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jeudi 18 mai 2017

en 2017 quand le pouvoir rajeunit, quelle parité pour les femmes ?


À tête reposée, et ayant pris connaissance de divers commentaires, on peut considérer ce gouvernement d'une autre façon. La parité, réclamée par les féministes depuis 25 ans maintenant, était un peu de l'arithmétique : bien sûr 50/50 pour la composition de groupes et assemblées (pour toutes les raisons bien connues). Mais tout autant une égalité réelle dans le pouvoir.
En 2017, c’est principalement la gauche qui a fait évoluer les textes et les institutions, pour parvenir à cette égalité. Quitte à devoir parfois remmailler ce que certaine droite, à l’occasion, avait détricoté en douce : il suffit parfois de changer un mode de scrutin pour régresser (un 31 juillet 2003, Raffarin et Sarkozy par exemple).

Question arithmétique, l’unanimité des commentaires s’est faite depuis hier soir sur la parité dans le nouveau gouvernement : elle y est, SI« si l’on exclut le Premier ministre ».
Et personne ne rit à l’idée d’exclure du gouvernement… le Premier ministre du gouvernement ! Évidemment un nombre pair est plus facile à diviser par deux pour calculer l’égalité : 22 ministres, cela représente bien 11 femmes et 11 hommes.

Mais le gouvernement est composé de 23 personnes – nombre que quelqu’un a bien choisi, de préférence à 22… Pour les ministres, on en compte 19 (sans les 4 secrétaires d’État ). La moitié ne pouvant être 9,5  on sait que la parité se fera donc à 10 + 9 ; et devinette : qui se contentera des 9 ? les femmes, bien sûr. Donc : 9 femmes/10 hommes, même si du côté hommes la balance penche déjà fort, avec le Premier ministre, plus 3 ministres d’État.

On ne saurait donc mieux dire que TV5Monde en parlant de parité bien tempérée.
Nous avions toutes souhaité croire aux convictions du Président que nous avions choisi (pour rejeter une femme indigne) : son âge est pourtant celui où les hommes comprennent le  féminisme… Mais le renouveau n’est pas pour tout le monde.

Cela nous pousse d’autant plus à encourager ces 11 femmes qui vont sans doute essuyer le gros temps que la météo politique nous promet. Mais elles sont toutes de qualité ! Et elles visent plus au travail et à l'efficacité, qu'au prestige qui pèse tant dans l'autre plateau de la balance...

jeudi 28 juillet 2016

l'émotion et la douleur entre les attaques

Les attentats se succèdent et nous ne nous en étonnons plus : chaque matin nous savons qu'un fou peut faire couler le sang humain, que des médias en feront leur sujet de commentaires, que certains politiciens en feront leur miel mauvais.
Et pourtant nous sentons, nous savons, nous voyons que nous tous, les citoyen.ne.s, nous allons tenir bon, essayer de travailler normalement, de partir en vacances, nous parler, rire et sourire aux terrasses ensoleillées - et expliquer tout cela à nos petits enfants qui sont aussi devenu.e.s des victimes à nos côtés.

Les Françai.se.s, mais aussi tous ceux, toutes elles qui vivent sur notre sol, nous avons compris que l'esprit du mal veut nous diviser en tuant, mais surtout nous diviser dans nos réactions. Ils attaquent notre devise Liberté Égalité Fraternité - mais nous y tenons ensemble.
Ensemble est un slogan politique souvent utilisé, mais aujourd'hui nous pouvons en mesurer le poids.
Le dernier meurtre a été commis dans une église, contre un prêtre en pleine pratique de son sacerdoce - mais on dirait qu'une communauté catholique aurait subitement pris conscience d'être devenue une cible.

La solidarité exprimée par les autres "communautés" religieuses souligne aussi ce communautarisme que la France refuse. Les attaques sanglantes contre la France telle qu'elle est, telle qu'elle vit, ont déjà prouvé que nous n'avions pas pris en considération les communautés victimes : les massacreurs de Charlie, du 13 novembre, de Nice, ont frappé aveuglément sans distinction, et la solidarité a été entière sans distinction de religions. Pourquoi aujourd'hui la communauté catholique devrait-elle se sentir visée pour la première fois ?
Notre pays a été solidaire lorsque des musulmans ont été victimes depuis même Toulouse, et aurait dû le manifester encore plus, sans se douter qu'il faudrait autant insister.

jeudi 26 mai 2016

un mâle, deux mâles, deux mots, des maux


La tension continue de monter.
D’un côté, cette ardeur que dans les yeux je porte,
En face une moustache et le muscle de tous les militants mobilisés, à bloc : c’est tout ou rien ! jusqu’à la bombe, pourquoi pas, puisqu’on en a la douloureuse expérience, déjà…



Qui va compter les points ?
À moi, Comte, deux mots…
Oui, le peuple français est le peuple le plus intelligent de la terre. Voilà pourquoi, sans doute, il ne réfléchit pas. (Edgar Faure, homme politique du XXe siècle)

Au milieu ce Peuple français, qui doit suivre de la tête les coups renvoyés, comme à Roland-Garros. Et qui essaie de comprendre. Quand les questions posées sont sommaires, forcément les réponses sont simplistes. Une radio populaire interroge deux auditeur/trice/s : pour les deux « on n’y comprend rien », et on résume pour aller au plus facile : on est contre.

Logiquement, il faut comprendre. Qui peut expliquer, en mots simples, un texte qui mérite d’être compris avant de mettre le pays à feu et à sang, sans diesel ni kilowatts ?
Qui sera interprète, traducteur, intermédiaire, truchement ? On pourrait imaginer que ce soit le rôle des médias, comme leur nom l’indique.
Il s’agit d’adapter le Code du travail à notre temps, et les mesures sont nombreuses, pas si simples à faire comprendre. Certains s’y sont essayés, dans la presse, comme Le Monde, 20mn, Metronews, ou les sites des télés, France-Télévisions, tf1...
Malheureusement, ces explications ne sont pas accessibles à tous les publics ; dans ce cas il est plus facile de balancer gros, rustique, sommaire – et en donnant son opinion en même temps, car l'objectivité c'est difficile. La plus simple dans ce cas : c’est non, le plus pessimiste. Et le non sert d’outil politique.

