse des citoyennes et des citoyens et d’encourager leurs désirs, leurs espoirs, leur pulsion de vie et de création, de travailler à rendre la planète et notre environnement vivables. Elle a besoin non pas d'arrimage au vieux monde et aux traditions rétrogrades, mais d'apaisement, de respiration, de créativité, de vision renouvelée, de projets positifs, de culture.
Nous voulons une Europe unie et forte
Certaines, certains veulent quitter l’Union européenne. Nous sommes européennes, parce que l’Europe est l’espace du monde où les droits humains et les droits des femmes sont le plus avancés. Ses textes fondateurs affirment le respect de la démocratie, le principe d’égalité entre les femmes et les hommes. Même imparfaite, elle est un pôle d'appui et de référence pour tous ceux qui partagent les "valeurs indivisibles et universelles de dignité humaine, de liberté, d'égalité et de solidarité" (Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne). Elle est un garant contre les retours en arrière anti-démocratiques et les atteintes aux droits humains. Qu'elle explose et c'est la régression assurée, la fin de tout espoir de paix et d’avancée des libertés. L’Union européenne doit être défendue, réformée, relancée.
Nous voulons une laïcité exigeante
Non pas une laïcité instrumentalisée, ou une demi-laïcité qui autorise un dirigeant politique à faire part publiquement de son engagement religieux, mais une laïcité qui garantisse que jamais les religions ne seront autorisées à prendre le pas sur les droits et libertés fondamentaux, au premier rang desquels ceux des femmes. Qui soit une défense contre les assauts intégristes, et contienne l’essor politique des religions. Nous voulons que la France renforce son modèle de laïcité modernisée par les droits des femmes et le porte au niveau européen et mondial
L'Alliance des femmes pour la démocratie est une des associations
membres fondatrices du Réseau Elles aussi.

vendredi 15 avril 2016

le repos d'un grande révolutionnaire pour les femmes

En cette circonstance triste, Fanchon se permet de personnaliser.
C’est une triste nouvelle que je viens de recevoir. Je sais que ma génération a commencé de disparaître (et moi-même… je ne vois plus beaucoup les amies, ce que je regrette).

C’est une grande figure féministe dont le HCEfh annonce le décès aujourd’hui. Et je ne me donnerai pas le ridicule de dire ce que Maya Surduts a représenté pour toutes les femmes – vous le savez déjà ; juste que j’ai toujours admiré son action quotidienne courageuse auprès des celles qui étaient les plus en difficulté.

Et puis nous avons vécu de grands moments avec elle, avec le Réseau Femmes et Hommes pour la parité, il y a déjà près de 20 ans.
Vous avez sans doute expérimenté sa force militante,  son autorité efficace, et une sorte de radicalisme par rapport à Elles aussi, dont j'avais été désignée porte-parole.  Mais nous avons eu un jour la surprise merveilleuse de voir Maya se présenter à un de nos Forums (mairie du 12e si je me souviens bien).
À la tribune elle a expliqué (comme de nombreuses féministes des années 70) ne pas avoir vu l’intérêt de se battre sur le terrain politique ; mais elle réalisait que le combat de la CADAC serait sans fin s’il n’y avait pas de femmes élues, en nombre suffisant pour faire avancer les droits des femmes. Et aussitôt son réseau a rejoint le nôtre, jusqu’au Congrès de Versailles en 1999, puis au vote des lois pour la parité.

Nous n’étions pas naturellement d’accord sur tout, mais j’ai le souvenir amusé d’avoir vu tomber une barrière : alors que nous devions rédiger ensemble un texte à soumettre au réseau, je suis arrivée dans la soupente du bureau de Maya, alors qu’elle râlait contre son ordi, et à cause d’un problème de téléphone. Veine et miracle, j’ai trouvé les solutions ; et nous avons écrit ensuite très facilement, l’entente était née pour longtemps.

Je suis très fière et heureuse de l’avoir rencontrée, alors que ma jeune sœur 68arde avait milité bien plus tôt à ses côtés….
Et mon amie Sylvie, alors présidente de l'UFCS (Union féminine civique et sociale, que des gros mots !), vient de me dire qu'elle partageait la même peine, même si sa vue l'empêche de participer:
"combien Maya a fait partie de nos combats, avec les féministes de la première heure … nous petites UFCS  plus timides, mais convaincues qu’il fallait en prendre de la graine ! même si nous n’étions pas d’accord sur tout – comme tu le dis – c’était extrêmement enrichissant de les voir travailler et les prises de position de l’UFCS pour la parité en ont été nourries.
La photo de Maya est absolument magnifique !  J’espère qu’elle a eu des ami-es pour l’entourer car je ne sais pas jusqu’à quand elle a encore milité et dans quelles conditions elle est décédée …"



Des hommages lui ont été rendus, à gauche bien sûr avec la ministre Laurence Rossignol :
« Depuis déjà plusieurs semaines, sa santé nous préoccupait, a réagi la ministre des droits des femmes, dans un communiqué. Il y a tout juste huit jours, pour l’adoption définitive de la loi sur le système prostitutionnel, toutes les féministes étaient rassemblées et son absence occupait tout l’espace. »

Le Haut Conseil à l'égalité f=h avait aussitôt annoncé son décès. Et bien sûr, même ELLE, parmi d'autres infos...

Un jour où nous entrions ensemble au Ministère de la Parité, pour une réunion avec Nicole Ameline (si rare convaincue à droite !), elle rigola franchement de mon interpellation : Maya ! mais tu t'embourgeoises !.
C'est vrai que fidèle à sa croyance révolutionnaire, elle avait  aussi fière allure, magnifique en tout, y compris sa voix.
Il faut craindre que les jeunes générations de féministes ignorent pourtant tout ce qu'elles lui doivent.

Repose en paix, Maya ! (mais le peux-tu vraiment ?)

mardi 10 mars 2015

en France, que font les femmes en politique ?


Au lendemain d'un 8 mars, Journée internationale des droits des femmes encore si nécessaire partout dans le monde, on doit s'interroger sur la vie politique française.
Depuis plus de 20 ans des féministes sont arrivé-e-s à faire comprendre et admettre la "parité", au sens de l'égalité réelle - en nombre - entre femmes et hommes en politique : cheminement difficile, consacré et soutenu par la modification de la Constitution, puis le vote de lois à l'aube du 21e siècle. Et le chemin n'est pas fini.

