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jeudi 18 mai 2017

en 2017 quand le pouvoir rajeunit, quelle parité pour les femmes ?


À tête reposée, et ayant pris connaissance de divers commentaires, on peut considérer ce gouvernement d'une autre façon. La parité, réclamée par les féministes depuis 25 ans maintenant, était un peu de l'arithmétique : bien sûr 50/50 pour la composition de groupes et assemblées (pour toutes les raisons bien connues). Mais tout autant une égalité réelle dans le pouvoir.
En 2017, c’est principalement la gauche qui a fait évoluer les textes et les institutions, pour parvenir à cette égalité. Quitte à devoir parfois remmailler ce que certaine droite, à l’occasion, avait détricoté en douce : il suffit parfois de changer un mode de scrutin pour régresser (un 31 juillet 2003, Raffarin et Sarkozy par exemple).

Question arithmétique, l’unanimité des commentaires s’est faite depuis hier soir sur la parité dans le nouveau gouvernement : elle y est, SI« si l’on exclut le Premier ministre ».
Et personne ne rit à l’idée d’exclure du gouvernement… le Premier ministre du gouvernement ! Évidemment un nombre pair est plus facile à diviser par deux pour calculer l’égalité : 22 ministres, cela représente bien 11 femmes et 11 hommes.

Mais le gouvernement est composé de 23 personnes – nombre que quelqu’un a bien choisi, de préférence à 22… Pour les ministres, on en compte 19 (sans les 4 secrétaires d’État ). La moitié ne pouvant être 9,5  on sait que la parité se fera donc à 10 + 9 ; et devinette : qui se contentera des 9 ? les femmes, bien sûr. Donc : 9 femmes/10 hommes, même si du côté hommes la balance penche déjà fort, avec le Premier ministre, plus 3 ministres d’État.

On ne saurait donc mieux dire que TV5Monde en parlant de parité bien tempérée.
Nous avions toutes souhaité croire aux convictions du Président que nous avions choisi (pour rejeter une femme indigne) : son âge est pourtant celui où les hommes comprennent le  féminisme… Mais le renouveau n’est pas pour tout le monde.

Cela nous pousse d’autant plus à encourager ces 11 femmes qui vont sans doute essuyer le gros temps que la météo politique nous promet. Mais elles sont toutes de qualité ! Et elles visent plus au travail et à l'efficacité, qu'au prestige qui pèse tant dans l'autre plateau de la balance...

jeudi 28 juillet 2016

l'émotion et la douleur entre les attaques

Les attentats se succèdent et nous ne nous en étonnons plus : chaque matin nous savons qu'un fou peut faire couler le sang humain, que des médias en feront leur sujet de commentaires, que certains politiciens en feront leur miel mauvais.
Et pourtant nous sentons, nous savons, nous voyons que nous tous, les citoyen.ne.s, nous allons tenir bon, essayer de travailler normalement, de partir en vacances, nous parler, rire et sourire aux terrasses ensoleillées - et expliquer tout cela à nos petits enfants qui sont aussi devenu.e.s des victimes à nos côtés.

Les Françai.se.s, mais aussi tous ceux, toutes elles qui vivent sur notre sol, nous avons compris que l'esprit du mal veut nous diviser en tuant, mais surtout nous diviser dans nos réactions. Ils attaquent notre devise Liberté Égalité Fraternité - mais nous y tenons ensemble.
Ensemble est un slogan politique souvent utilisé, mais aujourd'hui nous pouvons en mesurer le poids.
Le dernier meurtre a été commis dans une église, contre un prêtre en pleine pratique de son sacerdoce - mais on dirait qu'une communauté catholique aurait subitement pris conscience d'être devenue une cible.

La solidarité exprimée par les autres "communautés" religieuses souligne aussi ce communautarisme que la France refuse. Les attaques sanglantes contre la France telle qu'elle est, telle qu'elle vit, ont déjà prouvé que nous n'avions pas pris en considération les communautés victimes : les massacreurs de Charlie, du 13 novembre, de Nice, ont frappé aveuglément sans distinction, et la solidarité a été entière sans distinction de religions. Pourquoi aujourd'hui la communauté catholique devrait-elle se sentir visée pour la première fois ?
Notre pays a été solidaire lorsque des musulmans ont été victimes depuis même Toulouse, et aurait dû le manifester encore plus, sans se douter qu'il faudrait autant insister.

jeudi 26 mai 2016

un mâle, deux mâles, deux mots, des maux


La tension continue de monter.
D’un côté, cette ardeur que dans les yeux je porte,
En face une moustache et le muscle de tous les militants mobilisés, à bloc : c’est tout ou rien ! jusqu’à la bombe, pourquoi pas, puisqu’on en a la douloureuse expérience, déjà…



Qui va compter les points ?
À moi, Comte, deux mots…
Oui, le peuple français est le peuple le plus intelligent de la terre. Voilà pourquoi, sans doute, il ne réfléchit pas. (Edgar Faure, homme politique du XXe siècle)

Au milieu ce Peuple français, qui doit suivre de la tête les coups renvoyés, comme à Roland-Garros. Et qui essaie de comprendre. Quand les questions posées sont sommaires, forcément les réponses sont simplistes. Une radio populaire interroge deux auditeur/trice/s : pour les deux « on n’y comprend rien », et on résume pour aller au plus facile : on est contre.

Logiquement, il faut comprendre. Qui peut expliquer, en mots simples, un texte qui mérite d’être compris avant de mettre le pays à feu et à sang, sans diesel ni kilowatts ?
Qui sera interprète, traducteur, intermédiaire, truchement ? On pourrait imaginer que ce soit le rôle des médias, comme leur nom l’indique.
Il s’agit d’adapter le Code du travail à notre temps, et les mesures sont nombreuses, pas si simples à faire comprendre. Certains s’y sont essayés, dans la presse, comme Le Monde, 20mn, Metronews, ou les sites des télés, France-Télévisions, tf1...
Malheureusement, ces explications ne sont pas accessibles à tous les publics ; dans ce cas il est plus facile de balancer gros, rustique, sommaire – et en donnant son opinion en même temps, car l'objectivité c'est difficile. La plus simple dans ce cas : c’est non, le plus pessimiste. Et le non sert d’outil politique.