On en revient aux muscles, à l’affrontement.
Et là bien sûr, c’est où les mecs, les vrais, sont les plus forts… On balance qu’on ne changera rien ; on bloque les routes, les stations d’essence. Et le blocage des médias, pratique pour empêcher d’expliquer !

Peut-on souhaiter une autre manière de dialoguer ?
Faut-il espérer qu’on s’écoute des deux côtés ? Comment expliquer ce jeu de rôle aux enfants, que les adultes sont censés éduquer par l’exemple ?
Car dimanche, ils vont fêter leurs mamans – au mépris de ceux qui snobent cette fête « pétainiste ». Et aller voir Mamie, qui les attend comme chaque année, si on a pu faire le plein d’essence…

Et voilà où on retrouve les femmes ! qu’est-ce qu’elles en disent les femmes, est-ce qu’on leur demande leur avis, en politique ? Une seule, ministre, a été chargée de porter le fardeau, de prendre les coups. Et elle a du cran, salut !
 
  
Myriam EL KHOMRY
 Attendons la semaine d'après, beaucoup plus importante : rendez-vous avec le seul Euro qui compte : le foot ! (entre mecs, tiens)

dimanche 8 mai 2016

les vraies peurs pour l'avenir

Quelle plus grande peur veut nous donner L'Obs de cette semaine ? À sa une, et en une dizaine de pages, un dossier sur l'Ubu coréen (du Nord) nous propose des jeux de la guerre et du hasard : ceux auxquels peut se livrer un dictateur imprévisible - et question dictateurs, nous connaissons d'expérience leurs ravages actuels et passés.
Ce Kim-Jung Ubu, pitoyable fils et petit-fils d'autres Kim-Jung, risque-t-il de faire pire que ses prédécesseurs et modèles ? espérons que nous n'en saurons jamais rien. (Voilà plus d'un siècle que Jarry avait conçu l'arobase prémonitoire)

Comment résister à ce risque (éventuellement) planétaire ? à cette peur qu'on nous assène ?

Le plus terrible est à rechercher tout à la fin du magazine, dans sa meilleure page : l'avant-dernière, reléguée à la fin du supplément Télé-Obs. Celle par laquelle il faut commencer chaque semaine.

C'est de nous que Jean-Claude Guillebaud peut nous inviter à avoir peur : où sera notre capacité de résistance à la peur, notre résistance à la folie du monde ? De quoi sommes-nous capables, nous femmes et hommes, devant ces éventuels dangers ?

Guillebaud, cultivé et philosophe, rappelle Camus : "Tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude. Une société qui supporte d'être distraite par une presse déshonorée et par un millier d'amuseurs cyniques, décorés du nom d'artistes, court à l'esclavage malgré les protestations de ceux-là mêmes qui contribuent à sa dégradation."
Et plus loin encore l'Américain Dos Passos en 1917, en pleine Grande guerre : "Que nous étions stupides avant la guerre : la salive que nous dépensions à prôner des révoltes de rien du tout ; comme nous pouffions de petites plaisanteries sur la religion et le gouvernement ! Et pendant ce temps, dans la cupidité, l'infinie bêtise des hommes, ceci se préparait..."
John DOS PASSOS       -       Albert CAMUS     -   Jean-Claude GUILLEBAUD
 Qui, à part Guillebaud, avait pensé à comparer d'autres époques culturelles ? Avions-nous remarqué à la fin des années 50 une quelconque gaudriole courant à travers nos radios, nos spectacles sur scène ? car Albert Camus est mort à l'aube de 1960. Bien avant les muppet shows, nuls et autres guignols de l'info. On n'avait pas souvenance que les médias rigolaient beaucoup à l'époque - et pourtant Camus a pu écrire ces phrases, qu'on croirait d'aujourd'hui ! Que ne dirait-il maintenant !

C'est Jean-Claude Guillebaud qui relaie ces cris d'alarme. Non pas pour juste dénoncer une "rigolade délibérée".  Car on se souvient du "Parti d'en rire" créé par Pierre Dac (avec Francis Blanche) après qu'il avait agi pour la Résistance : rire n'empêche pas de réfléchir.

C'est le service public qui est profondément atteint : là, à France-Inter, où une radio populaire savait attirer un public, le distraire en l'informant, en l'éduquant, que subissons-nous ? "La dégoulinade permanente  de galéjades bâclées, la surenchère de rigolos sans talent finissent par constituer un bruit de fond qui tire vers le bas tout ce qui passe à l'antenne."
On est loin de l'humour intelligent de Desproges, du "Tribunal des flagrants délires"...

Si fanchon comme d'autres s'exaspère à ces gloussements, le plus grave est bien ce mouvement vers le bas qui tue toute réflexion, sans aucune hiérarchie.
D'où ces pétitions quotidiennes pour tout et n'importe quoi ; ces Nuits debout qui prétendent réinventer ce que faisaient à la fois d'innombrables associations (en voie de disparition) et l'éducation populaire d'intérêt général, soutenue par l'impôt de tous les contribuables.
Pendant que des millions de migrants souffrent dans le monde, pendant que la planète se détériore, que l'Union européenne coule... et qu'un minable Ubu compte ses missiles.

Et les femmes dans tout ça ? la plus grande tristesse de fanchon la parité, c'est que des femmes usent leur talent à glousser elles aussi, alors qu'elles ont une porte grande ouverte : ce vide sidéral leur serait une occasion de venir faire vivre autrement la politique. Même un parti peu enclin à cette nécessité commence à réfléchir...

mardi 10 mars 2015

en France, que font les femmes en politique ?


Au lendemain d'un 8 mars, Journée internationale des droits des femmes encore si nécessaire partout dans le monde, on doit s'interroger sur la vie politique française.
Depuis plus de 20 ans des féministes sont arrivé-e-s à faire comprendre et admettre la "parité", au sens de l'égalité réelle - en nombre - entre femmes et hommes en politique : cheminement difficile, consacré et soutenu par la modification de la Constitution, puis le vote de lois à l'aube du 21e siècle. Et le chemin n'est pas fini.

