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jeudi 18 octobre 2012

petit(e) annonc(e)

Grande école humaniste cherche son Directeur.
      Animaux et femmes s'abstenir

 Pour réformer la formation des élites de la France, Émile Boutmy, entouré d'un groupe d'Hommes de sciences et d'Industriels, crée en 1872 l'ancêtre de l'Institut d'Études Politiques de Paris. Plus d'un siècle plus tard, La Barbe se réjouit de voir que le cap reste ferme et la virilité à l'honneur pour une succession, pourtant annoncée difficile, à la tête de ce noble établissement. Dispenser à tous un haut enseignement libéral, varié et encyclopédique, certes, mais pour autant ne pas mollir. Et malgré la sournoise féminisation rampante qui contamine son corps étudiant, l'institution reste heureusement accrochée à sa tradition masculine, seule à même de redresser la barre et de garantir une instruction de qualité en ces temps chahutés. Primes? Augmentations? Recrutements? International? Voilà des domaines dont seul un homme sera à même de s'acquitter. Hervé, Dominique, Jean-Michel ou Gilles: le choix pour occuper la place d'honneur est heureusement restreint à une panoplie virile. L'avenir de l'institut est sauf !
 La Barbe


NDLR. pour diverses raisons techniques fanchon la parité va sans doute devoir arrêter son blog à cette adresse, après bientôt six ans de publication. flp tient d'abord à remercier ses visiteur-se-s fidèles, venus de toute la planète (eh oui !), vous prie d'excuser le rythme des billets précédents, très irréguliers, et espère donner une nouvelle adresse, si nécessaire.
À bientôt...

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vendredi 9 décembre 2011

le courage Barbue : UMP, nous voilà !

Séance épique à Paris 15e, ce mardi 6 décembre, pour la Saint-Nicolas : c'était, après Lambersart puis Villeurbanne ("le Courage"), la 3e Convention UMP ("l'Ambition") pour le programme présidentiel de 2012.
En présence de Jean-François Copé, Alain Juppé, Rachida Dati, Hervé Novelli, Bruno Lemaire et Gérard Longuet, entre autres, dix activistes du collectif féministe La Barbe! se sont invitées comme elles l'ont déjà fait devant divers aréopages masculins : comme d'habitude, leur mode d'intervention est basé sur l'ironie, sur l'humour - qui "ne fait de mal à personne", dit-on couramment.

Cette fois-ci... si. Face à l'ironie de l'habituel "bravo messieurs, continuez de rester entre vous", c'est la force de l'expulsion qui a prévalu.
Pendant des décennies, les féministes savaient devoir rester vigilantes après le moindre progrès acquis. Depuis l'an 2000, on a bien vu que l'application des lois-parité s'érodait, et que la situation stagnait. La vigilance ne suffit pas...
La remise du rapport sur les femmes dans les médias, ce jeudi, par Michèle Reiser, montre bien que la régression est en route.

Il faut donc saluer l'action tenace de jeunes femmes qui ne se contentent pas d'observer. L'association La Barbe! depuis sa création il y a plus de trois ans a sorti la meilleure arme des femmes pour manifester : l'humour. Il y a avait aussi dès l'origine, une sorte de courage à arborer une barbe artificielle quand on est une belle jeune femme - a contrario de tous les canons actuels... Cela s'appelle vraiment payer de sa personne. Et elles connaissent toujours la fin de leurs interventions : l'éviction.

Mais voilà que de plus en plus il leur faut du courage physique, tant les formes d'expulsion deviennent brutales. À la tribune cette fois, une majorité de "Compagnons" et quelques Compagnons-femmes pour faire le bouquet de fleurs : même là on n'apprécie pas l'humour des petites pancartes, et on appelle le Service d'ordre - avec la consigne ressassée "très tranquillement... très tranquillement"...
Lequel Service d'Ordre de l'UMP porte bien son nom et mettra du cœur à l'ouvrage:

 

Après avoir réalisé elles-mêmes leurs videos (avec brillante mise en scène en sépia  rétro), les Barbes ont maintenant besoin de la présence de médias extérieurs en cas de brutalité : cette fois l'AFP, les rédactions TV de service public ont été témoins de la scène.