On en revient aux muscles, à l’affrontement.
Et là bien sûr, c’est où les mecs, les vrais, sont les plus forts… On balance qu’on ne changera rien ; on bloque les routes, les stations d’essence. Et le blocage des médias, pratique pour empêcher d’expliquer !

Peut-on souhaiter une autre manière de dialoguer ?
Faut-il espérer qu’on s’écoute des deux côtés ? Comment expliquer ce jeu de rôle aux enfants, que les adultes sont censés éduquer par l’exemple ?
Car dimanche, ils vont fêter leurs mamans – au mépris de ceux qui snobent cette fête « pétainiste ». Et aller voir Mamie, qui les attend comme chaque année, si on a pu faire le plein d’essence…

Et voilà où on retrouve les femmes ! qu’est-ce qu’elles en disent les femmes, est-ce qu’on leur demande leur avis, en politique ? Une seule, ministre, a été chargée de porter le fardeau, de prendre les coups. Et elle a du cran, salut !
 
  
Myriam EL KHOMRY
 Attendons la semaine d'après, beaucoup plus importante : rendez-vous avec le seul Euro qui compte : le foot ! (entre mecs, tiens)

vendredi 15 avril 2016

le repos d'un grande révolutionnaire pour les femmes

En cette circonstance triste, Fanchon se permet de personnaliser.
C’est une triste nouvelle que je viens de recevoir. Je sais que ma génération a commencé de disparaître (et moi-même… je ne vois plus beaucoup les amies, ce que je regrette).

C’est une grande figure féministe dont le HCEfh annonce le décès aujourd’hui. Et je ne me donnerai pas le ridicule de dire ce que Maya Surduts a représenté pour toutes les femmes – vous le savez déjà ; juste que j’ai toujours admiré son action quotidienne courageuse auprès des celles qui étaient les plus en difficulté.

Et puis nous avons vécu de grands moments avec elle, avec le Réseau Femmes et Hommes pour la parité, il y a déjà près de 20 ans.
Vous avez sans doute expérimenté sa force militante,  son autorité efficace, et une sorte de radicalisme par rapport à Elles aussi, dont j'avais été désignée porte-parole.  Mais nous avons eu un jour la surprise merveilleuse de voir Maya se présenter à un de nos Forums (mairie du 12e si je me souviens bien).
À la tribune elle a expliqué (comme de nombreuses féministes des années 70) ne pas avoir vu l’intérêt de se battre sur le terrain politique ; mais elle réalisait que le combat de la CADAC serait sans fin s’il n’y avait pas de femmes élues, en nombre suffisant pour faire avancer les droits des femmes. Et aussitôt son réseau a rejoint le nôtre, jusqu’au Congrès de Versailles en 1999, puis au vote des lois pour la parité.

Nous n’étions pas naturellement d’accord sur tout, mais j’ai le souvenir amusé d’avoir vu tomber une barrière : alors que nous devions rédiger ensemble un texte à soumettre au réseau, je suis arrivée dans la soupente du bureau de Maya, alors qu’elle râlait contre son ordi, et à cause d’un problème de téléphone. Veine et miracle, j’ai trouvé les solutions ; et nous avons écrit ensuite très facilement, l’entente était née pour longtemps.

Je suis très fière et heureuse de l’avoir rencontrée, alors que ma jeune sœur 68arde avait milité bien plus tôt à ses côtés….
Et mon amie Sylvie, alors présidente de l'UFCS (Union féminine civique et sociale, que des gros mots !), vient de me dire qu'elle partageait la même peine, même si sa vue l'empêche de participer:
"combien Maya a fait partie de nos combats, avec les féministes de la première heure … nous petites UFCS  plus timides, mais convaincues qu’il fallait en prendre de la graine ! même si nous n’étions pas d’accord sur tout – comme tu le dis – c’était extrêmement enrichissant de les voir travailler et les prises de position de l’UFCS pour la parité en ont été nourries.
La photo de Maya est absolument magnifique !  J’espère qu’elle a eu des ami-es pour l’entourer car je ne sais pas jusqu’à quand elle a encore milité et dans quelles conditions elle est décédée …"



Des hommages lui ont été rendus, à gauche bien sûr avec la ministre Laurence Rossignol :
« Depuis déjà plusieurs semaines, sa santé nous préoccupait, a réagi la ministre des droits des femmes, dans un communiqué. Il y a tout juste huit jours, pour l’adoption définitive de la loi sur le système prostitutionnel, toutes les féministes étaient rassemblées et son absence occupait tout l’espace. »

Le Haut Conseil à l'égalité f=h avait aussitôt annoncé son décès. Et bien sûr, même ELLE, parmi d'autres infos...

Un jour où nous entrions ensemble au Ministère de la Parité, pour une réunion avec Nicole Ameline (si rare convaincue à droite !), elle rigola franchement de mon interpellation : Maya ! mais tu t'embourgeoises !.
C'est vrai que fidèle à sa croyance révolutionnaire, elle avait  aussi fière allure, magnifique en tout, y compris sa voix.
Il faut craindre que les jeunes générations de féministes ignorent pourtant tout ce qu'elles lui doivent.

Repose en paix, Maya ! (mais le peux-tu vraiment ?)

mardi 10 mars 2015

en France, que font les femmes en politique ?


Au lendemain d'un 8 mars, Journée internationale des droits des femmes encore si nécessaire partout dans le monde, on doit s'interroger sur la vie politique française.
Depuis plus de 20 ans des féministes sont arrivé-e-s à faire comprendre et admettre la "parité", au sens de l'égalité réelle - en nombre - entre femmes et hommes en politique : cheminement difficile, consacré et soutenu par la modification de la Constitution, puis le vote de lois à l'aube du 21e siècle. Et le chemin n'est pas fini.

 
Il a fallu une législation pour contrer des comportements hostiles aux femmes, pour obliger les partis politiques à réduire le nombre des candidats toujours masculins – ceux "qui n'ont pas démérité" au point de céder des places ! Il a fallu des débats, des discours, des campagnes pour faire entendre qu'une femme en politique était "légitime" jusqu'au plus haut niveau.