 
Il a fallu une législation pour contrer des comportements hostiles aux femmes, pour obliger les partis politiques à réduire le nombre des candidats toujours masculins – ceux "qui n'ont pas démérité" au point de céder des places ! Il a fallu des débats, des discours, des campagnes pour faire entendre qu'une femme en politique était "légitime" jusqu'au plus haut niveau.

Et le plus grand parti, qui se dit féministe, qui a fait voter toutes les lois les plus essentielles à l'égalité, ne s'est même pas affligé de l'échec de sa candidate à une présidentielle. Première femme arrivée au second tour, portée par le plus grand nombre de millions de suffrages à gauche jamais obtenus, Ségolène Royal avait entrainé les foules les plus diverses (hommes et femmes, jeunes et vieux, ouvrier-e-s, employé-e-s, cadres, intellectuel-le-s) : moquée par ses propres camarades, par des concurrents parfois vainement idolâtrés, cette femme a dû admettre que toutes ses qualités, ses compétences n'étaient rien face à la dureté de cette vie politique.
 

Hier encore, le sourire courageux de la femme debout accompagnait la confirmation qu'elle devait "renoncer" à porter la responsabilité la plus haute dans la République – face à l'inélégance de son interviewer (à 7:47).

Mais pendant ce temps, une autre femme monte dans les sondages politiques. Avec un programme que ne supporterait aucune démocratie, elle ne convainc pas vraiment, mais elle se montre partout, et les médias l'invitent sans même donner du sens à sa candidature. Juste que dans une démocratie fatiguée, blasée, l'abstention d'une majorité de citoyen-ne-s renforce les pourcentages qu'obtient son parti à chaque élection. En Europe (son ennemie pourtant), la dame "brune"  a semé, comme elle a récolté deux députés et un sénateur ; on dit que sa moisson va prospérer dans nos départements, nos régions. Les Français ont pourtant l'exemple terrible que donnent ses adeptes dans plusieurs mairies.
Ces maires exemplaires, ce sont des hommes. Et le mouvement qui leur donne sa flamme mauvaise a été fondé par un homme, affichant sa mâlitude comme un épouvantail pour la démocratie.

Mais voilà, ce chef depuis 50 ans devait se trouver un successeur ; pas question de le faire élire par les partisans : c'eût été un peu trop démocratique… De sorte que l'hérédité a tranché : une de ses blondes filles a repris la main.
Et elle avait tout compris, l'héritière. Avocate comme son père, elle savait bien parler. Maligne, elle l'avait bien écouté, pour en tirer les leçons. Pas de gros mots, toujours des slogans-chocs qui plaisent tant dans les pubs et la com. Avec une garde-robe chic à la mesure de ses gros moyens. Et surtout elle a choisi ses cibles de com : les jeunes, et tous ceux qui se croient abandonnés - quand le pays est en crise. Cibles faciles, hélas.
Enfin, c'est une femme. Elle a vu que les jeunes, et tous ceux qui souffraient de la crise, ils et elles avaient failli donner la victoire à une autre femme, en 2007. Elle a compris que 80 % des Français (en 1995 ; 94% en 2015) sont prêts à changer pour une PrésidentE de la République : l'analyse (p.5) du dernier sondage de BVA est très intéressante. Et MLP ne va pas se priver d'en tirer profit – ce que n'ont même pas essayé les autres partis politiques… À nous citoyens de nous réveiller.



Ségolène Royal aujourd'hui, comme d'autres collègues compétentes et courageuses, "se contente" de travailler dur pour aérer notre planète, pour contrer une crise qui dévore son pays, pour changer l'ambiance détestable qui ronge la classe politique, qui désespère les habitants de la France, qui fait s'abstenir les électeurs. Habituées à bosser pour réussir leurs tâches, Royal comme Taubira, comme Najat, ne visent qu'à laisser leur pays dans un état meilleur que celui où leur Président l'a reçu en 2012.
Et si tous les hommes politiques de gauche s'y mettaient aussi, sans se tirer dans les pattes pour être toujours LE premier ?

vendredi 22 août 2014

détournement de mineur-e-s vers l'enfer

Pour un politique américain, le djihadisme est le pire terrorisme qu'on ait connu. Merci on avait besoin d'un tel spécialiste pour faire ce constat : des exécutions abominables s'ajoutent à des guerres absurdes, dont on ne connaît même pas les auteurs, masqués. Ces guerres, d'abord clandestines, se sont répandues en Afrique centrale, au Moyen-Orient ; on s'attend que les attentats-surprises gagnent la planète entière. Amorcé en France dès mars 2012, à Toulouse par exemple, c'est un mouvement effrayant que le monde constate aujourd'hui : un détournement de mineurs, garçons et filles, à peine adolescents. Pères et mères de familles en sont à signaler à la police leurs propres enfants, fugueurs vers des horizons sanglants - à la fois meurtriers et suicidaires.
Une question terrible étreint ces parents : qu'avons-nous fait pour que nos petits se détachent de nous ?

Comment ont-ils/elles pu fuir l'amour que leur portaient leurs familles ? Pourquoi se sont-ils cachés pendant qu'on les endoctrinait à l'insu de la société ? Où est l'échec dans l'éducation que nous leur avons donnée ? Pourquoi ont-ils cherché et trouvé leur idéal dans le pire obscurantisme, dans la violence barbare ?
Voilà des années que la société française glisse progressivement dans la violence. Bien sûr on a dénoncé - parfois à l'excès - celle qui paraît dans les faits divers, guère plus nombreux ; mais souvent plus brutaux, voire inhumains.
Des politiques en France - mais sans doute aussi dans nos démocraties voisines - s'accusent réciproquement d'avoir permis cette violence où dérivent les jeunes.
Mais voilà une bonne décennie qu'en France les discours, les actions politiques ont tourné à la brutalité, à la réaction irréfléchie. Quand au sommet de l'État a été élu un président prompt à dénoncer, à réduire ses mots aux pensées les plus sommaires, nous étions nombreux, nombreuses, à nous sentir nous-mêmes gagnés par l'énervement : "Il suffit que je vois Sarko à la télé pour me sentir aussi agité que lui !" - même Fanchon l'a éprouvé...