Et loin de s'espacer, les entrées nécessaires de LaBarbe! se multiplient et se délocalisent : on a toujours besoin d'elles !

Pensons à les soutenir, à aider leur courage : adhérons à La Barbe!

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vendredi 27 mai 2011

maintenant qu'ils se sont lâchés....

Si la France, sa classe politique, ses médias font la une dans le monde, voilà surtout une grande surprise : l'affaire DSK provoque un sursaut général de féminisme, de rejet du machisme, du sexisme, en France même ! Qui l'eût dit il y a seulement huit jours ?
Ce n'est pas tant l'affaire policière qui est à considérer : hier comme aujourd'hui, fanchon attend ce que la Justice en décidera, même si tous les à-côtés ne sont pas forcément très satisfaisants.

C'est d'abord près de 3000 personnes, hommes et femmes, rassemblées dimanche  pour répondre à un appel improvisé en moins de 48 heures. On n'avait pas vu tant de monde depuis longtemps contre le machisme. C'était juste la réponse à une série de déclarations bien gauloises, comme on y était habituées, mais concentrées en quelques heures à vrai dire.

La surprise a été grande, comme en a témoigné aussi  Nouvelles.news.

Autre nouveauté : parmi les (aujourd'hui 28 000 !) signataires, des militant-e-s socialistes. Alors que la tradition interdit pratiquement de s'en prendre publiquement aux camarades de parti, voilà que les protestations se sont élevées aussi contre des hiérarques PS. À commencer par des parlementaires !

Ne rêvons pas trop, rien n'est acquis, surtout dans les mentalités et les comportements. Même si l'on voit soudain quelques femmes sur les canapés des débats nocturnes à la télé !
Mais il y a eu un furieux coup de talon au fond de la piscine, et on peut penser que rien ne sera plus comme avant, puisqu'on pourra rappeler cet épisode inouï à ceux qui l'auront bientôt oublié....
 Ainsi le philiosophe Vincent Cespedes a-t-il pu mettre les points sur les Taddeï en rappelant aux réalités dans bien des domaines.

 Mais son collègue Onfray n'a pas été gêné de déclarer sur France 2 (Face aux Français à moins de 4 minutes de la fin) que le féminisme n'est plus ce qu'il était : c'est devenu un mouvement "mondain" ; quant à la parité, elle n'a servi qu'à amener en politique "des femmes aussi nulles que les hommes". Et vlang ! comme c'était la conclusion de l'émission, Monsieur n'a pas eu un début de la réponse qu'il méritait. Même s'il avait dit plus tôt qu'il avait "honte d'être un homme" cette semaine ; on voit le fond des convictions....
 
C'est pourquoi on est gênée de voir au contraire le bouleversement de Jean-François Kahn, renonçant même à son métier de journaliste. Cet homme a 72 ans et il a trahi son âge en parlant de "trousser la soubrette". Mais rien dans sa carrière n'a jamais laissé soupçonner cette sorte d'archaïsme, dont il a aussitôt regretté publiquement l'expression. Modèle dans sa profession, jamais routinier et toujours sincère, il a entraîné tous ceux/celles (dont fanchon) qui ont participé à l'aventure de L'Événement du jeudi, par exemple.

Une drôle de semaine, décidément !

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dimanche 22 mai 2011

sus aux hiérarchaïques

Fallait-il, pour défendre un camarade dans l'ennui, sortir des limites du soutien moral, et en perdre la tête ?
Les réactions s'enchainent, au sein même du PS, comme on ne l'a jamais vu.

Au sommet du parti, après l'écroulement inattendu d'une stratégie pour la présidentielle de 2012, voilà bouleversés tous ceux et celles qui l'avaient échafaudée. Bien sûr la situation de leur héraut est dramatique, et tout leur plan bousculé. Bien sûr on compatit forcément à la détresse d'un ami.