Et le plus grand parti, qui se dit féministe, qui a fait voter toutes les lois les plus essentielles à l'égalité, ne s'est même pas affligé de l'échec de sa candidate à une présidentielle. Première femme arrivée au second tour, portée par le plus grand nombre de millions de suffrages à gauche jamais obtenus, Ségolène Royal avait entrainé les foules les plus diverses (hommes et femmes, jeunes et vieux, ouvrier-e-s, employé-e-s, cadres, intellectuel-le-s) : moquée par ses propres camarades, par des concurrents parfois vainement idolâtrés, cette femme a dû admettre que toutes ses qualités, ses compétences n'étaient rien face à la dureté de cette vie politique.
 

Hier encore, le sourire courageux de la femme debout accompagnait la confirmation qu'elle devait "renoncer" à porter la responsabilité la plus haute dans la République – face à l'inélégance de son interviewer (à 7:47).

Mais pendant ce temps, une autre femme monte dans les sondages politiques. Avec un programme que ne supporterait aucune démocratie, elle ne convainc pas vraiment, mais elle se montre partout, et les médias l'invitent sans même donner du sens à sa candidature. Juste que dans une démocratie fatiguée, blasée, l'abstention d'une majorité de citoyen-ne-s renforce les pourcentages qu'obtient son parti à chaque élection. En Europe (son ennemie pourtant), la dame "brune"  a semé, comme elle a récolté deux députés et un sénateur ; on dit que sa moisson va prospérer dans nos départements, nos régions. Les Français ont pourtant l'exemple terrible que donnent ses adeptes dans plusieurs mairies.
Ces maires exemplaires, ce sont des hommes. Et le mouvement qui leur donne sa flamme mauvaise a été fondé par un homme, affichant sa mâlitude comme un épouvantail pour la démocratie.

Mais voilà, ce chef depuis 50 ans devait se trouver un successeur ; pas question de le faire élire par les partisans : c'eût été un peu trop démocratique… De sorte que l'hérédité a tranché : une de ses blondes filles a repris la main.
Et elle avait tout compris, l'héritière. Avocate comme son père, elle savait bien parler. Maligne, elle l'avait bien écouté, pour en tirer les leçons. Pas de gros mots, toujours des slogans-chocs qui plaisent tant dans les pubs et la com. Avec une garde-robe chic à la mesure de ses gros moyens. Et surtout elle a choisi ses cibles de com : les jeunes, et tous ceux qui se croient abandonnés - quand le pays est en crise. Cibles faciles, hélas.
Enfin, c'est une femme. Elle a vu que les jeunes, et tous ceux qui souffraient de la crise, ils et elles avaient failli donner la victoire à une autre femme, en 2007. Elle a compris que 80 % des Français (en 1995 ; 94% en 2015) sont prêts à changer pour une PrésidentE de la République : l'analyse (p.5) du dernier sondage de BVA est très intéressante. Et MLP ne va pas se priver d'en tirer profit – ce que n'ont même pas essayé les autres partis politiques… À nous citoyens de nous réveiller.



Ségolène Royal aujourd'hui, comme d'autres collègues compétentes et courageuses, "se contente" de travailler dur pour aérer notre planète, pour contrer une crise qui dévore son pays, pour changer l'ambiance détestable qui ronge la classe politique, qui désespère les habitants de la France, qui fait s'abstenir les électeurs. Habituées à bosser pour réussir leurs tâches, Royal comme Taubira, comme Najat, ne visent qu'à laisser leur pays dans un état meilleur que celui où leur Président l'a reçu en 2012.
Et si tous les hommes politiques de gauche s'y mettaient aussi, sans se tirer dans les pattes pour être toujours LE premier ?

dimanche 22 février 2015

une femme dans l'avenir de la planète

À la fin de 2015, la Conférence internationale sur le Climat se réunit à Paris. La ministre de l'Écologie, de la transition énergétique et du développement durable a reçu LCI pour expliquer la mission qu'elle se donne :

http://lci.tf1.fr/politique/bureau-politque-decouvrez-l-antre-de-segolene-royal-8568160.html


mercredi 14 janvier 2015

Wolinski tel que face à nous-mêmes

extrait d'une Lettre ouverte de Georges Wolinski à sa femme Maryse (1978)

 ... Finalement, nous sommes assez fiers d’avoir des femmes féministes. Elles sont pour nous un label d’intelligence et d’ouverture d’esprit. Je suppose que certains Romains devaient affranchir leurs esclaves pour des raisons similaires. J’ajouterai que le féminisme, après tout, vous occupe, vous donne du travail – un travail que vous n’enlevez pas aux hommes. Vous écrivez des bouquins dans lesquels vous dites ce que vous pensez de nous. Vous faites des journaux sans mode pour que l’on vous prenne au sérieux. Vous luttez, vous manifestez, vous vous agitez, vous vous indignez. Vous vous moquez de nous. Oui, cela vous occupe. Et vous évite peut-être de penser et de réfléchir à la société que vous aimeriez. Et à toutes les barrières de préjugés que vous trimballez.
Réfléchissez à ce que veut dire vraiment une société de femmes où les hommes et les femmes partagent également les tâches et dites-moi si c’est ce que vous recherchez.
Le féminisme comme l’écologie rassemble des gens de tous les bords. Comme l’écologie, il ne signifie rien sans le pouvoir politique et l’influence qu’il peut avoir sur lui. Comme l’écologie, il est générateur d’espoir devant la prise de conscience qu’il indique et de désespoir devant l’ampleur du problème à résoudre.
Les femmes sont injustement traitées sur notre planète. Elles sont mutilées, asservies, considérées comme des pondeuses et des bêtes de somme.
Je les ai vues trimer dans le désert pendant que les hommes buvaient le thé à la menthe, assis à l’ombre. J’ai vu pratiquement la même chose sous le ciel gris parisien ou dans nos campagnes.
Oui, tout cela doit changer. Je compte sur toi et tes petites amies. Le phallocrate que je suis a le cœur serré en pensant à toutes ces femmes malheureuses qui n’ont pas la chance d’avoir un mari aussi gentil que le tien.
Georges Wolinski
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samedi 29 novembre 2014

merci, madame !