Un responsable politique qui divise la société en catégories opposées les unes aux autres, au lieu de la rassembler - ce qui est le rôle du président de la République -, et l'on ne peut plus s'étonner qu'une moitié des citoyens considère l'élu successeur comme illégitime dès le début de son quinquennat. Même si les équipes perdantes donnent le spectacle de leurs échecs, de leurs divisions, de leur impuissance, voire de malhonnêteté. Dans la foulée on a vu des minoritairess extrémistes manifester contre des lois votées, eux qui élevaient leurs enfants dans la foi de la discipline et de l'ordre. Cela a duré des mois avant l'échec de leurs slogans dans la société française.
Mais Papa-Maman ont donné un exemple désastreux, amenant même leurs enfants dans la "résistance" à la vue de tous.

Ce n'est évidemment pas de ce clan que partent les jeunes que détournent les barbares ; mais tous les jeunes - beaucoup plus instruits et diplômés qu'autrefois, plus mûrs - peuvent réagir au spectacle que leur donne notre société. Comportements incohérents uniquement dictés par le fric (dans le sport professionnel, l'économie, etc), disputes stériles pour le "pouvoir", impression d'impuissance à diriger les événements, et voilà les plus vulnérables qui suivent des "guides spirituels" d'occasion. Vers notre mort à tous.
Interprétation de fanchon ? comme d'habitude... En fait le monde est dirigé par des "papas" - qui n'ont pas fait leurs preuves ; et s'il y avait plus de respect pour les "mamans" ? si elles participaient un peu aux décisions ? Pourquoi, malgré le souvenir atroce des guerres passées, la résolution des conflits par la diplomatie échoue-t-elle en "faveur" de nouvelles guerres ? Il est effrayant de constater que des jeunes filles choisissent la violence extrême quand l'avenir ne leur donne pas d'espoir ; autrefois, dans les guerres, des femmes obtenaient le Nobel de la Paix...


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jeudi 7 août 2014

Femmes, mendions ! au moins dix à la Commission européenne

C'est à pleurer ! Petit résumé à partir d'un article de Mediapart, justement titré  "La future commission va déjà très «mâle»":

"«Le président Juncker souhaite des femmes mais la France a la liberté de choix» (François Hollande en juillet).
«La représentation des femmes au sein de la commission, c'est important. Mais ça ne veut pas dire que ce soit une nécessité qu'une femme occupe le poste de représentant français. (…) La France fait partie des pays qui ont envoyé le plus de femmes par le passé à la commission européenne.»"
La preuve : sur les 15 commissaires français précédents, 2 femmes, Christiane Scrivener (1989-95) et Édith Cresson (1995-99) au siècle dernier...

"François Hollande a choisi de nommer Pierre Moscovici. L'ex-ministre des finances était pourtant en concurrence avec au moins deux femmes, Élisabeth Guigou et Pervenche Berès (eurodéputée socialiste), toutes les deux jugées compétentes.
Dans ce contexte déprimant, deux pays en particulier n'ont pas brillé : la France et l'Espagne."
Que dit-on à Madrid ?
"«Un débat entre un homme et une femme est toujours compliqué. Si vous abusez de votre supériorité intellectuelle, vous apparaissez comme un machiste et vous semblez menacer une femme sans défense.»" : c'est une déclaration du conservateur Cañete, pressenti lui-même pour le poste de commissaire - qui fera donc le parfait macho européen....

Alors que 4 (quatre) femmes sont proposées, les commissaires sortantes voudraient que le renouvellement permette au minimum d'avoir 9 femmes, leur nombre actuel. Sur 28 !
D'où leur mouvement : "Ten or more" ("au moins 10"), toujours sur 28, à défaut de 14 !

Consternant, au pays qui a instauré la parité, de devoir mendier... La France, qui a voulu changer les mentalités, voit des hommes toujours solidaires pour éjecter les femmes, et même leurs "camarades" socialistes...
 

Alors mendions : AU MOINS DIX !

Neelie KROES, commissaire européenne sortante. : Ten or more !
Quand on pense que des responsables politiques de ce niveau sont obligées de militer pour des principes de base. C'est ainsi que les femmes politiques restent proches des citoyen-ne-s, elles.

  Ten or more ! au moins DIX !


jeudi 29 août 2013

l'auto-sous-estimation des femmes

C'est le site nouvelles/News qui attire l'attention sur un problème fondamental des femmes en général : l'image qu'elles ont d'elles-mêmes, et cette fois confrontée à d'autres regards. Le tout par la publicité ; et même grâce à la publicité !

Avant même de lire en détail toutes les circonstances de cette pub, d'abord un coup d'œil à la video. Merci de noter que fanchon n'a pas l'habitude de mettre en avant le marketing cosmétique comme expression féministe... Voilà une belle exception :


Bien sûr, il y a eu et il y aura toujours des femmes narcissiques, mais elles n'ont jamais été la majorité. Le plus grand nombre d'entre elles a dû apprendre à rédiger un CV : habituées à minorer leurs compétences, leur expérience, leur savoir-faire, elles devaient apprendre à reconnaître et mettre en avant ce qui était leurs points forts, leurs mérites particuliers. Ainsi allait une éducation peu encourageante, qui pèse encore aujourd'hui sur toutes les discriminations sociales.

Quant à leur image, dans une société économique qui valorise  "la beauté", elle repose encore sur le "maman me disait que j'avais une mâchoire forte"... Si une marque publicitaire pouvait tout changer ?
Mais cette pub a-t-elle été diffusée en France ?

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mercredi 26 juin 2013

parité et violences faites aux femmes

fanchon a toujours limité son propos à la parité politique, qui avait motivé la modification de la Constitution française en 1999. Depuis plus de vingt ans, il y a eu bien assez de discours sur les violences : elles ont été trop souvent le prétexte à considérer les femmes comme pauvres victimes, et victimes seulement.