Mais dans notre République, les responsables politiques ont à garder la tête froide, à respecter les institutions démocratiques, même dans une autre démocratie. Attendons ce que dira la Justice états-unienne, sans préjuger de ses conclusions. Sans foncer non plus sans mesure dans la stratégie des avocats de DSK (leur tâche est lourde, leurs arguments aussi...).

Quand on dirige un parti, chaque mot prononcé relève de la responsabilité morale et politique.
On doit au moins penser à ceux qui attendent de la cohérence avec une pensée politique partagée. Pleurer chez soi sur l'affliction d'un ami, bien sûr ; pleurer dans l'entre-soi de l'instance nationale responsable, si l'on ne peut se contrôler, il faudrait au moins que l'entourage n'en fasse pas état publiquement.

Et pour ceux d'entre eux qui postulent au mandat suprême de la République, leurs larmes, leur colère médiatique, leur nuit "à ne pouvoir fermer l'œil" font craindre le pire : comment réagiraient-ils à l'Élysée en cas de crise grave ? Ils veulent juste annoncer qu'ils ne feront pas le poids, eux non plus ? De quoi inspirer confiance aux Français-es !

Les citoyen-ne-s justement, ils sont aussi au PS, la base du parti. Et comme les temps changent, ils savent réagir à des archaïsmes intolérables : les pitoyables déclarations de leurs hiérarques, retournant au cerveau reptilien du pire machisme, voilà qui en a révolté plus d'un-e.
On peut voir ainsi que le féminisme a véritablement fini par s'insinuer au sein du parti. Tout arrive !
Si bien que militantes et militants (eh oui !) protestent en masse.

Ils et elles sont dans le gros des réponses, en moins de 48 heures,  à l'appel lancé par des associations :  Osez le féminisme, la Barbe! et Paroles de Femmes. Eux et elles aussi disent leur colère, proclament leur solidarité avec "Sexisme : ils se lâchent, les femmes trinquent". Contre les noms les plus prestigieux de leur parti.

N'oublions pas que ces grandes figures enchaînent des mandats parlementaires depuis 16 à 33 ans. Que la fin du cumul des mandats demandé par tou-te-s s'appliquera enfin à eux APRÈS leurs prochaines réélections. Rien qui fasse s'écrouler leur univers, pour permettre à des plus jeunes, à des femmes, de remplacer la culture machiste dont ils sont pétris.

Plus que jamais, la parité en politique est la solution : ce sont les femmes élues en nombre qui obtiendront le respect dans l'égalité. Le chemin reste long encore...

Et en nombre, elles seront aussi, avec des hommes, pour manifester près de Beaubourg ce soir :
rendez-vous place Igor-Stravinski à 17 heures ce dimanche.

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dimanche 21 février 2010

La Barbe chez les notables en Yvelines

Stupeur vendredi matin à Versailles, quand le Conseil général des Yvelines, réuni à l'Hôtel du département, a vu arriver silencieusement un groupe de femmes barbues. Calmement elles ont montré aux élus leur message habituel : des panneaux dans le style cinéma muet portant les mentions louangeuses "Félicitations", "Chapeau", et leur signature "La Barbe".

Cette association est maintenant bien connue, mais pas encore assez de ceux qui en font les frais : généralement des colloques ou séminaires bien masculins, des AG d'actionnaires sans femmes. Cette fois il s'agissait d'une assemblée élue, exemplaire du présent, mais aussi d'un futur probable.

Le Conseil général des Yvelines compte 39 sièges, occupés par 35 hommes et 4 femmes. Son décor n'a pas bougé en plus d'un siècle. Sa composition n'a pas encore été bousculée par la parité - oh, le vilain mot !

Les Barbes l'avaient choisi comme emblématique et à l'image de ce que risque de produire la Réforme des collectivités territoriales, dont le vote avance progressivement au Parlement. Invitées par Elles aussi, elles sont donc venues présenter leurs félicitations (narquoises) habituelles aux hommes qui savent si bien résister à la féminisation... Le bureau exécutif du Conseil général est exclusivement masculin (11 vice-présidents) et la Commission permanente compte 22 hommes parmi ses 24 membres.