Merci à toutes et tous de ne pas participer à la manipulation des adversaires de Simone Veil : après s'être opposés au vote de la loi pour l'IVG, il y a 40 ans, ils n'ont jamais cessé de la harceler avec les pires injures.
Et depuis le téléfilm de France 2, qui a rappelé l'Histoire, avec ce rappel du long combat des femmes, on voit ressortir une vieille photo calomnieuse de janvier 2013.
Oui, on a pu voir M. et Mme Veil dans la rue de la manif contre la loi Taubira, tenant à la main, de façon pitoyable, un petit drapeau des réacs. C'est le JDD qui s'est permis une telle publication.
Non, ce n'était pas crédible ! Simone Veil a perdu peu après le compagnon de sa vie; et sa famille la protège désormais de démarches et manipulations mensongères.
Si vous êtes de gauche : oui, Simone Veil est une femme politique de droite. Mais elle a dépassé tous les clivages, par sa vie exemplaire et son courage.
Aidons-la nous aussi, de même qu'elle a été solidaire de toutes les femmes.
Il faut démentir cette manœuvre honteuse.
Merci Madame ! Vous avez mérité de vous reposer.
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vendredi 22 août 2014

détournement de mineur-e-s vers l'enfer

Pour un politique américain, le djihadisme est le pire terrorisme qu'on ait connu. Merci on avait besoin d'un tel spécialiste pour faire ce constat : des exécutions abominables s'ajoutent à des guerres absurdes, dont on ne connaît même pas les auteurs, masqués. Ces guerres, d'abord clandestines, se sont répandues en Afrique centrale, au Moyen-Orient ; on s'attend que les attentats-surprises gagnent la planète entière. Amorcé en France dès mars 2012, à Toulouse par exemple, c'est un mouvement effrayant que le monde constate aujourd'hui : un détournement de mineurs, garçons et filles, à peine adolescents. Pères et mères de familles en sont à signaler à la police leurs propres enfants, fugueurs vers des horizons sanglants - à la fois meurtriers et suicidaires.
Une question terrible étreint ces parents : qu'avons-nous fait pour que nos petits se détachent de nous ?

Comment ont-ils/elles pu fuir l'amour que leur portaient leurs familles ? Pourquoi se sont-ils cachés pendant qu'on les endoctrinait à l'insu de la société ? Où est l'échec dans l'éducation que nous leur avons donnée ? Pourquoi ont-ils cherché et trouvé leur idéal dans le pire obscurantisme, dans la violence barbare ?
Voilà des années que la société française glisse progressivement dans la violence. Bien sûr on a dénoncé - parfois à l'excès - celle qui paraît dans les faits divers, guère plus nombreux ; mais souvent plus brutaux, voire inhumains.
Des politiques en France - mais sans doute aussi dans nos démocraties voisines - s'accusent réciproquement d'avoir permis cette violence où dérivent les jeunes.
Mais voilà une bonne décennie qu'en France les discours, les actions politiques ont tourné à la brutalité, à la réaction irréfléchie. Quand au sommet de l'État a été élu un président prompt à dénoncer, à réduire ses mots aux pensées les plus sommaires, nous étions nombreux, nombreuses, à nous sentir nous-mêmes gagnés par l'énervement : "Il suffit que je vois Sarko à la télé pour me sentir aussi agité que lui !" - même Fanchon l'a éprouvé...

Un responsable politique qui divise la société en catégories opposées les unes aux autres, au lieu de la rassembler - ce qui est le rôle du président de la République -, et l'on ne peut plus s'étonner qu'une moitié des citoyens considère l'élu successeur comme illégitime dès le début de son quinquennat. Même si les équipes perdantes donnent le spectacle de leurs échecs, de leurs divisions, de leur impuissance, voire de malhonnêteté. Dans la foulée on a vu des minoritairess extrémistes manifester contre des lois votées, eux qui élevaient leurs enfants dans la foi de la discipline et de l'ordre. Cela a duré des mois avant l'échec de leurs slogans dans la société française.
Mais Papa-Maman ont donné un exemple désastreux, amenant même leurs enfants dans la "résistance" à la vue de tous.

Ce n'est évidemment pas de ce clan que partent les jeunes que détournent les barbares ; mais tous les jeunes - beaucoup plus instruits et diplômés qu'autrefois, plus mûrs - peuvent réagir au spectacle que leur donne notre société. Comportements incohérents uniquement dictés par le fric (dans le sport professionnel, l'économie, etc), disputes stériles pour le "pouvoir", impression d'impuissance à diriger les événements, et voilà les plus vulnérables qui suivent des "guides spirituels" d'occasion. Vers notre mort à tous.
Interprétation de fanchon ? comme d'habitude... En fait le monde est dirigé par des "papas" - qui n'ont pas fait leurs preuves ; et s'il y avait plus de respect pour les "mamans" ? si elles participaient un peu aux décisions ? Pourquoi, malgré le souvenir atroce des guerres passées, la résolution des conflits par la diplomatie échoue-t-elle en "faveur" de nouvelles guerres ? Il est effrayant de constater que des jeunes filles choisissent la violence extrême quand l'avenir ne leur donne pas d'espoir ; autrefois, dans les guerres, des femmes obtenaient le Nobel de la Paix...


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mercredi 16 avril 2014

Michel, Philippe, Alain, Patrick et pas beaucoup d'autres prénoms

Pour établir les statistiques de la parité après les municipales de 2014, il faut utiliser les données recueillies par le ministère de l'Intérieur : c'est au moment du dépôt des candidatures que chaque liste remet les formulaires Cerfa, détaillant les caractéristiques personnelles et socio-professionnelles de chacun-e.
Le moment du dépôt en préfecture est d'ailleurs décisif : la tête de liste peut se voir refuser son enregistrement si l'alternance femme-homme (mais plus souvent homme-femme) n'est pas respectée ; même mauvaise surprise au moment du dépôt du bulletin de vote si par étourderie deux lignes ont été interverties : il faudra retourner à l'imprimerie. Cette année la loi s'appliquait aux communes d'au moins 1000 habitants ; elle a donc permis l'élection de 40 % de femmes (seulement 34,8 % en 2008, 20 % en 1995). Si un article du Monde constate une forme d'échec, fanchon la parité - habituée aux mauvais résultats d'antan - note quand même la progression légère des résultats, depuis le début des années 1990, quand on ne savait même pas si les candidats et élus était des hommes ou des femmes (rares)...