 
Il a fallu une législation pour contrer des comportements hostiles aux femmes, pour obliger les partis politiques à réduire le nombre des candidats toujours masculins – ceux "qui n'ont pas démérité" au point de céder des places ! Il a fallu des débats, des discours, des campagnes pour faire entendre qu'une femme en politique était "légitime" jusqu'au plus haut niveau.

Et le plus grand parti, qui se dit féministe, qui a fait voter toutes les lois les plus essentielles à l'égalité, ne s'est même pas affligé de l'échec de sa candidate à une présidentielle. Première femme arrivée au second tour, portée par le plus grand nombre de millions de suffrages à gauche jamais obtenus, Ségolène Royal avait entrainé les foules les plus diverses (hommes et femmes, jeunes et vieux, ouvrier-e-s, employé-e-s, cadres, intellectuel-le-s) : moquée par ses propres camarades, par des concurrents parfois vainement idolâtrés, cette femme a dû admettre que toutes ses qualités, ses compétences n'étaient rien face à la dureté de cette vie politique.
 

Hier encore, le sourire courageux de la femme debout accompagnait la confirmation qu'elle devait "renoncer" à porter la responsabilité la plus haute dans la République – face à l'inélégance de son interviewer (à 7:47).

Mais pendant ce temps, une autre femme monte dans les sondages politiques. Avec un programme que ne supporterait aucune démocratie, elle ne convainc pas vraiment, mais elle se montre partout, et les médias l'invitent sans même donner du sens à sa candidature. Juste que dans une démocratie fatiguée, blasée, l'abstention d'une majorité de citoyen-ne-s renforce les pourcentages qu'obtient son parti à chaque élection. En Europe (son ennemie pourtant), la dame "brune"  a semé, comme elle a récolté deux députés et un sénateur ; on dit que sa moisson va prospérer dans nos départements, nos régions. Les Français ont pourtant l'exemple terrible que donnent ses adeptes dans plusieurs mairies.
Ces maires exemplaires, ce sont des hommes. Et le mouvement qui leur donne sa flamme mauvaise a été fondé par un homme, affichant sa mâlitude comme un épouvantail pour la démocratie.

Mais voilà, ce chef depuis 50 ans devait se trouver un successeur ; pas question de le faire élire par les partisans : c'eût été un peu trop démocratique… De sorte que l'hérédité a tranché : une de ses blondes filles a repris la main.
Et elle avait tout compris, l'héritière. Avocate comme son père, elle savait bien parler. Maligne, elle l'avait bien écouté, pour en tirer les leçons. Pas de gros mots, toujours des slogans-chocs qui plaisent tant dans les pubs et la com. Avec une garde-robe chic à la mesure de ses gros moyens. Et surtout elle a choisi ses cibles de com : les jeunes, et tous ceux qui se croient abandonnés - quand le pays est en crise. Cibles faciles, hélas.
Enfin, c'est une femme. Elle a vu que les jeunes, et tous ceux qui souffraient de la crise, ils et elles avaient failli donner la victoire à une autre femme, en 2007. Elle a compris que 80 % des Français (en 1995 ; 94% en 2015) sont prêts à changer pour une PrésidentE de la République : l'analyse (p.5) du dernier sondage de BVA est très intéressante. Et MLP ne va pas se priver d'en tirer profit – ce que n'ont même pas essayé les autres partis politiques… À nous citoyens de nous réveiller.



Ségolène Royal aujourd'hui, comme d'autres collègues compétentes et courageuses, "se contente" de travailler dur pour aérer notre planète, pour contrer une crise qui dévore son pays, pour changer l'ambiance détestable qui ronge la classe politique, qui désespère les habitants de la France, qui fait s'abstenir les électeurs. Habituées à bosser pour réussir leurs tâches, Royal comme Taubira, comme Najat, ne visent qu'à laisser leur pays dans un état meilleur que celui où leur Président l'a reçu en 2012.
Et si tous les hommes politiques de gauche s'y mettaient aussi, sans se tirer dans les pattes pour être toujours LE premier ?

dimanche 22 février 2015

une femme dans l'avenir de la planète

À la fin de 2015, la Conférence internationale sur le Climat se réunit à Paris. La ministre de l'Écologie, de la transition énergétique et du développement durable a reçu LCI pour expliquer la mission qu'elle se donne :

http://lci.tf1.fr/politique/bureau-politque-decouvrez-l-antre-de-segolene-royal-8568160.html


lundi 7 avril 2014

victimes et chantages politiques

Changement de gouvernement sous la pression générale, satisfaction des Français qui espèrent un vrai changement à cette occasion : le Président Hollande serait sur le bon chemin ? que non ! des clameurs s'élèvent chez ceux qu'on devrait considérer comme gagnants. Les écolos, qui soudain ne veulent pas contribuer à une politique écologique qu'ils demandent ; des députés socialistes qui devraient se rassurer que leur majorité soit moins menacée. Il paraît que cette double réaction n'a pour objectif que l'espoir de la prochaine élection - comprenne l'électeur-électrice qui pourra !

En attendant le "vote de confiance" à l'Assemblée nationale demain, le nouveau Premier ministre, spécialiste de la fermeté affichée, est obligé de négocier, sous la menace d'une épée de Damoclès et de ses "amis" socialistes de gauche. Plus à gauche qu'un autre socialiste, tu meurs : c'est la mode, sans qu'on sache ce que signifie vraiment cette concurrence d'étiquette. Et ce que va dire Manuel Valls, nul ne sait encore si ce n'est pas de gauche...

Tout de même fanchon la parité, qui ne se targuerait pas d'être une politologue avertie, se réveille ce matin avec une petite idée. À lire les noms de ces vertueux parlementaires, le souvenir lui revient d'épisodes antérieurs, où certains ont déjà fait rouler leurs petits biceps de gauche. Y aurait-il une suite logique ?

Il y a seulement 13 ans, en 2001, le journaliste Renaud Dély moquait un groupe de "jeunes" ambitieux, qui s'en prenaient à la "philosophie de la parité" comme cause de leurs maux : ils allaient perdre la moitié des sièges auxquels leurs carrières auraient pu prétendre, mais qu'ils devraient laissser à des femmes. Comment à 26 ans, peut-on vivre un tel deuil annoncé ? Les 4 pauvres signataires de ce texte (égaré depuis, et seulement évoqué dans l'article de Libé) ont tout de même survécu, et pas dans les soutes du PS.
On les retrouve un peu plus tard, victimes à nouveau déclarées de la grande défaite des municipales, battus dans leurs mairies : ah ! ils avaient donc pu être choisis comme candidats, puis élus dans l'intervalle ?