Ce n'était pas un commando Greenpeace bousculant un débat démocratique. Et bien sûr les agents de sécurité ont été appelés à vider vigoureusement les intruses, qui n'ont pas "offert" de résistance.
Mais le président d'une assemblée aussi mal composée aurait pu s'interroger sur les raisons de cette intrusion. Par le plus grand des hasards, le public était nombreux, avec des dizaines d 'élèves/filles d'un lycée ; et les élus, dépassés par le nombre, n'avaient jamais vu autant de femmes en ces lieux !

Mais le président Alain Schmitz - qui a remplacé P. Bédier en évinçant Mme Boutin (excusée ce vendredi) - a su faire preuve de toute l'autorité requise. Considérant ces femmes ridicules sans y voir des citoyennes, il a décrété que "Mardi gras, c'est fini" et on a procédé à l'expulsion.

La Barbe fait le constat d'une de ses opérations les plus vite bouclées... Sans les contacts avec des journalistes plus curieuses (AFP...), on n'en aurait rien su. Heureusement reste leur site !

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samedi 25 juillet 2009

de la Pompadour à la burqa

Voilà notre brave Nouvel Obs reparti dans un de ses fantasmes favoris, grâce aux vacances (de pouvoir ?). Cette fois, c'est François Reynaert qui s'y colle. Après l'intelligence et la philosophie républicaines à la Rosanvallon, tout en mâlitude, passons aux femmes.

Voilà un dossier qui fera date et qui va nous faire progresser : "les femmes de pouvoir en France" ! Pour ceux, naïfs, qui pensaient à Christine Lagarde luttant contre la crise, Roselyne Bachelot contre la grippe, ou Ségolène Royal pour l'avenir du PS : tout faux !

C'est plutôt le retour aux Jeanne d'antan : d'Arc et Poisson. La pucelle et la putain dans l'Histoire : que du vieux croustillant pour libidineux de la politique. Bien avant qu'on n'ait inventé la parité, ouf !

Petit panorama de ces femmes "de pouvoir" : Jeanne donc, Diane, Catherine, Anne, Marie-Antoinette - ouf, ça s'arrête donc à 1793 ? Que nenni : il y a une femme de pouvoir en France aujourd'hui et (qui l'eût dit ?) une immigrée de gôche, avec papiers (obtenus fissa !). De quoi lui donner une page plus grande qu"à toutes les autres sus-citées.

À part les armes et le cheval de notre héroïne nationale qui finit au feu à Rouen, il faut rappeler que le pouvoir de ces dames était l'argument qu'on opposait à Benoîte Groult en 1975. Cette bienheureuse Année de LA Femme permit de rappeler que LA Femme avait toujours eu le pouvoir : de nombreux vieux oreillers s'en souviennent... Heureusement Ainsi soit-elle ! amena au féminisme toutes celles qui auraient dû y penser plutôt (mais non, tout le monde ne fait pas des fautes..).

Le Nouvel Obs
est reparti dans la nostalgie d'avant 1975, pour les beaux yeux d'une "favorite devenue reine" : pas moins ! La fréquentation de l'Élysée les rend fous ? Ils ont fait oublier les fringues chic qui l'ont rendue célèbre, pour la photomonter en satin et paniers, mais lisant de la musique, tout de même..

d'après Quentin Delatour
mais la tête est trop grosse (décidément...)


Comme tout ça tout seul eût fait un peu "trop", Le Nouvel Obs de 2009 a voulu montrer sa modernité : il s'est "entretenu" avec une femme, Laure Adler, qui a fait autorité sur les femmes politiques. Elle évoque donc la suite de l'Histoire, de la Révolution à nos jours. Chargée de dénoncer "la République machiste", elle conclut sur la régression actuelle : difficile à ignorer, même au NO...

Hélas, Laure n'a pas tout suivi, ces derniers temps : "Les femmes de la nouvelle génération considèrent que le féminisme est ringard et qu'il n'est pas nécessaire de se battre. (...) Mais le plus grave, c'est qu'il n'y a plus d'organisation pour porter la parole des femmes, plus de MLF et plus de discours féministe à gauche."