Anecdotiques, les prénoms des élus ? il révèle pourtant une donnée explicite : Michel, Philippe, Alain, Christian, Patrick et - à la limite du doute (mais non !) Dominique - ce sont des hommes !
Et si l'on croise ces prénoms avec des données démographiques, la représentation de notre population est vite faite pour ces élus : ces 5 seuls prénoms sont portés par des hommes âgés de 51 à 65 ans, le pic de leur naissance étant pour la plupart les années 1950. Belle jeunesse !

Heureusement la diversité culturelle est apportée par nos Outre-mers, avec même - ô miracle - deux prénoms de femmes : Nicole (Wallis-&-Futuma) et Fatima (Mayotte), les seuls de l'ensemble national.

lundi 7 avril 2014

victimes et chantages politiques

Changement de gouvernement sous la pression générale, satisfaction des Français qui espèrent un vrai changement à cette occasion : le Président Hollande serait sur le bon chemin ? que non ! des clameurs s'élèvent chez ceux qu'on devrait considérer comme gagnants. Les écolos, qui soudain ne veulent pas contribuer à une politique écologique qu'ils demandent ; des députés socialistes qui devraient se rassurer que leur majorité soit moins menacée. Il paraît que cette double réaction n'a pour objectif que l'espoir de la prochaine élection - comprenne l'électeur-électrice qui pourra !

En attendant le "vote de confiance" à l'Assemblée nationale demain, le nouveau Premier ministre, spécialiste de la fermeté affichée, est obligé de négocier, sous la menace d'une épée de Damoclès et de ses "amis" socialistes de gauche. Plus à gauche qu'un autre socialiste, tu meurs : c'est la mode, sans qu'on sache ce que signifie vraiment cette concurrence d'étiquette. Et ce que va dire Manuel Valls, nul ne sait encore si ce n'est pas de gauche...

Tout de même fanchon la parité, qui ne se targuerait pas d'être une politologue avertie, se réveille ce matin avec une petite idée. À lire les noms de ces vertueux parlementaires, le souvenir lui revient d'épisodes antérieurs, où certains ont déjà fait rouler leurs petits biceps de gauche. Y aurait-il une suite logique ?

Il y a seulement 13 ans, en 2001, le journaliste Renaud Dély moquait un groupe de "jeunes" ambitieux, qui s'en prenaient à la "philosophie de la parité" comme cause de leurs maux : ils allaient perdre la moitié des sièges auxquels leurs carrières auraient pu prétendre, mais qu'ils devraient laissser à des femmes. Comment à 26 ans, peut-on vivre un tel deuil annoncé ? Les 4 pauvres signataires de ce texte (égaré depuis, et seulement évoqué dans l'article de Libé) ont tout de même survécu, et pas dans les soutes du PS.
On les retrouve un peu plus tard, victimes à nouveau déclarées de la grande défaite des municipales, battus dans leurs mairies : ah ! ils avaient donc pu être choisis comme candidats, puis élus dans l'intervalle ?

Mais ils ont senti le boulet du canon, et comme député - ah ! il avait donc pu être choisi comme candidat, puis élu député ? (comme moins de 29% de ses collègues femmes à l'Assemblée nationale) - Laurent Baumel rappelle maintenant au pouvoir exécutif que les parlementaires veulent être réélus la prochaine fois...
Coïncidence : il était le signataire principal de l'appel de 2001 - quand le Conseil national désignait les candidats aux sénatoriales ; mais avait mis de l'eau dans son vin de gauche quand des sénatrices sortantes avaient répété en chorale une Marseillaise moqueuse ("nous entrerons dans la carrière quand..."). Puis  pauvre "gueule cassée" des municipales... (évocation indécente du passé de notre pays il y a cent ans)
Encore une coïncidence, anecdotique : 155 c'est à la fois le nombre de députéEs élues en 2012, et le nombre de villes perdues par le PS en 2014. Passons...

Ce qui est moins anecdotique, c'est l'arrivée dans ce gouvernement d'une personnalité qu'on appelle médiatique : mais Ségolène Royal est surtout une femme politique, sur laquelle le gouvernement compte. Et dans le domaine que les écolos d'EELV n'ont justement pas voulu.
Le rapport avec Laurent Baumel ? il suffit de lire sa biographie, confirmée même par la référence Wikipedia. Clairement, ses engagements successifs dans le PS, mais souvent à la limite ou dehors, ne sont pas d'un féminisme échevelé ; et 2008 souligne bien son opposition à Ségolène Royal.

Une différence entre eux saute aux yeux : la nouvelle ministre de l'Écologie a payé cher une défaite bien organisée dans son parti. Mais elle est présente pour aider son gouvernement, son parti en difficulté - qu'elle a toujours soutenu au fil des années.

On ne peut en dire autant de ceux qui profitent des difficultés de la gauche pour renforcer leurs carrières sinueuses, voire au prix du chantage. C'est ça, être un mec de pouvoir : quel talent ! jusqu'où monteront-ils ?

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samedi 8 mars 2014

la parité et autres rappels pour une journée vite passée

Si fanchon a toujours mis la parité en avant, c'est que la démocratie est une priorité : des femmes partageant le pouvoir politique pourront ainsi obtenir des réformes indispensables, puis veiller à leur application.
Une décennie de régression s'est achevée en 2012, et il faut saluer la ténacité de la jeune ministre qui multiplie les initiatives, pour ancrer les progrès qu'elle essaie d'obtenir. Tous les témoignages recueillis pendant ce 8 mars vont dans le même sens : la situation n'est pas bonne, mais les jeunes femmes ont compris que la solidarité est indispensable.
Belle illustration, au-delà des fleurs et compliments de circonstance (sans illusions !), ce clip offert par Inna Modja - cadeau !
Car même à côté de la précarité, des salaires et des retraites indignes, il y a la violence physique, que ce soit la vie dans la rue, ou la force brute des viols - utilisés maintenant comme arme de guerre partout dans le monde. On ne sait plus comment mesurer l'horreur...