Mais ils ont senti le boulet du canon, et comme député - ah ! il avait donc pu être choisi comme candidat, puis élu député ? (comme moins de 29% de ses collègues femmes à l'Assemblée nationale) - Laurent Baumel rappelle maintenant au pouvoir exécutif que les parlementaires veulent être réélus la prochaine fois...
Coïncidence : il était le signataire principal de l'appel de 2001 - quand le Conseil national désignait les candidats aux sénatoriales ; mais avait mis de l'eau dans son vin de gauche quand des sénatrices sortantes avaient répété en chorale une Marseillaise moqueuse ("nous entrerons dans la carrière quand..."). Puis  pauvre "gueule cassée" des municipales... (évocation indécente du passé de notre pays il y a cent ans)
Encore une coïncidence, anecdotique : 155 c'est à la fois le nombre de députéEs élues en 2012, et le nombre de villes perdues par le PS en 2014. Passons...

Ce qui est moins anecdotique, c'est l'arrivée dans ce gouvernement d'une personnalité qu'on appelle médiatique : mais Ségolène Royal est surtout une femme politique, sur laquelle le gouvernement compte. Et dans le domaine que les écolos d'EELV n'ont justement pas voulu.
Le rapport avec Laurent Baumel ? il suffit de lire sa biographie, confirmée même par la référence Wikipedia. Clairement, ses engagements successifs dans le PS, mais souvent à la limite ou dehors, ne sont pas d'un féminisme échevelé ; et 2008 souligne bien son opposition à Ségolène Royal.

Une différence entre eux saute aux yeux : la nouvelle ministre de l'Écologie a payé cher une défaite bien organisée dans son parti. Mais elle est présente pour aider son gouvernement, son parti en difficulté - qu'elle a toujours soutenu au fil des années.

On ne peut en dire autant de ceux qui profitent des difficultés de la gauche pour renforcer leurs carrières sinueuses, voire au prix du chantage. C'est ça, être un mec de pouvoir : quel talent ! jusqu'où monteront-ils ?

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samedi 22 février 2014

disparition d'une féministe

On apprend ce soir avec peine le décès d'Antoinette Fouque, une des grandes féministes qui ont si bien marqué le militantisme du demi-siècle écoulé.
Psychanalyste, Antoinette a participé à toute la vie intellectuelle et il serait difficile de rapporter ici toute sa carrière. La photo ci-dessus symbolise bien son activité comme éditrice : le 22 novembre dernier, elle publiait encore un grand Dictionnaire universel des créatrices, toujours soucieuse de rappeler le rôle des femmes, si souvent oubliées dans le monde médiatique. Ayant fondé les Éditions des femmes, elle continuait en parallèle à peser dans le monde militant et politique - n'oublions pas qu'elle fut même députée européenne. Également présidente de l'Alliance des femmes pour la démocratie (AFD), malgré la maladie qu'elle combattait depuis longtemps, elle était entourée d'amies qui lui étaient dévouées. Ensemble, elles avaient activement soutenu la campagne présidentielle de la première candidate finaliste d'une élection présidentielle, Ségolène Royal, en 2007.
C'est donc à Michèle (et Michelle), Yvette, Christine, Anne-Marie, Annie, Laurence, Catherine, Élisabeth, que pense aujourd'hui fanchon la parité , pour les avoir rencontrées à l'AFD, dans le pluralisme politique d'Elles aussi. Qu'elles sachent leur peine partagée.

Le souvenir ne peut être oublié d'une conversation au téléphone, qui pouvait durer une heure, et ressemblait plus à un exposé philosophique dont on se sentait honorée. Mais aussi de l'émotion ressentie à côté d'une jeune femme invitée à entendre Antoinette Fouque dans un colloque de haut niveau : cette modeste employée sans bagage intellectuel avait été bouleversée par les idées qu'elle découvrait, dans un langage accessible. Mais c'est que l'intellectuelle engagée était aussi une femme, une mère, qui avait combattu pour tous les droits des femmes.

Même au-delà de la mort, fanchon parie qu'on va voir ressortir quelques bons éreintements sur Antoinette. Mais c'est normal : une féministe, quel que soit son style, est habituée à se faire traiter de tous les noms...

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lundi 19 août 2013

historique du voile, même pour rire

Après des semaines de vacances, où l'on est restée accablée par une actualité désespérante, voilà une découverte à saluer. Avec ou sans voile, on a vu couler le sang dans des pays qui cherchent leur démocratie, et chez nous - en plus de commentaires erratiques - des provocations à l'émeute. Sous le voile, certains coupent les cheveux en quatre, sans voir que ce sont les femmes qui sont essentiellement en cause, et fondamentalement, ces pauvres mecs qui ont peur des femmes.

Alors, fanchon salue ceux qui ont retrouvé une video salubre :

 

L'Histoire semble se répéter ; mais cette anecdote date de 60 ans, et un grand politique sait la présenter avec humour, auquel répond l'humour de son public.
Puisse l'Égypte en 2013 trouver son chemin, sans que coule davantage le sang.
Cette video n'est qu'un extrait : le discours de Nasser montre bien l'ampleur du problème, que nous voyons ressurgir aujourd'hui, et mérite d'être réécouté entièrement, entendu.

Les demandes que Nasser a entendues à l'époque étaient déjà :
1. le port du voile (réponse dans la video)
2. la femme ne travaille pas. Réponse  de Nasser :
Le travail est une protection pour la femme, et l'empêcher de travailler est contre son intérêt. Nous libérons vraiment la femme par le travail.  (à l'époque en France, tous les politiques ne l'auraient pas dit...)
3. fermer les théâtres, les cinémas.
C'est l'obscurité totale, quoi ! (sic)

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mercredi 26 juin 2013

parité et violences faites aux femmes

fanchon a toujours limité son propos à la parité politique, qui avait motivé la modification de la Constitution française en 1999. Depuis plus de vingt ans, il y a eu bien assez de discours sur les violences : elles ont été trop souvent le prétexte à considérer les femmes comme pauvres victimes, et victimes seulement.