Étonnant, q'une spécialiste des médias ignore la renaissance actuelle du féminisme, qu'on voit poindre partout sur l'arnitoile : les jeunes femmes ne laissent plus le féminisme aux stars, elles réagissent. Des réseaux se sont formés aussi bien à travers les blogs qu'entre associations - qui sont aussi des "organisations".

Et La Barbe, qui a renouvelé l'action militante, elle n'en a pas entendu parler ?

Au contraire, c'est aujourd'hui que le féminisme renaît, bien plus profond dans la société qu'il ne l'a jamais été. Il fallait pour cela que la régression fût bien grande !

Alors, quand même : merci Carla ? et merci L'Obs, qui a pu chanter ses mérites sans avoir l'air d'être Voici !...
La rédaction du magazine n'a plus maintenant qu'à faire une tournée de ses propres blogs, pour en trouver un qui cite un bijou : le texte de Pierrette Fleutiaux qu'avait publié Le Monde, il y a peu.

Toute l'intelligence, la finesse, l'ironie de l'écriture française pour traiter de la meilleure façon le sujet qui désespère les féministes. Bravo Pierrette ! voilà une femme de pouvoir : le pouvoir des mots contre l'obscurantisme.
Mais on n'a de pouvoir que s'il y a une suite : à toutes les femmes d'être féministes en nombre !

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mardi 21 juillet 2009

modernisation de l'État ?

Qu'est-ce qu'un État moderne ? comment modernise-t-on un État... disons ringard (puisqu'il doit être modernisé) ?

C'est à cette réflexion que s'est attachée la revue Acteurs publics en organisant les 2èmes Rencontres de la modernisation de l'État, "rencontre des décideurs des trois fonctions publiques", du 6 au 8 juillet. Programme prestigieux pour un projet ambitieux. Le groupe de presse avait préparé ces journées avec l'aide d'un Conseil scientifique, forcément moderne, on peut le supposer. Mais où était sa modernité ? le mauvais œil de fanchon ne l'a pas vue d'emblée. ILS sont 17, comme ça :


Alors certaines sont allées y voir de plus près. Et elles ont fait bouger les choses. L'association La Barbe s'est imposée comme co-organisatrice, et a obtenu qu'un certain désordre règne dans ces journées. C'est même dès le début que le journaliste P-M. Vidal a osé laisser la parole, AVANT le ministre Woerth, à une femme !

Pas une anarchiste ! l'usurpatrice, Françoise Milewski, est économiste à l'OFCE et rapporteure du Comité de pilotage pour l'égal accès des femmes et des hommes (oh pardon, c'était dans l'ordre inverse, bien sûr !) aux emplois supérieurs des fonctions publiques.

Dix minutes. Pas une seconde de plus, l'organisateur l'a laissée parler - et a cru bon de s'en justifier auprès du secrétaire d'État ainsi décalé. L'intruse a alors pu donner quelques chiffres basiques - que nous connaissons toutes, mais que les participants ont dû entendre avant de moderniser pendant trois jours. Elle a également rappelé que les engagements politiques français ainsi qu'européens allaient tous dans le sens de la parité. Bref, juste une petite piqûre de rappel... avant de passer aux choses sérieuses.

Dans les souvenirs de fanchon, la revue Acteurs publics s'était fait remarquer dès sa création par une détermination à mettre la parité en relief. Statistiques sexuées, féminisation systématique des titres et fonctions, rédaction pratiquement paritaire, les débuts ont été impressionnants.

Aujourd'hui, dans l'ambiance générale que nous connaissons, la régression est là aussi. Et les comptes rendus de ces RMDE ont même oublié ce court épisode dans leurs "grands moments des Rencontres".
Heureusement La Barbe a bien filmé, et a monté une de ces videos-bijoux dont elles ont le secret :



Il manque pourtant la cérémonie finale des RMDE, la remise des Victoires aux organismes et collectivités qui ont bien "modernisé" depuis un an. C'est LCP qui a retransmis la cérémonie :

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mardi 21 avril 2009

merci, messieurs...