Depuis 2002, deux quinquennats successifs ont mis sous le boisseau les femmes-citoyennes ; à part Nicole Ameline, seule ministre de droite "de la parité", les droits des femmes ont été dépendants de ministère de la "solidarité", c'est-à-dire des Affaires sociales. Et jusqu'à 2010, des lois régressives ont été votées (modes de scrutin par exemple) sans considération de l'égalité politique. Il a fallu un  retour de Roselyne Bachelot (18 mois) pour que la ministre de "la solidarité et de la cohésion sociale" s'approprie les droits des femmes dans le sens de la parité - avec son obstination (depuis la création de l'Observatoire de la parité en 1995).

Une page est tournée depuis un an ; notre nouvelle ministre des Droits des femmes, renforcée par son rôle aussi de Porte-parole du gouvernement, a montré qu'elle n'était décidément pas une alibie : la liste des dossiers qu'elle aborde avec vigueur, et des lois qu'elle fait voter, c'est vraiment le changement... maintenant.

Lorsque Najat Vallaud-Belkacem dénonce les violences faites aux femmes, on sait que c'est une déclaration de justice, d'égalité, et non de pitié ou compassion. Cette semaine elle en fait la preuve au niveau international : à New-York, où elle représente en ce moment la France.


Le Conseil de sécurité de l'ONU aborde avec la ministre française un sujet grave : elle montre que les femmes - globalement et partout dans le monde - sont systématiquement victimes des guerres et conflits.
Il ne s'agit pas de monter le niveau de regard sur les violences, du domestique au mondial.
La prise de parole de cette jeune femme, pour la France, à un des 5 sièges permanents (avec droit de veto) de l'instance exécutive de l'ONU, voilà qui n'est pas négligeable.

C'est parce que ce Président de la République, ce gouvernement, ont voulu l'égalité réelle entre hommes et femmes, que notre pays se retrouve représenté par une femme, témoin même de cette volonté. Et dès lors son intervention sur les viols de guerre pèse tout autrement ; elle dit bien : "la meilleure façon de protéger les femmes, c’est d’en faire des acteurs et plus seulement des sujets" - formule valable dans tous les domaines. La résolution votée à l'issue de ce débat du 24 juin l'a d'ailleurs été à l'unanimité.

Dans le même temps, c'est une femme qui a été envoyée comme ambassadrice de la France dans un autre domaine de sécurité internationale.

fanchon la parité ayant rappelé ses principes ne se dédouane pas pour autant de parler rarement des femmes victimes de violences - tandis que beaucoup d'autres ne dépassent pas cet horizon.
Horizon tragique, sanglant, et à perte de vue et de temps, comme le rappelle sans cesse l'actualité. Aujourd'hui, c'est dans le domaine du spectacle : dix ans après la mort de la merveilleuse Marie Trintignant, son compagnon chanteur - dont on pouvait penser qu'il avait purgé sa peine, après tout - est signalé comme récidiviste, il y a 3 ans avec le suicide de sa jeune femme, mère de ses enfants.

Marie Trintignant                                         Krisztina Rady

Mais en politique, rien n'est fait encore complètement. Il suffit d'entendre ce matin le canonique et onctueux président de la Commission des lois du Sénat, auditionnant au titre de la transparence de la vie publique, appeler les seulEs intervenantEs "les deux dames". Pas très habitué, le monsieur...

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lundi 22 avril 2013

petits rappels républicains

Encore une différence de traitement envers les femmes politiques. Ce matin un chroniqueur d'Europe 1 s'étonnait de la représentation de la France aux obsèques de Margaret Thatcher la semaine dernière. Outre que les positions politiques de la France sont loin de ce que symbolise l'ancienne Première ministre britannique, contestée déjà par une grande partie des citoyens du Royaume-Uni, on reproche à F. Hollande de n'avoir pas envoyé un ministre en exercice ou une personnalité de rang suffisant.
C'est le député Christian Jacob qui a dénoncé le premier la présence à Londres d'une simple parlementaire. (Drôle de qualificatif pour ce qu'il est lui-même !...)
Pensez-donc, c'était une femme (mais ça personne n'a quand même osé le dire ; et puis c'était les obsèques d'une femme). Une femme de gauche. Quelle femme ?

Élisabeth Guigou n'est "que" ancienne ministre, ex- première femme Garde des sceaux. À droite d'habitude, on se garde pourtant bien d'oublier un tel titre, selon l'adage "ministre un jour, ministre toujours" . Et comme députée, pas si simple que ça, elle est tout  de même Présidente de la Commission des Affaires étrangères - bien sûr c'est banal depuis que des femmes ont enfin accédé à cette fonction... C'est sûrement dur à digérer pour un simple Jacob.
Enfin et surtout, É. Guigou était bien choisie : elle connaît l'Histoire ; toute jeune il y a 30 ans, conseillère à l'Élysée, elle était au côté de François Mitterrand et a bien connu Thatcher. Ce qui nous vaut ce délicieux récit, que peu d'hommes auraient pu faire :


Un député de droite a choisi cette cible à gauche car il a fort à faire chez lui à droite, avec des femmes même pas parlementaires, et surtout pas simples... Mesdames Barjot et Boutin à défaut d'être députées, et fort peu représentatives de la majorité, en appellent au Peuple de France, et entraînent les élus UMP, UDI, bleu Marine - tout mélangé à droite jusqu'à l'extrême.

une "égérie" n'est pas une femme politique
Une autre femme, que certains traiteraient bien en victime (mais ce n'est pas son genre), est en première ligne malgré elle : Caroline Fourest est journaliste et essayiste. Sa spécialité est de travailler sur l'extrême-droite, ce qui est bien d'actualité. Désormais, sur le terrain elle est la cible des voyous. Mais toujours pour son métier, elle est consultée et participante de débats dans les médias. Sur cette ligne de crête qu'est aussi un engagement, elle garde la même rigueur professionnelle qui lui permet de rappeler les règles du jeu. Courage toujours, Caroline !