Depuis 2002, deux quinquennats successifs ont mis sous le boisseau les femmes-citoyennes ; à part Nicole Ameline, seule ministre de droite "de la parité", les droits des femmes ont été dépendants de ministère de la "solidarité", c'est-à-dire des Affaires sociales. Et jusqu'à 2010, des lois régressives ont été votées (modes de scrutin par exemple) sans considération de l'égalité politique. Il a fallu un  retour de Roselyne Bachelot (18 mois) pour que la ministre de "la solidarité et de la cohésion sociale" s'approprie les droits des femmes dans le sens de la parité - avec son obstination (depuis la création de l'Observatoire de la parité en 1995).

Une page est tournée depuis un an ; notre nouvelle ministre des Droits des femmes, renforcée par son rôle aussi de Porte-parole du gouvernement, a montré qu'elle n'était décidément pas une alibie : la liste des dossiers qu'elle aborde avec vigueur, et des lois qu'elle fait voter, c'est vraiment le changement... maintenant.

Lorsque Najat Vallaud-Belkacem dénonce les violences faites aux femmes, on sait que c'est une déclaration de justice, d'égalité, et non de pitié ou compassion. Cette semaine elle en fait la preuve au niveau international : à New-York, où elle représente en ce moment la France.


Le Conseil de sécurité de l'ONU aborde avec la ministre française un sujet grave : elle montre que les femmes - globalement et partout dans le monde - sont systématiquement victimes des guerres et conflits.
Il ne s'agit pas de monter le niveau de regard sur les violences, du domestique au mondial.
La prise de parole de cette jeune femme, pour la France, à un des 5 sièges permanents (avec droit de veto) de l'instance exécutive de l'ONU, voilà qui n'est pas négligeable.

C'est parce que ce Président de la République, ce gouvernement, ont voulu l'égalité réelle entre hommes et femmes, que notre pays se retrouve représenté par une femme, témoin même de cette volonté. Et dès lors son intervention sur les viols de guerre pèse tout autrement ; elle dit bien : "la meilleure façon de protéger les femmes, c’est d’en faire des acteurs et plus seulement des sujets" - formule valable dans tous les domaines. La résolution votée à l'issue de ce débat du 24 juin l'a d'ailleurs été à l'unanimité.

Dans le même temps, c'est une femme qui a été envoyée comme ambassadrice de la France dans un autre domaine de sécurité internationale.

fanchon la parité ayant rappelé ses principes ne se dédouane pas pour autant de parler rarement des femmes victimes de violences - tandis que beaucoup d'autres ne dépassent pas cet horizon.
Horizon tragique, sanglant, et à perte de vue et de temps, comme le rappelle sans cesse l'actualité. Aujourd'hui, c'est dans le domaine du spectacle : dix ans après la mort de la merveilleuse Marie Trintignant, son compagnon chanteur - dont on pouvait penser qu'il avait purgé sa peine, après tout - est signalé comme récidiviste, il y a 3 ans avec le suicide de sa jeune femme, mère de ses enfants.

Marie Trintignant                                         Krisztina Rady

Mais en politique, rien n'est fait encore complètement. Il suffit d'entendre ce matin le canonique et onctueux président de la Commission des lois du Sénat, auditionnant au titre de la transparence de la vie publique, appeler les seulEs intervenantEs "les deux dames". Pas très habitué, le monsieur...

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mercredi 3 avril 2013

com-menteuse et corruption

Il  semble que le "coup de tonnerre" qui a explosé hier dans le ciel politique français va être suivi de deux éclairs ; ce sera la mise en lumière de maladies honteuses : la com-menteuse et la corruption.
François Hollande a été élu Président avec un slogan irréprochable après les quinquennats précédents : "la République exemplaire", "irréprochable". Et s'il a été élu c'est qu'il était sincère et crédible dans cette volonté, que personne n'a jamais mise en doute.

Mais s'il a réussi un parcours à part, il n'a pu empêcher le Parti socialiste de se laisser manœuvrer par la "com"munication : d'abord triomphante, elle se retrouve aujourd'hui dans son champ de ruines.
Un noyau minoritaire au sein du PS a émergé grâce à des professionnels de la communication ; échec pourtant dès 2006 quand le candidat DSK s'est retrouvé nettement battu dans des primaires à la présidentielle. Et ça n'est pas faute d'avoir envoyé ses troupes dès la première présentation des candidats, dans la seule région (Île-de-France) où il était implanté, juste pour huer la seule femme candidate.
Ségolène Royal s'est pourtant imposée dès le 1er tour, à 60 %.
Mais la manœuvre com-menteuse avait commencé son œuvre : il fallait discréditer l'image de cette femme - qui pourtant faisait revenir à gauche l'électorat des jeunes, des femmes, des ouvrier-e-s et employé-e-s. Si S. Royal est arrivée au 2nd tour de la présidentielle de 2007, avec un nombre record de voix à gauche, c'est aussi avec ces semelles de plomb qui ne l'ont plus lâchée.
Comme un déni de cette réalité, les communicants strauss-kahniens ont continué la construction souterraine de leur mythe : on sait maintenant, par des témoignages et essais politiques, que leur idole a plus subi leur influence que mené une stratégie. L'effondrement de mai 2011 a révélé la fragilité du candidat peut-être malgré-lui. Il était juste temps pour les primaires d'octobre 2011 : elles ont permis l'émergence de François Hollande, faisant oublier les vilaines manœuvres et les images dégradées.

Aujourd'hui la composition du gouvernement reflète ces souvenirs, et la chute du ministre Cahuzac est la sanction finale de la com-menteuse.

Pourtant on reste pantoise à entendre des UMP disserter sur le mensonge ; clamer "la faillite morale de la gauche" quand ils donnent la parole à des Balkany, Carignon, etc (la liste est longue).  Car leurs électeurs ont l'amabilité de réélire des condamnés.


Si le compte à Singapour de Jérôme Cahuzac laisse entrevoir des problèmes de corruption personnelle, d'autres affaires en cours se sont multipliées à droite, sans qu'on ait encore tout éclairci autour de Clearstream, Karachi, etc.
C'est en librairie qu'on trouve le fruit des enquêtes de journalistes, quand Mediapart et Le Canard enchaîné sont bien seuls dans la presse à aller au fond des dossiers. Titres évocateurs : La République des mallettes, L'Oligarchie des incapables...

Pendant ce temps on commence à voir de plus en plus de documentaires video, riches d'enquêtes passionnantes. En particulier sur les corruptions et mafias qui gangrènent la planète, sans épargner notre pays. Informations effrayantes, mais utiles aux citoyens ; guettons nos programmes TV, surtout sur LCP-PS, Arte, ou France TV par exemple.