"Merci messieurs". Quand finirons-nous d'entendre en TV cette phrase, devenue habituelle en conclusion de débats et tables rondes ? Phrase prononcée de bonne foi par un animateur, un-e journaliste, comme s'il était normal d'oublier une moitié de compétences éventuelles, les femmes.

Ce mardi 21 avril après une soirée Arte/Thema, Daniel Leconte a clos ainsi l'échange sur "Ces droits de l'homme qu'on assassine".
Il remerciait ceux qui étaient prévus au programme : l'européen Daniel Cohn-Bendit, l'opposant algérien Saïd Saadi. Mais aussi l'ambassadeur français pour les droits de l'homme François Zimeray, présent ès-qualité, mais qui n'était pas annoncé : il a dû remplacer la Secrétaire d'État Rama Yade, escamotée ?
Si elle avait pu venir, elle aurait dû s'équiper d'une barbe, comme nos amies militantes débarquant devant des aréopages virils !
L'honneur est sauf : on a pu dire "merci messieurs"...

On aurait aimé entendre Rama Yade car il y avait à dire - et elle sait dire.
Ce sont deux autres jeunes femmes, journalistes engagées, qui avaient réalisé le documentaire introductif de la soirée, sur la conférence de Durban il y a 8 ans : "Bataille des droits de l'homme". Fiametta Venner et Caroline Fourest nous donnaient à voir ce qui reste pour beaucoup de témoins comme un cauchemar, de quoi les dissuader de retourner au "Durban 2" , qui se déroule aujourd'hui à Genève.

Mais il y avait d'autres points de vue ; au lieu de laisser la perversion des esprits retourner les combats contre le racisme, certains tiennent à rappeler les valeurs universelles de 1948, à affirmer clairement leurs arguments. On dirait même que l'Union européenne est ainsi arrivée, avec d'autres, à empêcher le progrès du pire - que redoutaient les USA absents.
Parmi ces courageux, face au mur noir des 'distingués orateurs" de dictatures, intégristes misogynes, parfois alliés d'une diversité contre nature, quelques femmes, ouf : tchèque, belge, australienne, iranienne, etc. Quel cran dans ce terrible combat, à suivre.

Merci, mesdames...

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vendredi 6 février 2009

réjouissante Barbe

"Alors là, on a des... des... des... Pardonnez-nous mais ça fait des.. Qu'est-ce qu'on a là ?
Je ne sais pas ce qui se passe... quel est le sujet..."

Pauvre secrétaire d'État, ouvrant une journée sérieuse consacrée à l'Entreprise, aux chefs d'entreprise.

C'est l'unique objet des sentiments libéraux habituels d'Hervé Novelli, et cette fois il est tout paumé : défilent devant lui dix jeunes femmes en tailleur pantalon et barbe beaucoup moins sérieuse. Elles prennent place devant la tribune, avec leur banderole, pour y reprendre leur couplet : vous avez bien raison de rester entre hommes, pour parler de ces sujets !



(voir aussi le reportage d'Olympe)
Fanchon se réjouit que La Barbe offre ce divertissement de qualité dans une période où la société française broie un peu du noir. Décidément, l'initiative de cette association attire l'attention de façon originale sur un des maux que nous ne cessons de dénoncer ces derniers temps : où sont les femmes ?

Réponse: elles sont bien là, et avec humour, créativité, et musiques guillerettes ! (les interventions sont de plus en plus nombreuses), mais on souhaite les voir aussi partout où elles ont leur place.
Où ? aux postes de décision et de responsabilité.

Merci La Barbe ! et puisque vous recrutez, allez-y les filles !

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lundi 15 décembre 2008

pluralisme ?

Vous défendez la liberté de la presse. Vous avez réservé votre soirée, ce lundi 15 décembre ?
Il faut aller soutenir l'initiative de MEDIAPART : Jean-Michel Ribes accueille un débat public au Théâtre du Rond-Point à Paris.
Attention, conseil de fanchon : même si les presque 5000 signataires de l'Appel de la Colline ne cherchent pas à y assister, il est plus prudent de réserver une place.