Bonne fête à toutes !
Alors tout de même, une autre moment de fête, bouleversant avec le talent de deux dames si bien, entre deux générations  :
Merci.
PS. avec une pensée supplémentaire à Simone Veil.
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samedi 22 février 2014

disparition d'une féministe

On apprend ce soir avec peine le décès d'Antoinette Fouque, une des grandes féministes qui ont si bien marqué le militantisme du demi-siècle écoulé.
Psychanalyste, Antoinette a participé à toute la vie intellectuelle et il serait difficile de rapporter ici toute sa carrière. La photo ci-dessus symbolise bien son activité comme éditrice : le 22 novembre dernier, elle publiait encore un grand Dictionnaire universel des créatrices, toujours soucieuse de rappeler le rôle des femmes, si souvent oubliées dans le monde médiatique. Ayant fondé les Éditions des femmes, elle continuait en parallèle à peser dans le monde militant et politique - n'oublions pas qu'elle fut même députée européenne. Également présidente de l'Alliance des femmes pour la démocratie (AFD), malgré la maladie qu'elle combattait depuis longtemps, elle était entourée d'amies qui lui étaient dévouées. Ensemble, elles avaient activement soutenu la campagne présidentielle de la première candidate finaliste d'une élection présidentielle, Ségolène Royal, en 2007.
C'est donc à Michèle (et Michelle), Yvette, Christine, Anne-Marie, Annie, Laurence, Catherine, Élisabeth, que pense aujourd'hui fanchon la parité , pour les avoir rencontrées à l'AFD, dans le pluralisme politique d'Elles aussi. Qu'elles sachent leur peine partagée.

Le souvenir ne peut être oublié d'une conversation au téléphone, qui pouvait durer une heure, et ressemblait plus à un exposé philosophique dont on se sentait honorée. Mais aussi de l'émotion ressentie à côté d'une jeune femme invitée à entendre Antoinette Fouque dans un colloque de haut niveau : cette modeste employée sans bagage intellectuel avait été bouleversée par les idées qu'elle découvrait, dans un langage accessible. Mais c'est que l'intellectuelle engagée était aussi une femme, une mère, qui avait combattu pour tous les droits des femmes.

Même au-delà de la mort, fanchon parie qu'on va voir ressortir quelques bons éreintements sur Antoinette. Mais c'est normal : une féministe, quel que soit son style, est habituée à se faire traiter de tous les noms...

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lundi 19 août 2013

historique du voile, même pour rire

Après des semaines de vacances, où l'on est restée accablée par une actualité désespérante, voilà une découverte à saluer. Avec ou sans voile, on a vu couler le sang dans des pays qui cherchent leur démocratie, et chez nous - en plus de commentaires erratiques - des provocations à l'émeute. Sous le voile, certains coupent les cheveux en quatre, sans voir que ce sont les femmes qui sont essentiellement en cause, et fondamentalement, ces pauvres mecs qui ont peur des femmes.

Alors, fanchon salue ceux qui ont retrouvé une video salubre :

 

L'Histoire semble se répéter ; mais cette anecdote date de 60 ans, et un grand politique sait la présenter avec humour, auquel répond l'humour de son public.
Puisse l'Égypte en 2013 trouver son chemin, sans que coule davantage le sang.
Cette video n'est qu'un extrait : le discours de Nasser montre bien l'ampleur du problème, que nous voyons ressurgir aujourd'hui, et mérite d'être réécouté entièrement, entendu.

Les demandes que Nasser a entendues à l'époque étaient déjà :
1. le port du voile (réponse dans la video)
2. la femme ne travaille pas. Réponse  de Nasser :
Le travail est une protection pour la femme, et l'empêcher de travailler est contre son intérêt. Nous libérons vraiment la femme par le travail.  (à l'époque en France, tous les politiques ne l'auraient pas dit...)
3. fermer les théâtres, les cinémas.
C'est l'obscurité totale, quoi ! (sic)

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lundi 22 avril 2013

petits rappels républicains

Encore une différence de traitement envers les femmes politiques. Ce matin un chroniqueur d'Europe 1 s'étonnait de la représentation de la France aux obsèques de Margaret Thatcher la semaine dernière. Outre que les positions politiques de la France sont loin de ce que symbolise l'ancienne Première ministre britannique, contestée déjà par une grande partie des citoyens du Royaume-Uni, on reproche à F. Hollande de n'avoir pas envoyé un ministre en exercice ou une personnalité de rang suffisant.
C'est le député Christian Jacob qui a dénoncé le premier la présence à Londres d'une simple parlementaire. (Drôle de qualificatif pour ce qu'il est lui-même !...)
Pensez-donc, c'était une femme (mais ça personne n'a quand même osé le dire ; et puis c'était les obsèques d'une femme). Une femme de gauche. Quelle femme ?

Élisabeth Guigou n'est "que" ancienne ministre, ex- première femme Garde des sceaux. À droite d'habitude, on se garde pourtant bien d'oublier un tel titre, selon l'adage "ministre un jour, ministre toujours" . Et comme députée, pas si simple que ça, elle est tout  de même Présidente de la Commission des Affaires étrangères - bien sûr c'est banal depuis que des femmes ont enfin accédé à cette fonction... C'est sûrement dur à digérer pour un simple Jacob.
Enfin et surtout, É. Guigou était bien choisie : elle connaît l'Histoire ; toute jeune il y a 30 ans, conseillère à l'Élysée, elle était au côté de François Mitterrand et a bien connu Thatcher. Ce qui nous vaut ce délicieux récit, que peu d'hommes auraient pu faire :


Un député de droite a choisi cette cible à gauche car il a fort à faire chez lui à droite, avec des femmes même pas parlementaires, et surtout pas simples... Mesdames Barjot et Boutin à défaut d'être députées, et fort peu représentatives de la majorité, en appellent au Peuple de France, et entraînent les élus UMP, UDI, bleu Marine - tout mélangé à droite jusqu'à l'extrême.

une "égérie" n'est pas une femme politique
Une autre femme, que certains traiteraient bien en victime (mais ce n'est pas son genre), est en première ligne malgré elle : Caroline Fourest est journaliste et essayiste. Sa spécialité est de travailler sur l'extrême-droite, ce qui est bien d'actualité. Désormais, sur le terrain elle est la cible des voyous. Mais toujours pour son métier, elle est consultée et participante de débats dans les médias. Sur cette ligne de crête qu'est aussi un engagement, elle garde la même rigueur professionnelle qui lui permet de rappeler les règles du jeu. Courage toujours, Caroline !