Pas de démocratie sans information.

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vendredi 8 février 2013

la comédie de l'impuissance

Sous nos yeux, dans nos étranges lucarnes, le spectacle politique n'en finit pas de ressembler à des réality choses, aux divertissements de nos chaînes les plus commerciales.
Sous prétexte de jouer l'opposition, la droite française fait obstruction à toute action du gouvernement de gauche. Déni de réalité, commentaires sarcastiques, entraves parlementaires, dénonciation auprès des "sages" constitutionnels : tout est bon pour ceux qui refusent les choix du suffrage universel de mai-juin 2012.

Où est la Crise qui a tellement été invoquée pour justifier les échecs de la majorité précédente, du président Sarkozy ? cette crise et ses conséquences, que F. Hollande et la gauche doivent affronter à leur tour, où est-elle ? pschitt... L'UMP ne la voit plus, tout est de la faute de la gauche...
En moins d'un an, la politique d'un gouvernement ne peut apporter  le changement tant souhaité. Simplement hier, l'annonce de réduction d'un déficit (commercial) laisse espérer qu'on approche d'autres satisfactions pour notre pays - mais une hirondelle ne fait pas le printemps.
Symboliquement, fanchon se réjouit tout de même qu'une femme incarne cet espoir, Nicole Bricq d'abord brocardée en 2012.

On s'étonne que la droite ne soutienne pas l'effort nécessaire de tout un pays, ne guette que l'échec de son pays, où beaucoup souffrent.
Pour l'instant, après deux mois où ses deux chefs ont cherché à s'entretuer pour un fauteuil, l'UMP a trouvé une autre scène de comédie. Alliée aux plus réactionnaires, sous nos yeux ébahis (merci LCP), l'UMP envoie à l'Assemblée nationale ses sbires et bretteurs manipuler leurs propres fantasmes.

Le mariage autorisé aux homosexuel-le-s était déjà le premier prétexte pour ferrailler entre députés, prenant bien soin de se défendre de toute homophobie (mon ... aurait dit Zazie). Malgré une mobilisation massive dans la rue, l'article 1er du projet de loi a été finalement voté à une très nette majorité.

Mais le combat continue, contre deux têtes de turque, les deux ministres Taubira et Bertinotti. Le spectacle nous est offert jour et nuit, sur fond de comique de répétition. On re-découvre les brillants penseurs que sont Mariton, Douillet, Benisti, Gosselin, Poisson, Myard, etc etc, Cette fois il s'agit de la GPA (gestation pour autrui, par des mères porteuses) : tous les orateurs qui bégaient les mêmes radotages savent pourtant que ce n'est pas le sujet de cette loi - et ne le sera sans doute pas plus tard, tant les femmes, les consciences le refusent. On en est simplement à l'adoption.

Grâce à "madame LE Garde des sceaux" et "madame LE Ministre", malgré la frivolité voire la vulgarité des obstinés, l'ambiance de l'Assemblée nationale de la République française garde une certaine tenue, heureusement. L'humour du président Bartolone (qui se révèle de jour en nuit), ajouté à la force de caractère des deux femmes ministres, et à leur sourire/fou-rire, nous permet de ne pas sombrer dans une totale médiocrité. Inlassablement, elles répondent, rétorquent, expliquent  : on ne les verra pas pleurer sous les attaques - mais à deux c'est mieux. Et elles se savent soutenues par une majorité, d'élu-e-s mais aussi de citoyen-ne-s et télé-spectateurs/trices.

Quant à la  droite, elle va pouvoir gagner des informations en fréquentant enfin les auditions de la commission du Sénat : de grande qualité, aussi bien Françoise Héritier, que des pédo-psychiatres en contradiction, à ne pas manquer sur LCP/Public Sénat. Et l'UMP qui se reconstruit pourra enfin travailler sérieusement. Dans notre intérêt collectif.
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samedi 26 janvier 2013

le bilan de fanchon blogueuse

Est-ce le mois de janvier ? période des bilans et des résolutions, on voit fleurir les comparaisons, et même entre blogs : la catégorie "blogueuSE politique" semble intéresser, jusqu'aux universitaires qui comprennent que la vie politique passe par là aussi.

Fanchon la parité n'aime ni les catégories, ni la compétition pour le plaisir d'être en tête (ses candidatures à des élections le garantissent...). Sa personne importe peu, seule son envie de militer pour des idées dont elle voudrait voir l'aboutissement - enfin un jour, avant de quitter cette vie ! Mais ce sprint de début d'année lui a donné l'envie de consulter ses statistiques. Elles sont incomplètes, car sa plateforme Blogger remonte le passé seulement jusqu'à mai 2008 ; mais une période de 4 ans 1/2 peut être considérée comme significative. Et ce palmarès n'est en compétition avec personne, surtout pas avec des personnalités plus prestigieuses, professionnelles et reconnues. Voilà juste les 10 articles que vous, internautes, avez le plus lus pendant cette période :
1. vive elles ! ces nouvelles ministres
2. cohérance... & parité
3. réduction sur abstention
4. nouvelle alerte
5. sms d'amour... triste été
6. parité politique, petites lettres, petits mecs
7. perdu une voix : la Kriss s'est éteinte
8. la parité, c'est la vraie rénovitude
9. deux présidentes pour la nouvelle année
10. un Debré UMP : Urologue, Mâle, et Politicien ringard

Bien sûr Fanchon vous doit des remerciements, car c'est votre classement selon l'intérêt que vous avez porté à ces articles. Et on y retrouve une cohérence très satisfaisante avec les sujets choisis à l'origine, dès le premier billet, il y a juste 6 ans.
Le titre d'abord : un simple prénom et le thème principal, la parité (en politique). Mais aussi les femmes qui affrontent concrètement la vie politique - et en particulier celle qui en France est allée le plus loin, et dont fanchon saluera toujours la bravoure et l'esprit d'anticipation, la vision d'avenir : Ségolène Royal. Autre thème, la parité (politique) avec ses rapports à notre vie quotidienne, dans l'actualité et pas seulement les discours. Pourtant aussi les informations utiles à rendre publiques, que ce soit des progrès ou des régressions.
Enfin l'ambiance prétendait être plus qu'hexagonale, européenne et internationale. Avec une dose de musique et de "culture", d'humour ou d'ironie, et sans langue de bois.