On connaît la brûlante actualité : journalistes, rédactions de tous les médias sentent la pression sarkozyste aussi bien sur le capital que sur les moyens juridiques et la vie quotidienne des sources d'information.
L'information, c'est la démocratie. C'est le droit essentiel des citoyens de ne pas se faire manipuler par la communication, et de fonder leur jugement et leur choix sur la liberté. Pourtant on coupe les moyens de la télévision publique, on veut nommer les dirigeants, on prétend faire des états-généraux de la presse - tout cela de la manière la plus autocratique qui soit.

Mais on en voit déjà qui chipotent ; qui ça ? fanchon chipote ?
- eh oui !
Fanchon soutient MEDIAPART et a toujours milité, dépensé et agi pour la liberté et le pluralisme de la presse.
Mais faut-il être barbu-e pour en débattre ?

Ce soir, voilà les intervenants prévus sur l'invitation qu'a reçue Fanchon :
François Bayrou, président du MoDem
Daniel Bensaïd, philosophe, théoricien de la LCR
Patrick Braouezec, député de la Seine-Saint-Denis,
Benoît Hamon, Député européen, porte-parole du PS
Noël Mamère, député de Gironde, Les Verts
Hervé Mariton, député de la Drôme, UMP

L'animation de la soirée est assurée par Edwy Plenel et Jean-François Julliard, puisque
MEDIAPART et Reporters sans frontières organisent le débat.

N'oublions pas l'ombre tutélaire qui explique tout : le professeur au Collège de France Pierre Rosanvallon qui n'en finit pas d'inspirer la philosophie française au Nouvel Observateur par exemple. La soirée se fera "autour de" lui, confirmant que toute pensée parisienne est universelle donc masculine.

Alors, la barbe ! N'y avait-il pas d'autres responsableEs politiques, d'autres députéEs, d'autres philosophEs, d'autres journalistEs, des responsablEs de medias, au féminin ? Oui, des bonnes femmes, tout simplement (comme certains en débattent oiseusement)

Voilà que les défenseurs des libertés eux-mêmes oublient cette dimension de la démocratie.

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jeudi 25 septembre 2008

sénatrices a minima (à suivre)

Lire les résultats d'une élection et les commenter, c'est un métier. Pas celui de Fanchon, mais elle a de bonnes raisons de le faire quand même : commenter les commentaires.

Béatitude depuis dimanche : "22 % de femmes élues au Sénat". La règle semble être de se réjouir d'une si grande victoire ; mais victoire de qui ? celles (et ceux) qui ont gagné un siège, c'est sûr.
Mais où est la victoire de la démocratie quand l'objectif de parité aboutit à 22 % ? ça ne devrait pas être aux environs de 50 % ?

Bravo au PC qui a maintenant au Sénat un groupe paritaire, qui est depuis des années présidé par une femme (comme le parti lui-même) : Hélène Luc, puis Nicole Borvo-Seat.

Pour le reste, il a fallu le communiqué de l'Observatoire de la parité pour que cette note voie le jour, après bien des hésitations : il confirme enfin que Fanchon n'avait pas fait d'erreurs de calcul.

Une rapide revue de presse permet de retrouver partout ces 22 % de femmes au Sénat.
Bien sûr on arrive à ce pourcentage sur l'ensemble de la Haute assemblée : 75 sénatrices pour 343 sièges, soit 21,865889 ou 21,87 %. Ce n'est même pas 22….

Mais restons-en à dimanche pour considérer nos 18 élues (face à 96 hommes) ; la moindre calculette livre son verdict 18/114 = 15,78974 % On aura beau dire, ça n'atteint même pas 16 %.
On peut juste noter le progrès puisque cette série venait de bien pis : 3/101 (2,97 %) ; et comme aucune des 3 sortantes ne se représentait, le progrès n'est que de 15..