Caroline Fourest face à Guaino
Mais comment demander le respect de la Loi, des institutions, des responsables élus du Peuple, lorsque l'intermédiaire citoyen qu'est le journaliste se comporte sans aucun respect ?
Depuis 1981 déjà, le comportement des élus majoritaires de gauche allait naturellement vers plus de simplicité : on a commencé d'interviewer "Pierre Mauroy" plutôt que "Monsieur le Premier ministre" sans qu'il s'en offusque (peut-être même l'avait-il demandé ?). Quand Elkabbach s'adresse à "Manuel Valls" et ne lui donne du "Monsieur le ministre de l'Intérieur" que sur un ton ironique ou narquois, lorsqu'il parle plus fort que son interlocuteur pour empêcher d'entendre la réponse, il sape lui-même délibérément l'autorité de l'État à laquelle il prétend faire appel. À quoi s'ajoutent avec condescendance ses "oui, oui" et "d'accord...". Il oublie que les citoyens risquent de prendre son comportement comme un exemple à suivre.


Plus grave, le même journaliste ose poser la question  "vos députés ont-ils la légitimité (...) quand la rue gronde ainsi ?".
Lui-même sait bien qu'un député, élu il y a dix mois, a la légitimité. Il induit donc que l'auditeur-citoyen peut douter de cette légitimité ; son rôle est pourtant d'informer qu'un Élu de la Nation est légitime. Et que ce n'est pas la rue qui impose sa volonté en démocratie.
Dans ce domaine de l'information, Manuel Valls est bien fondé à s'indigner d'expressions que les journalistes ont rapportées sans les contester, ni les replacer dans un contexte historique : des manifestants avaient dénoncé la police qui avait "gazé des enfants", une ex-ministre opportunément allongée au sol s'était dite "gazée" ! Les souvenirs de l'Histoire du XXe siècle rendent indécente une telle évocation, rapportée à un atomiseur lacrymogène !

Et voilà comment le déni arrive au point qu'un Député (Guaino, ancien chantre de la République et discoureur de Président) appelle franchement à la sédition : "Je souhaite que les Français descendent dans la rue jusqu'à ce que ce que le président cède. Le message est très simple "Monsieur le président de la République, changez de politique, changez d'attitude (...), ou bien partez avant qu'il ne soit trop tard".
C'est ce que Valls nomme justement un "factieux".

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lundi 4 mars 2013

femmes élues... des sondages

Alors que le 8 mars s'approche, les médias font la fête aux femmes, comme s'ils voulaient prouver que la parité n'est toujours pas là ; en politique, elles n'ont toujours pas droit à l'indifférence, qui accompagnerait l'égalité réelle.
Cette fois c'est le Journal du Dimanche qui a cru judicieux de faire un sondage (Ifop). Il met en avant des femmes de droite, à qui l'on voit un avenir politique :


En commentaire, on pourrait faire remarquer que la période de crise qu'il faut affronter aujourd'hui ne donne pas l'avantage aux partis de gouvernement : il est peu étonnant que les sondé-e-s voient en recours ceux de droite, qui ne sont pas à la tâche.
Mais qu'en pensent les 4 vedettes du jour (dont personne ne parlait déjà plus ce lundi) ?
Elles ne se sont pas toutes exprimées - sauf celle qui tressaille de joie quand elle apparaît comme recours.
Christine Lagarde a le regard plus tourné vers l'horizon mondial, où on ne donne pas de nouvelles de la Cour de justice de la République française : on doit peu lire Le Canard enchaîné à Washington...
Quant à Nathalie Kosciusko-Morizet et Rama Yade, ont-elles mérité ce voisinage ?

La conclusion du sondage de l'Ifop est qu'il y a peu de différence entre femmes et hommes dans l'action politique ; mais en affinant sa lecture téléchargée (Le "Palmarès" des femmes politiques), on trouve une différence entre sondés et sondées (pages 12 & 14) :
pour les hommes, à ce classement s'ajoute Valérie Pécresse en 5e place, 
pour les femmes, on trouve dans l'ordre : Lagarde, Yade, MLP, NKM, Aubry.
Et bien sûr les résultats sont complètement différents quand on considère les opinions politiques des personnes interrogées (p. 13).

Curieux que l'on n'ait pas connaissance de sondage exclusivement intéressé à l'avenir politique au masculin. On pourrait obtenir, en parallèle, ce classement ?

Mais il ne s'agit que de virtuel. La vie politique, ce ne sont pas des classements, c'est de la pensée, c'est de l'action.

Et fanchon la parité souhaite que les femmes y jouent un rôle où elles aient toutes leurs chances, pas seulement un jour par an. Souhaitons ensemble que leurs mérites soient reconnus, loin des clichés vulgaires qu'on peut relever dans les "commentaires" des différents sites et réseaux sociaux. Et qu'elles ne soient pas, plus que les hommes, obligées de faire preuve de ce courage qu'elles manifestent si souvent au quotidien.
Quelques témoignages à ne pas manquer : Madame la ministre, sur France 3 en ce moment (ou à revoir). Un documentaire remarquable.
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vendredi 8 février 2013

la comédie de l'impuissance

Sous nos yeux, dans nos étranges lucarnes, le spectacle politique n'en finit pas de ressembler à des réality choses, aux divertissements de nos chaînes les plus commerciales.
Sous prétexte de jouer l'opposition, la droite française fait obstruction à toute action du gouvernement de gauche. Déni de réalité, commentaires sarcastiques, entraves parlementaires, dénonciation auprès des "sages" constitutionnels : tout est bon pour ceux qui refusent les choix du suffrage universel de mai-juin 2012.