Le message est-il bien passé ? Il le semblerait d'après les commentaires publiés : merci donc à celles et ceux qui ont déposé une appréciation (pas toujours publiée, surtout quand elle révèle un manque de respect).
Il faut aussi remercier pour les invisibles liens, retrouvés par hasard quelquefois, qu'ont tissés d'autres blogueur-euses au fil de ces six années ; la technique permet maintenant qu'ils glissent dans leurs "blogrolls" la dernière édition de fanchon. Voilà un fameux coup de pouce solidaire !

Un autre grand merci à tou-te-s les internautes qui sont venu-e-s faire un petit tour par ici - et qui pourront revenir aussi souvent qu'ils/elles le souhaitent !
Fidèlement vôtre,
    flp
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vendredi 11 janvier 2013

Réaction, à donf toute...

Après 10 ans où la parité - l'égalité démocratique femmes/hommes - n'a pas été une priorité, c'est dans le domaine des droits des femmes qu'avance visiblement le changement voulu par une majorité de Français-es.
La nouvelle ministre Najat Vallaud-Belkacem est d'autant plus visible qu'elle est aussi porte-parole du gouvernement ; et elle a commencé à agir dès sa nomination. (Il faudra évoquer bientôt le nouveau Haut-conseil que préside Danielle Bousquet, qui a toujours fait ses preuves quand elle était députée.)

On dirait que la détermination de Najat a réveillé les esprits dans toutes les directions. Le projet de loi qui va être soumis au vote du Parlement est un projet de justice, dans l'égalité de genre : dépassant le PACS, la République peut donner les mêmes droits aux homosexuel-le-s, avec le mariage pour tous. La journaliste Sylvie Pierre-Brossolette - à la veille d'être nommée au CSA - rappelait à juste titre que les discriminations ont pour graves conséquences, entre autres, un taux record de suicides chez les jeunes homosexuels.
Et la Garde des Sceaux Christiane Taubira a toujours présenté ce projet comme une réforme du Code civil. C'est donc une question politique qui se pose à nos parlementaires ; et l'on voit bien que le clivage n'est pas entre la gauche et la droite, comme souvent dans les choix de société. Plus importante encore à rappeler : la laïcité ; car il s'agit du mariage civil, prioritaire en France depuis 1792, où l'autorité publique reconnait officiellement la validité de l'union d'un couple. Cette institution a été encore renforcée à partir de la séparation des Églises et de l'État (1905).

Pourtant un élan médiatique est en train de monter en France. On est déjà en train d'oublier les leçons à tirer des années précédentes, quand nos petits écrans étaient noyés par des sujets accessoires, voire dérisoires : cette fois c'est l'organisation de la "manif pour tous". BFMTV promet une couverture de l'événement, tandis que iTélé titre en gros "les Français divisés"... tout en posant la question "Les français sont-ils divisés ?"
Les sondages sont parlants : les Français sont très favorables au projet.

En agitant le chiffon rouge d'un rassemblement de centaines de milliers de manifestants, voire du million, les opposants au mariage des homosexuels se sentent pousser des ailes, et alimentent tous les bulletins d'information à l'avance ! Leur référence est la mythique manif pour l'école privée en 1984, qui avait fait reculer le Président Mitterrand et abandonner le projet Savary.

Mais, avant un vote politique, est-ce aujourd'hui un débat politique ? oui, quand il sera dans les hémicycles. Non, pour les "antis".
Il faut rappeler le cadre de cette manif qu'on veut nous rendre si sympathique avec ses couleurs roses. Car elle a une histoire, et on connaît bien ses chefs de files.

Nous avons vu de nouveaux arrivants, avec l'association "Institut Civitas" qui professe publiquement la "restauration de la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ". Son médiatique nouveau président Alain Escada est connu comme militant et activiste belge de l'extrême droite et du national-catholicisme ; est-ce une nouvelle manière de faire de la politique en Europe ?

Que cache la "grande marche nationale et unitaire" ? ce vaste fleuve qui veut se répandre dimanche dans les rues de Paris a bien des composantes. On voit se réveiller de nos vieux souvenirs avec SOS tout-petits et son multi-récidiviste  anti-IVG Xavier Dor... Dans une liste complaisante de groupuscules (y compris des Descendants de zouaves pontificaux), répartis en courants, on retrouve aussi des croisés restants de la Trêve de Dieu, et l'alliance VITA, nouveau nez de l'Alliance pour les droits de la vie.

Ne laissons pas croire que cette marche est une première ! c'est le traditionaliste dimanche de janvier des croix et bannières à travers Paris depuis les années 80. Mieux médiatisé aujourd'hui, et derrière lequel courent les journalistes, comme si ces réactionnaires représentaient une majorité en France.

Et donc, coucou, qui revoilà ? telle un phénix, notre grande professionnelle Christine Boutin, arborant toujours les vestes qu'elle a su si bien ramasser, et puis retourner. Vivant du médiatique, de l'auto-dérision parfois, elle n'a pourtant jamais renoncé à ses premières convictions. Car au travers de ses alliances successives avec VGE, Barre, De Villiers, Chirac, Sarkozy..., Mme Boutin fait toujours de la politique ; ce qui lui a toujours permis de financer ses réseaux peu féministes.
Sa conception de la famille prête toujours à sourire (même jaune) quand on pense aux faits divers horribles qui peuvent s'y commettre, au nombre de bons pères qui ont tué femme et enfants en France rien qu'en 2012, à la majorité de naissances hors mariage, et enfin aussi aux innombrables familles recomposées... (Et, au point où elle l'a laissé, oublions le Logement dont elle fut ministre.)

Alors, politique ou religieux, le mariage pour tous ?
On voit des chrétiens trouver insupportables les relents du débat, souvent homophobe et intégriste : les Réseaux du Parvis ont même lancé une pétition à l'adresse des évêques de  France.

Fanchon retiendra pour finir ce délice philosophiqueMichel Serres commente bien chrétiennement l'actualité de la famille : "Le mariage gay est réglé depuis 2000 ans" !
Une bonne lecture pour dimanche prochain, au chaud chez vous...

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mardi 1 janvier 2013

pour un monde meilleur en 2013


Connaissant toutes les difficultés pour changer les mentalités et les comportements, fanchon sait que les efforts ne suffisent pas : il faut avoir de la chance aussi. Bonne chance à la démocratie, à toutes et tous, ensemble !