Caroline Fourest face à Guaino
Mais comment demander le respect de la Loi, des institutions, des responsables élus du Peuple, lorsque l'intermédiaire citoyen qu'est le journaliste se comporte sans aucun respect ?
Depuis 1981 déjà, le comportement des élus majoritaires de gauche allait naturellement vers plus de simplicité : on a commencé d'interviewer "Pierre Mauroy" plutôt que "Monsieur le Premier ministre" sans qu'il s'en offusque (peut-être même l'avait-il demandé ?). Quand Elkabbach s'adresse à "Manuel Valls" et ne lui donne du "Monsieur le ministre de l'Intérieur" que sur un ton ironique ou narquois, lorsqu'il parle plus fort que son interlocuteur pour empêcher d'entendre la réponse, il sape lui-même délibérément l'autorité de l'État à laquelle il prétend faire appel. À quoi s'ajoutent avec condescendance ses "oui, oui" et "d'accord...". Il oublie que les citoyens risquent de prendre son comportement comme un exemple à suivre.


Plus grave, le même journaliste ose poser la question  "vos députés ont-ils la légitimité (...) quand la rue gronde ainsi ?".
Lui-même sait bien qu'un député, élu il y a dix mois, a la légitimité. Il induit donc que l'auditeur-citoyen peut douter de cette légitimité ; son rôle est pourtant d'informer qu'un Élu de la Nation est légitime. Et que ce n'est pas la rue qui impose sa volonté en démocratie.
Dans ce domaine de l'information, Manuel Valls est bien fondé à s'indigner d'expressions que les journalistes ont rapportées sans les contester, ni les replacer dans un contexte historique : des manifestants avaient dénoncé la police qui avait "gazé des enfants", une ex-ministre opportunément allongée au sol s'était dite "gazée" ! Les souvenirs de l'Histoire du XXe siècle rendent indécente une telle évocation, rapportée à un atomiseur lacrymogène !

Et voilà comment le déni arrive au point qu'un Député (Guaino, ancien chantre de la République et discoureur de Président) appelle franchement à la sédition : "Je souhaite que les Français descendent dans la rue jusqu'à ce que ce que le président cède. Le message est très simple "Monsieur le président de la République, changez de politique, changez d'attitude (...), ou bien partez avant qu'il ne soit trop tard".
C'est ce que Valls nomme justement un "factieux".

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mercredi 3 avril 2013

com-menteuse et corruption

Il  semble que le "coup de tonnerre" qui a explosé hier dans le ciel politique français va être suivi de deux éclairs ; ce sera la mise en lumière de maladies honteuses : la com-menteuse et la corruption.
François Hollande a été élu Président avec un slogan irréprochable après les quinquennats précédents : "la République exemplaire", "irréprochable". Et s'il a été élu c'est qu'il était sincère et crédible dans cette volonté, que personne n'a jamais mise en doute.

Mais s'il a réussi un parcours à part, il n'a pu empêcher le Parti socialiste de se laisser manœuvrer par la "com"munication : d'abord triomphante, elle se retrouve aujourd'hui dans son champ de ruines.
Un noyau minoritaire au sein du PS a émergé grâce à des professionnels de la communication ; échec pourtant dès 2006 quand le candidat DSK s'est retrouvé nettement battu dans des primaires à la présidentielle. Et ça n'est pas faute d'avoir envoyé ses troupes dès la première présentation des candidats, dans la seule région (Île-de-France) où il était implanté, juste pour huer la seule femme candidate.
Ségolène Royal s'est pourtant imposée dès le 1er tour, à 60 %.
Mais la manœuvre com-menteuse avait commencé son œuvre : il fallait discréditer l'image de cette femme - qui pourtant faisait revenir à gauche l'électorat des jeunes, des femmes, des ouvrier-e-s et employé-e-s. Si S. Royal est arrivée au 2nd tour de la présidentielle de 2007, avec un nombre record de voix à gauche, c'est aussi avec ces semelles de plomb qui ne l'ont plus lâchée.
Comme un déni de cette réalité, les communicants strauss-kahniens ont continué la construction souterraine de leur mythe : on sait maintenant, par des témoignages et essais politiques, que leur idole a plus subi leur influence que mené une stratégie. L'effondrement de mai 2011 a révélé la fragilité du candidat peut-être malgré-lui. Il était juste temps pour les primaires d'octobre 2011 : elles ont permis l'émergence de François Hollande, faisant oublier les vilaines manœuvres et les images dégradées.

Aujourd'hui la composition du gouvernement reflète ces souvenirs, et la chute du ministre Cahuzac est la sanction finale de la com-menteuse.

Pourtant on reste pantoise à entendre des UMP disserter sur le mensonge ; clamer "la faillite morale de la gauche" quand ils donnent la parole à des Balkany, Carignon, etc (la liste est longue).  Car leurs électeurs ont l'amabilité de réélire des condamnés.


Si le compte à Singapour de Jérôme Cahuzac laisse entrevoir des problèmes de corruption personnelle, d'autres affaires en cours se sont multipliées à droite, sans qu'on ait encore tout éclairci autour de Clearstream, Karachi, etc.
C'est en librairie qu'on trouve le fruit des enquêtes de journalistes, quand Mediapart et Le Canard enchaîné sont bien seuls dans la presse à aller au fond des dossiers. Titres évocateurs : La République des mallettes, L'Oligarchie des incapables...

Pendant ce temps on commence à voir de plus en plus de documentaires video, riches d'enquêtes passionnantes. En particulier sur les corruptions et mafias qui gangrènent la planète, sans épargner notre pays. Informations effrayantes, mais utiles aux citoyens ; guettons nos programmes TV, surtout sur LCP-PS, Arte, ou France TV par exemple.

Pas de démocratie sans information.

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vendredi 8 février 2013

la comédie de l'impuissance

Sous nos yeux, dans nos étranges lucarnes, le spectacle politique n'en finit pas de ressembler à des réality choses, aux divertissements de nos chaînes les plus commerciales.
Sous prétexte de jouer l'opposition, la droite française fait obstruction à toute action du gouvernement de gauche. Déni de réalité, commentaires sarcastiques, entraves parlementaires, dénonciation auprès des "sages" constitutionnels : tout est bon pour ceux qui refusent les choix du suffrage universel de mai-juin 2012.

