dimanche 21 février 2010

La Barbe chez les notables en Yvelines

Stupeur vendredi matin à Versailles, quand le Conseil général des Yvelines, réuni à l'Hôtel du département, a vu arriver silencieusement un groupe de femmes barbues. Calmement elles ont montré aux élus leur message habituel : des panneaux dans le style cinéma muet portant les mentions louangeuses "Félicitations", "Chapeau", et leur signature "La Barbe".

Cette association est maintenant bien connue, mais pas encore assez de ceux qui en font les frais : généralement des colloques ou séminaires bien masculins, des AG d'actionnaires sans femmes. Cette fois il s'agissait d'une assemblée élue, exemplaire du présent, mais aussi d'un futur probable.

Le Conseil général des Yvelines compte 39 sièges, occupés par 35 hommes et 4 femmes. Son décor n'a pas bougé en plus d'un siècle. Sa composition n'a pas encore été bousculée par la parité - oh, le vilain mot !

Les Barbes l'avaient choisi comme emblématique et à l'image de ce que risque de produire la Réforme des collectivités territoriales, dont le vote avance progressivement au Parlement. Invitées par Elles aussi, elles sont donc venues présenter leurs félicitations (narquoises) habituelles aux hommes qui savent si bien résister à la féminisation... Le bureau exécutif du Conseil général est exclusivement masculin (11 vice-présidents) et la Commission permanente compte 22 hommes parmi ses 24 membres.

Ce n'était pas un commando Greenpeace bousculant un débat démocratique. Et bien sûr les agents de sécurité ont été appelés à vider vigoureusement les intruses, qui n'ont pas "offert" de résistance.
Mais le président d'une assemblée aussi mal composée aurait pu s'interroger sur les raisons de cette intrusion. Par le plus grand des hasards, le public était nombreux, avec des dizaines d 'élèves/filles d'un lycée ; et les élus, dépassés par le nombre, n'avaient jamais vu autant de femmes en ces lieux !

Mais le président Alain Schmitz - qui a remplacé P. Bédier en évinçant Mme Boutin (excusée ce vendredi) - a su faire preuve de toute l'autorité requise. Considérant ces femmes ridicules sans y voir des citoyennes, il a décrété que "Mardi gras, c'est fini" et on a procédé à l'expulsion.

La Barbe fait le constat d'une de ses opérations les plus vite bouclées... Sans les contacts avec des journalistes plus curieuses (AFP...), on n'en aurait rien su. Heureusement reste leur site !

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