Si une comparaison est possible, c'est avec les deux "séries" précédentes, renouvelées depuis la loi de parité. Rappelons donc que la série B, en 2001, avait fait élire 22 femmes/102 (21,57 %) ; et la série C en 2004 : 31 /128 (24,22 %).

Qui osera parler de régression ? Demain la Parité ne manquera pas de publier bientôt les analyses intégrales, et elles sont attendues avec impatience… Pour l'instant fanchon se rappelle juste l'élection de 2004 : le président Poncelet se sentait féminisé et fier de le proclamer. Il avait découvert que son Sénat atteignait "17,2 % de femmes, au lieu de seulement 12,2 % pour l'Assemblée nationale". Pas grâce à lui, surtout après avoir accepté avec enthousiasme les restrictions à la loi parité ("scélérate" pour lui) apportées par Raffarin.

Mais quoi qu'on dise de ce président sortant, il avait le sens de la communication : c'est sa comparaison avec l'assemblée concurrente qui s'impose partout comme critère de résultat, au lieu du nombre, tout simplement... honteux.

Heureusement, le dernier mot reste à la communication (et à l'humour) des femmes : elles ont profité de la journée du patrimoine - ce que nous ont légué nos pères - pour aller dans la file des visiteurs jusqu'à l'hémicycle "interdit". Arborant des barbes, elles étaient 15, pas moins que les sièges gagnés le même jour !

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vendredi 2 mai 2008

graves et barbues

Comme l'a dit Yves Calvi en fin de son C dans l'air du 1er mai : "et nous sommes cinq garçons sur ce plateau". Sans ouvrir beaucoup l'œil, on pouvait ajouter : et cing garçons seulement, entre eux ! (Pour parler des centenaires, normal...)

Pour une fois, c'est lui qui le disait. Mais son absence de gêne explique que l'exclusivité masculine des débats devienne une habitude dans son émission. Il suffit de récapituler tous les génériques de ces derniers mois pour faire le constat : quel que soit le sujet, il n'y a pas de femmes capables d'en parler, pas de femmes spécialistes. Apparemment.

La tension monte chez les téléspectatrices un peu conscientes, dans les associations, mais aussi chez beaucoup d'hommes, frappés de voir l'homogénéité croissante des émissions-débats à la TV : où sont passées les femmes dans les médias ?
Merci aux Caroline Fourest et autres courageuses qui arrivent à braver des horaires peu familiaux, peu compatibles avec une activité professionnelle ordinaire ; mais ce n'est pas qu'une question d'horaires.

Car cette absence aux niveaux les plus visibles, aux niveaux du pouvoir politique et économique, n'a fait que s'aggraver depuis 5 ans. Heureusement, cela ne perturbera pas trop le gouvernement, où il n'y a plus de ministre, ni des droits des femmes, ni - encore moins - de la parité... (fanchon en reparlera prochainement)

C'est contre ce vide que manifeste "La Barbe", groupe d'action féministe créé le 8 mars dernier. Elles ont d'abord barbé les femmes virtuelles de nos symboles républicains, pour lancer leur manifeste : (extrait)

Que la Barbe des femmes soit le signe de leur volonté de résister à l’hégémonie masculine et de rendre visibles et ridicules toutes les situations d’inégalité entre hommes et femmes.

Et maintenant, elles assument de paraître avec un collier de barbe postiche dans un Conseil d'administration de grande société. Courage, les filles ! mais il n'est pas mauvais de prédire ironiquement dans le cénacle du CNCC : "Demain, si vous n'y prenez garde, vos caissières siégeront au Conseil d'administration !" Voilà un acte de solidarité avec les grévistes de la grande distribution.
À noter qu'il a fallu une femme au JT de 13h de France 2, Élise Lucet, pour faire écho à cette action (et l'info a été donnée aussi par Médiapart)



Et fanchon envoie ce clin d'œil à une nouvelle cheffe d'opposition municipale, grossièrement traitée par son maire prétendument de gauche, et qui pour sa première prise de parole au micro - a eu comme réponse: "Et si vous ne parliez pas dans votre barbe, Madame ?"