Où est la Crise qui a tellement été invoquée pour justifier les échecs de la majorité précédente, du président Sarkozy ? cette crise et ses conséquences, que F. Hollande et la gauche doivent affronter à leur tour, où est-elle ? pschitt... L'UMP ne la voit plus, tout est de la faute de la gauche...
En moins d'un an, la politique d'un gouvernement ne peut apporter  le changement tant souhaité. Simplement hier, l'annonce de réduction d'un déficit (commercial) laisse espérer qu'on approche d'autres satisfactions pour notre pays - mais une hirondelle ne fait pas le printemps.
Symboliquement, fanchon se réjouit tout de même qu'une femme incarne cet espoir, Nicole Bricq d'abord brocardée en 2012.

On s'étonne que la droite ne soutienne pas l'effort nécessaire de tout un pays, ne guette que l'échec de son pays, où beaucoup souffrent.
Pour l'instant, après deux mois où ses deux chefs ont cherché à s'entretuer pour un fauteuil, l'UMP a trouvé une autre scène de comédie. Alliée aux plus réactionnaires, sous nos yeux ébahis (merci LCP), l'UMP envoie à l'Assemblée nationale ses sbires et bretteurs manipuler leurs propres fantasmes.

Le mariage autorisé aux homosexuel-le-s était déjà le premier prétexte pour ferrailler entre députés, prenant bien soin de se défendre de toute homophobie (mon ... aurait dit Zazie). Malgré une mobilisation massive dans la rue, l'article 1er du projet de loi a été finalement voté à une très nette majorité.

Mais le combat continue, contre deux têtes de turque, les deux ministres Taubira et Bertinotti. Le spectacle nous est offert jour et nuit, sur fond de comique de répétition. On re-découvre les brillants penseurs que sont Mariton, Douillet, Benisti, Gosselin, Poisson, Myard, etc etc, Cette fois il s'agit de la GPA (gestation pour autrui, par des mères porteuses) : tous les orateurs qui bégaient les mêmes radotages savent pourtant que ce n'est pas le sujet de cette loi - et ne le sera sans doute pas plus tard, tant les femmes, les consciences le refusent. On en est simplement à l'adoption.

Grâce à "madame LE Garde des sceaux" et "madame LE Ministre", malgré la frivolité voire la vulgarité des obstinés, l'ambiance de l'Assemblée nationale de la République française garde une certaine tenue, heureusement. L'humour du président Bartolone (qui se révèle de jour en nuit), ajouté à la force de caractère des deux femmes ministres, et à leur sourire/fou-rire, nous permet de ne pas sombrer dans une totale médiocrité. Inlassablement, elles répondent, rétorquent, expliquent  : on ne les verra pas pleurer sous les attaques - mais à deux c'est mieux. Et elles se savent soutenues par une majorité, d'élu-e-s mais aussi de citoyen-ne-s et télé-spectateurs/trices.

Quant à la  droite, elle va pouvoir gagner des informations en fréquentant enfin les auditions de la commission du Sénat : de grande qualité, aussi bien Françoise Héritier, que des pédo-psychiatres en contradiction, à ne pas manquer sur LCP/Public Sénat. Et l'UMP qui se reconstruit pourra enfin travailler sérieusement. Dans notre intérêt collectif.
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lundi 21 janvier 2013

Sido : "c'est qui cette nana ?"

Morceaux d'anthologie au Sénat, qui nous ramènent aux grands moments du combat pour la parité pendant le mandat Jospin, entre 1998 et 2000.

"S'il vous plaît mes chers collègues, ne faisons pas d'obsession sexuelle collective. Est-ce que  la parité doit se mesurer au 50/50 ?" (magnifique ! M. Christophe Béchu, sénateur UMP,  a tout compris...)
"mais que l'on se batte pour que dans une assemblée départementale, il y ait forcément autant d'hommes que de femmes, c'est au mieux du gadget, pour ne pas dire davantage" (Hervé Mauray, sénateur centriste).

"cette discrimination positive, (...) on aurait pu (sinon ne pas la faire) au moins la maintenir pour un scrutin, et six ans après, on revient à une situation plus normale" (déjà B.Sido. Voilà une expression qui n'a pas été relevée par les médias, pourtant la plus symbolique : une situation normale, c'est actuellement 13,9 % de conseillères générales. 5,0 % de présidentes de conseils généraux.


Mais il y a maintenant des sénatrices, plus nombreuses, féministes militantes et qui en savent long sur l'histoire de la parité, sur le passé des sénateurs de droite, éternellement respectueux des femmes, tant qu'elles ne sont pas élues... Et Laurence Rossignol, qui a été au PS Secrétaire nationale aux Droits des femmes, ne s'en laisse pas conter, ne se laisse pas réduire au "ooooh" indigné qui avait couru parmi les élu-e-s :
"Monsieur Sido... vous avez gagné peut-être ce matin la palme du misogyne beauf de cette assemblée... Voilà, et on se reverra."

Jouant délibérément les Mme Sans-Gêne, la sénatrice socialiste a choisi de relever tout haut ce qu'elle entendait : "des fois que ce ne serait pas inscrit au J.O", "Il y en a un qui m'a dit calmez-vous ; c'est lequel celui-là ?" "Votre nom, s'il vous plaît ?"    

Pourquoi il faut rapporter ces citations ? Car elles sont les plus parlantes, et dans la liberté de parole qui est la règle au Parlement, ces petites phrases viennent du fond de l'inconscient : elles expliquent les grandes difficultés que rencontrent les femmes en politique.
Et elles reviennent régulièrement. Si l'on en revient à 1999, on pourra noter que le Sénat s'est un peu renouvelé depuis ; mais M. Éric Doligé, alors député RPR, n'avait pas jugé bon (ou sage ?) de voter la parité au Congrès de juin à Versailles (non plus que Mme Alliot-Marie ou MM. Borloo, Fillon, V.Giscard d'Estaing). Et c'est lui qui met aujourd'hui en garde contre les difficultés prévisibles : "Faciliter la mixité, ce n'est pas passer de 13% à 100% d'un coup ! Ce sera très difficile à faire". Sauf que 50 % suffirait : les femmes ne cherchent pas à prendre toutes les places, comme l'ont fait les hommes jusque-là...
 Le gouvernement  présente un projet de loi électorale qui permette la parité femmes/hommes.