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vendredi 21 décembre 2012

lumière sur un homme et une femme dignes

Si grande est la trivialité du débat politique et médiatique, que Fanchon reporte souvent l'expression de ses commentaires. Mais le ras-le-bol a été atteint dans la nuit de mercredi à jeudi : que dire de la double obscénité de FranceTélévisions ?
Une soirée de honte pour le service public : alors que sur France 2 plus de trois heures étaient consacrées à un animateur, libre expression était donnée au proxénétisme sur France 3...

Il y a bien eu quelques protestations (mais sans beaucoup d'échos dans les médias) contre Taddeï et son "Dodo", baignant ensemble dans une saumure complaisante pour la prostitution, sans contradiction. On connaît la réticence habituelle de Ce soir ou jamais à accueillir des paroles féministes (plutôt jamais !), mais un seuil a été dépassé ce soir-là.

Pourtant, face à cette évidence sur France 3, la chaîne dévouée à Michel Drucker a elle aussi touché à l'obscénité. Il s'agit d'un milieu précaire qui a longtemps exploité les intermittents ; où les réseaux de relations, les fils/filles de- bénéficient de privilèges ; où de grands journalistes, de vrais professionnels ont souvent été placardisés, éjectés, sans autre justification que divers bons plaisirs.
Par contraste, des programmes sont plombés par la sur-assurance accordée aux carrières de certains, souvent hors limite d'âge, et cumulards. Telles les émissions "données" à des Elkabbach (Bibliothèque Médicis, sur Public Sénat) ou Colombani (après ses preuves faites au Monde, encore La Chaîne Parlementaire), sans parler du sport où règnent des roitelets depuis des décennies. Plus généralement on se rappelle le débat autour des animateurs-producteurs, pour lesquels la télévision publique crevait les plafonds budgétaires.


La soirée "tombeau" (prématuré) de Michel Drucker a donc souligné grassement la complaisance d'une chaîne pour celui qui lui attire de l'audience. À n'importe quel prix ? alors que France Télévisions doit réduire (comme nous tou-te-s) ses dépenses, devait-elle produire (= payer) un mémorial au "gendre idéal" ? il ne nous présente décidément pas non plus très souvent d'autres fiancées que Céline Dion et rares consortes... Mais on dit qu'il fait beaucoup plus pour la culture qu'on ne l'avait perçu - confirmation donnée par le portrait-"documentaire" de 2008 en deuxième partie de soirée ; une louche de plus. Et oublié les petites illégalités du super-héros aimé des puissants.

Pour sortir dans la dignité de ces noirceurs, ouvrons Le Nouvel Obs de cette semaine, page 13.
Après les pieux marronniers de la une, l'édito rituel, c'est la chronique de Jean-Claude Guillebaud : la lumière !
Voilà un homme, si discret au regard d'une bien digne carrière, qui n'hésite pourtant pas à se mettre en scène, tant il est fier de présenter une femme remarquable, qu'on lui a donnée récemment comme partenaire dans un débat. Bien sûr il est obligé de donner des
précisions sur Françoise Héritier - à qui nous devons tant, mais dont "on" ne parle jamais....

Il faut lire cette page intégralement, hommage (au sens propre) à cette femme qui nous honore. Une seule page à comparer à toutes ces unes et dossiers du magazine, habituellement fan des "intellectuels", "hommes politiques", "philosophes" etc - toujours masculins.
Justice est rendue à l'évidence ; merci Guillebaud !


Quelques extraits :
 "Débattre de tout cela avec Françoise Héritier, c'est goûter enfin au bonheur du "gai savoir" (Nietzsche) et de l'argumentation raisonnable. C'est redécouvrir que les savants à part entière sont aussi simples et modestes que les sots sont péremptoires et vaniteux."

"Je dois dire que dans l'assistance qui suivait notre conversation, il y avait sans doute des "pro" et des "anti". Tous étaient néanmoins captivés par l'absolue probité des propos de Françoise Héritier. Elle donnait à chacun l'impression de raisonner à voix haute, en s'appliquant non point à vaincre quiconque ni à parader dans le paraître mais à rendre intelligible le problème posé."

"Horreur de la bêtise ! Françoise Héritier, à l'inverse,  nous redonne confiance en l'intelligence humaine. En sera-t-elle assez remerciée ?" J.-C.G.
 
NB : 1. bien sûr il faut lire/acheter ce NO de la 51e semaine de 2012, au moins pour la page... 13 ! (Mais aussi quelques-unes autres de bien : pp. 126, 136, 144)
2. et lire/acheter le dernier ouvrage de FH : Le Sel de la vie.
3. aucun qualificatif professionnel n'a été utilisé ici (journaliste, anthropologue, scientifique, philosophe, etc...) : il est un niveau où seule l'intelligence compte, sans catégories. Beaucoup d'autres nous l'ont fait oublier...

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lundi 3 décembre 2012

histoire video de 20 ans vers la parité

1992-2012, c'est l'histoire d'associations qui continuent de viser la parité entre femmes et hommes en politique. Le chemin n'est pas fini, et le réseau Elles aussi ne se lasse pas...

Le site d'Elles aussi explique tout.

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dimanche 18 novembre 2012

20 ans de parité

 
Fanchon-la-parité désespère chaque fois que certain-E-s expriment une évidente ignorance de l'histoire des femmes, qui semble décidément ne pas appartenir à notre Histoire, celle de l'Humanité, celle du Peuple.

On dirait que tout est plus important que ces pas en avant, toujours insuffisants, qui nous mènent sur la route de la patience : attendez, c'est pour bientôt ! mañana….
Tantôt il faut se réjouir d'un progrès miraculeux (genre : un candidat, une suppléante), tantôt on reproche aux féministes leurs faibles résultats.

De sorte que celles qui ont conquis la parité "réelle" mais toujours à réaliser, se font reprocher d'avoir été des nulles…  On ne dit pas que sont nuls TOUS CEUX qui l'ont refusée, qui ont freiné des quatre fers, qui continuent de bloquer ; non, les nulles sont celles d'avant.