Où est la Crise qui a tellement été invoquée pour justifier les échecs de la majorité précédente, du président Sarkozy ? cette crise et ses conséquences, que F. Hollande et la gauche doivent affronter à leur tour, où est-elle ? pschitt... L'UMP ne la voit plus, tout est de la faute de la gauche...
En moins d'un an, la politique d'un gouvernement ne peut apporter  le changement tant souhaité. Simplement hier, l'annonce de réduction d'un déficit (commercial) laisse espérer qu'on approche d'autres satisfactions pour notre pays - mais une hirondelle ne fait pas le printemps.
Symboliquement, fanchon se réjouit tout de même qu'une femme incarne cet espoir, Nicole Bricq d'abord brocardée en 2012.

On s'étonne que la droite ne soutienne pas l'effort nécessaire de tout un pays, ne guette que l'échec de son pays, où beaucoup souffrent.
Pour l'instant, après deux mois où ses deux chefs ont cherché à s'entretuer pour un fauteuil, l'UMP a trouvé une autre scène de comédie. Alliée aux plus réactionnaires, sous nos yeux ébahis (merci LCP), l'UMP envoie à l'Assemblée nationale ses sbires et bretteurs manipuler leurs propres fantasmes.

Le mariage autorisé aux homosexuel-le-s était déjà le premier prétexte pour ferrailler entre députés, prenant bien soin de se défendre de toute homophobie (mon ... aurait dit Zazie). Malgré une mobilisation massive dans la rue, l'article 1er du projet de loi a été finalement voté à une très nette majorité.

Mais le combat continue, contre deux têtes de turque, les deux ministres Taubira et Bertinotti. Le spectacle nous est offert jour et nuit, sur fond de comique de répétition. On re-découvre les brillants penseurs que sont Mariton, Douillet, Benisti, Gosselin, Poisson, Myard, etc etc, Cette fois il s'agit de la GPA (gestation pour autrui, par des mères porteuses) : tous les orateurs qui bégaient les mêmes radotages savent pourtant que ce n'est pas le sujet de cette loi - et ne le sera sans doute pas plus tard, tant les femmes, les consciences le refusent. On en est simplement à l'adoption.

Grâce à "madame LE Garde des sceaux" et "madame LE Ministre", malgré la frivolité voire la vulgarité des obstinés, l'ambiance de l'Assemblée nationale de la République française garde une certaine tenue, heureusement. L'humour du président Bartolone (qui se révèle de jour en nuit), ajouté à la force de caractère des deux femmes ministres, et à leur sourire/fou-rire, nous permet de ne pas sombrer dans une totale médiocrité. Inlassablement, elles répondent, rétorquent, expliquent  : on ne les verra pas pleurer sous les attaques - mais à deux c'est mieux. Et elles se savent soutenues par une majorité, d'élu-e-s mais aussi de citoyen-ne-s et télé-spectateurs/trices.

Quant à la  droite, elle va pouvoir gagner des informations en fréquentant enfin les auditions de la commission du Sénat : de grande qualité, aussi bien Françoise Héritier, que des pédo-psychiatres en contradiction, à ne pas manquer sur LCP/Public Sénat. Et l'UMP qui se reconstruit pourra enfin travailler sérieusement. Dans notre intérêt collectif.
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samedi 26 janvier 2013

le bilan de fanchon blogueuse

Est-ce le mois de janvier ? période des bilans et des résolutions, on voit fleurir les comparaisons, et même entre blogs : la catégorie "blogueuSE politique" semble intéresser, jusqu'aux universitaires qui comprennent que la vie politique passe par là aussi.

Fanchon la parité n'aime ni les catégories, ni la compétition pour le plaisir d'être en tête (ses candidatures à des élections le garantissent...). Sa personne importe peu, seule son envie de militer pour des idées dont elle voudrait voir l'aboutissement - enfin un jour, avant de quitter cette vie ! Mais ce sprint de début d'année lui a donné l'envie de consulter ses statistiques. Elles sont incomplètes, car sa plateforme Blogger remonte le passé seulement jusqu'à mai 2008 ; mais une période de 4 ans 1/2 peut être considérée comme significative. Et ce palmarès n'est en compétition avec personne, surtout pas avec des personnalités plus prestigieuses, professionnelles et reconnues. Voilà juste les 10 articles que vous, internautes, avez le plus lus pendant cette période :
1. vive elles ! ces nouvelles ministres
2. cohérance... & parité
3. réduction sur abstention
4. nouvelle alerte
5. sms d'amour... triste été
6. parité politique, petites lettres, petits mecs
7. perdu une voix : la Kriss s'est éteinte
8. la parité, c'est la vraie rénovitude
9. deux présidentes pour la nouvelle année
10. un Debré UMP : Urologue, Mâle, et Politicien ringard

Bien sûr Fanchon vous doit des remerciements, car c'est votre classement selon l'intérêt que vous avez porté à ces articles. Et on y retrouve une cohérence très satisfaisante avec les sujets choisis à l'origine, dès le premier billet, il y a juste 6 ans.
Le titre d'abord : un simple prénom et le thème principal, la parité (en politique). Mais aussi les femmes qui affrontent concrètement la vie politique - et en particulier celle qui en France est allée le plus loin, et dont fanchon saluera toujours la bravoure et l'esprit d'anticipation, la vision d'avenir : Ségolène Royal. Autre thème, la parité (politique) avec ses rapports à notre vie quotidienne, dans l'actualité et pas seulement les discours. Pourtant aussi les informations utiles à rendre publiques, que ce soit des progrès ou des régressions.
Enfin l'ambiance prétendait être plus qu'hexagonale, européenne et internationale. Avec une dose de musique et de "culture", d'humour ou d'ironie, et sans langue de bois.

Le message est-il bien passé ? Il le semblerait d'après les commentaires publiés : merci donc à celles et ceux qui ont déposé une appréciation (pas toujours publiée, surtout quand elle révèle un manque de respect).
Il faut aussi remercier pour les invisibles liens, retrouvés par hasard quelquefois, qu'ont tissés d'autres blogueur-euses au fil de ces six années ; la technique permet maintenant qu'ils glissent dans leurs "blogrolls" la dernière édition de fanchon. Voilà un fameux coup de pouce solidaire !

Un autre grand merci à tou-te-s les internautes qui sont venu-e-s faire un petit tour par ici - et qui pourront revenir aussi souvent qu'ils/elles le souhaitent !
Fidèlement vôtre,
    flp
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