Après huit heures de débat au Sénat, où Laurence Rossignol rappelait seulement qu'"on va parler Loi, on va parler Constitution", le résultat est là : le projet est rejeté. Tant pis pour la parité, alors que les écologistes et les communistes la soutenaient unanimement jusqu'en 2000.
(on en reparlera à l'Assemblée, et il sera intéressant d'entendre les députés à leur tour.)
Pour être juste, il faut mentionner que le débat s'est prolongé à droite, entre la députée féministe convaincue Marie-Jo Zimmermann et sa collègue Isabelle Debré, élue au Sénat grâce aux lois de parité, mais qui n'a pas tout bien compris...

Le scrutin bi-nominal, variante du scrutin majoritaire uni-nominal, était demandé depuis longtemps par des associations, comme seule solution alternative pour les Conseils généraux ; on n'ose même pas mentionner les assemblées parlementaires...

À suivre, décidément...
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vendredi 11 janvier 2013

Réaction, à donf toute...

Après 10 ans où la parité - l'égalité démocratique femmes/hommes - n'a pas été une priorité, c'est dans le domaine des droits des femmes qu'avance visiblement le changement voulu par une majorité de Français-es.
La nouvelle ministre Najat Vallaud-Belkacem est d'autant plus visible qu'elle est aussi porte-parole du gouvernement ; et elle a commencé à agir dès sa nomination. (Il faudra évoquer bientôt le nouveau Haut-conseil que préside Danielle Bousquet, qui a toujours fait ses preuves quand elle était députée.)

On dirait que la détermination de Najat a réveillé les esprits dans toutes les directions. Le projet de loi qui va être soumis au vote du Parlement est un projet de justice, dans l'égalité de genre : dépassant le PACS, la République peut donner les mêmes droits aux homosexuel-le-s, avec le mariage pour tous. La journaliste Sylvie Pierre-Brossolette - à la veille d'être nommée au CSA - rappelait à juste titre que les discriminations ont pour graves conséquences, entre autres, un taux record de suicides chez les jeunes homosexuels.
Et la Garde des Sceaux Christiane Taubira a toujours présenté ce projet comme une réforme du Code civil. C'est donc une question politique qui se pose à nos parlementaires ; et l'on voit bien que le clivage n'est pas entre la gauche et la droite, comme souvent dans les choix de société. Plus importante encore à rappeler : la laïcité ; car il s'agit du mariage civil, prioritaire en France depuis 1792, où l'autorité publique reconnait officiellement la validité de l'union d'un couple. Cette institution a été encore renforcée à partir de la séparation des Églises et de l'État (1905).

Pourtant un élan médiatique est en train de monter en France. On est déjà en train d'oublier les leçons à tirer des années précédentes, quand nos petits écrans étaient noyés par des sujets accessoires, voire dérisoires : cette fois c'est l'organisation de la "manif pour tous". BFMTV promet une couverture de l'événement, tandis que iTélé titre en gros "les Français divisés"... tout en posant la question "Les français sont-ils divisés ?"
Les sondages sont parlants : les Français sont très favorables au projet.

En agitant le chiffon rouge d'un rassemblement de centaines de milliers de manifestants, voire du million, les opposants au mariage des homosexuels se sentent pousser des ailes, et alimentent tous les bulletins d'information à l'avance ! Leur référence est la mythique manif pour l'école privée en 1984, qui avait fait reculer le Président Mitterrand et abandonner le projet Savary.

Mais, avant un vote politique, est-ce aujourd'hui un débat politique ? oui, quand il sera dans les hémicycles. Non, pour les "antis".
Il faut rappeler le cadre de cette manif qu'on veut nous rendre si sympathique avec ses couleurs roses. Car elle a une histoire, et on connaît bien ses chefs de files.

Nous avons vu de nouveaux arrivants, avec l'association "Institut Civitas" qui professe publiquement la "restauration de la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ". Son médiatique nouveau président Alain Escada est connu comme militant et activiste belge de l'extrême droite et du national-catholicisme ; est-ce une nouvelle manière de faire de la politique en Europe ?

Que cache la "grande marche nationale et unitaire" ? ce vaste fleuve qui veut se répandre dimanche dans les rues de Paris a bien des composantes. On voit se réveiller de nos vieux souvenirs avec SOS tout-petits et son multi-récidiviste  anti-IVG Xavier Dor... Dans une liste complaisante de groupuscules (y compris des Descendants de zouaves pontificaux), répartis en courants, on retrouve aussi des croisés restants de la Trêve de Dieu, et l'alliance VITA, nouveau nez de l'Alliance pour les droits de la vie.

Ne laissons pas croire que cette marche est une première ! c'est le traditionaliste dimanche de janvier des croix et bannières à travers Paris depuis les années 80. Mieux médiatisé aujourd'hui, et derrière lequel courent les journalistes, comme si ces réactionnaires représentaient une majorité en France.

Et donc, coucou, qui revoilà ? telle un phénix, notre grande professionnelle Christine Boutin, arborant toujours les vestes qu'elle a su si bien ramasser, et puis retourner. Vivant du médiatique, de l'auto-dérision parfois, elle n'a pourtant jamais renoncé à ses premières convictions. Car au travers de ses alliances successives avec VGE, Barre, De Villiers, Chirac, Sarkozy..., Mme Boutin fait toujours de la politique ; ce qui lui a toujours permis de financer ses réseaux peu féministes.
Sa conception de la famille prête toujours à sourire (même jaune) quand on pense aux faits divers horribles qui peuvent s'y commettre, au nombre de bons pères qui ont tué femme et enfants en France rien qu'en 2012, à la majorité de naissances hors mariage, et enfin aussi aux innombrables familles recomposées... (Et, au point où elle l'a laissé, oublions le Logement dont elle fut ministre.)

Alors, politique ou religieux, le mariage pour tous ?
On voit des chrétiens trouver insupportables les relents du débat, souvent homophobe et intégriste : les Réseaux du Parvis ont même lancé une pétition à l'adresse des évêques de  France.

Fanchon retiendra pour finir ce délice philosophiqueMichel Serres commente bien chrétiennement l'actualité de la famille : "Le mariage gay est réglé depuis 2000 ans" !
Une bonne lecture pour dimanche prochain, au chaud chez vous...

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