Qui ? lesquelles ? on ne le sait même pas : où sont leurs noms ?
On en découvrira quelques-unes ce lundi grâce à un colloque. Pour ses 20 ans d'existence, le réseau Elles aussi va réveiller un peu nos mémoires. Autrement, inutile d'aller chercher les archives des médias. On n'y trouvera sans doute que Gisèle Halimi (quand même !) et bien sûr Élisabeth Guigou, Roselyne Bachelot qui ont porté le drapeau de la parité ; mais la presse mettait plus souvent en avant celles qui sont montées au créneau pour s'y opposer, stars dont on écoutait les seuls arguments - au nom de l'universalisme. (Inutile de les citer à nouveau ici !) Comme s'il n'y avait d'universalisme sans réalité sexuée !

Seule l'Américaine Joan W. Scott (enfin bientôt traduite), a raconté ce combat français : (Parité ! L'universel et la différence des sexes. Albin Michel, 2005). Et elle cite Elles aussi qui a su rassembler les féministes. En 1992, plusieurs associations se sont créées pour la parité ; mais on a vu aussi de grandes associations – qui travaillaient depuis longtemps déjà sur l'égalité politique femme-homme – choisir de joindre leurs travaux, pour une plus grande force, pour être mieux entendues, pour mieux lutter ensemble.

Il faut bien convenir que la hardiesse de celles qui ont fait ce choix intelligent ne pouvait intéresser les médias : une association = une Présidente ! (à supposer que les médias s'intéressent au monde associatif…). Alors qu'un regroupement signifie pour eux l'anonymat : des femmes qui n'ont pas choisi de se mettre en vedettes !
Eh bien, pour savoir leurs noms, pour les rencontrer – quand elles sont encore là – il suffit d'aller au colloque d'Elles aussi ce 19 novembre. Le nombre de places étant très limité, il ne sera pas accessible au plus grand nombre ; mais ses échos permettront de se remémorer les arguments de fond pour parité, et ceux qui doivent encore nous faire avancer.

Car Elles aussi a fait avancer la parité jusqu'en 2000, et a continué le regroupement et l'action ensemble. Et l'Histoire doit continuer : en avant la parité !
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samedi 27 octobre 2012

Europe, notre solidarité au quotidien

Vice–présidente de l'Internationale socialiste, Ségolène Royal est la meilleure porte-voix des enjeux d'une Europe en crise. Elle rappelle le programme du président Hollande pour une Union qui mérite d'être aimée ; elle évoque l'attente des peuples envers une des premières forces économiques du monde. Elle préfère proposer l'engagement, l'espoir, les moyens d'avenir, plutôt que la lamentation indignée et les refus rétrogrades.
 Au début d'un Congrès de Toulouse peu enthousiasmant, l'ancienne candidate apporte son soutien au président Hollande pour tous les engagements qu'il a pris avec les Français, surtout face aux critiques grognonnes et de parti pris.


Voilà qui fait heureusement écho à un prix Nobel d'avenir !

Fanchon apprécie que ce soit une voix de femme, dans cette rencontre où les hommes de pouvoir dominent, qui fasse entendre cet hymne tonique qui dépasse nos petites frontières, ce rappel que la Crise financière n'est pas une règle de soumission.

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samedi 28 juillet 2012

la France métissée de machisme

À propos de la dernière polémique, sur Ségolène Royal et Najat Vallaud-Belkacem, c'est toujours pareil : il faut savoir lire, et ne pas ratiociner sur des commentaires non réfléchis. Seule référence : ce qu'a écrit le grand reporter du Point, Saïd Mahrane.`


Après lecture attentive, on en retire qu'il contient à la fois des préjugés et une reconnaissance des faits.
Préjugés, fantasmes, interprétations personnelles, le journaliste nous fait une analyse psychologique de bazar, en répétant tous les clichés - qu'il reconnaît lui-même comme clichés.
Parcours, compétences de la jeune femme, il les reconnaît aussi. Mais pourquoi ne compare-t-il pas ces qualités à l'aune du mérite républicain d'autres Français-e-s ?

Tout simplement parce qu'il écrit en machiste ordinaire : dézinguer injustement deux femmes, ça a dû lui plaire, même inconsciemment... Une nouvelle ministre que tout le monde salue, sans réticences à ce jour - une ancienne candidate, qu'il enfonce avec délectation après l'échec, dans une période sûrement dure à vivre.

Et pourtant tout est dit : S. Royal a voulu la diversité que tout le monde réclamait, elle l'a appliquée au quotidien depuis maintenant 7 années, le suffrage universel le lui a reconnu - comme pour le refus du cumul de mandats où elle ne s'est jamais contentée de promesses. L'interprétation de ses mots n'est donc que mal-intentionnée.

Où est la solution, entre les promesses non tenues, et l'action mal interprétée ?
Quand Saïd Mahrane joue avec les mots, on peut lui demander aussi :
- Et vous ? Et si vous vous appeliez Jean-Claude Martin ?

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jeudi 14 juin 2012

pauvres gens, sang pour cent...

Dans le monde, des dictateurs massacrent leurs peuples avec tous les "raffinements" de cruauté, toutes les ressources du marché des armes, aussi florissant qu'hypocrite.
Pauvres gens, réduits à leur sang.

Chez nous, pas de dictateur, heureusement.
Dans une démocratie, on parle - on parlait, plutôt - de responsables politiques. Qu'on a traduits par leaders, devenus leaders d'opinions.
Avec les sondeurs et les calculettes, pschhitt..., même plus d'opinions.Des chefs  departis ont maintenant pour seul but de sauver les meubles électoraux.

La Droite française qui a eu ses intellectuels, court maintenant sans tête ; elle reprend même la discours de celle qui tire à vue sur des cibles vivantes : la vraie extrême-droite retrouvée sous des cheveux blond marine. Celle qui dans les années trente dressait des listes de noms à pourchasser, et qui en 2012 vise les hommes et femmes préférant la République, par liste aussi.

Comparé aux chefs de droite à la télé, il y a désormais plus d'intelligence dans les "conférences de presse" (en direct, sans limite de temps des TV d'"information" continue) d'un footeux, devant un écran couvert de logos commerciaux, buvant au goulot sa petite bouteille (d'eau ! mais sans étiquette de marque !), face à des journalistes avides.

Et le peuple, après le foot, le tennis, le rugby, avant le vélo, que lui disent ces politiques ? venez voter pour la politique du pire - pour une cohabitation incohérente. Ne leur donnez pas tous les pouvoirs, conseillent-ils, oubliant qu'ils les ont eus, pour le résultat que l'on sait. Sous les scuds de  ces apprentis sorciers à calculette, qui disent préférer la France, comment le peuple ne serait-il pas désorienté ?

Pauvres gens, réduits à x pour cent.

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