jeudi 29 juillet 2010

communautés, catégories : et la République ?

Trois ans après une campagne électorale qui a donné à la France un président voulu par près de 19 millions d'électeurs, ceux-là seraient-ils prêts à renouveler ce choix ?

L'élu avait fait campagne, comme son prédécesseur, sur la sécurité ; aujourd'hui en difficulté politique, il y revient. En face sa concurrente avait parlé de développement durable, voulait apporter aux Français des solutions à leurs problèmes : le chômage, le niveau de vie, le manque de logements...
Ouh la la la, c'est loin tout ça ! et certains prétendent que la gauche ne ferait pas mieux... Pas pire, en tout cas.

Pendant qu'Obama impose des règles au monde de la finance, le président français promet sans agir, et ne soutient que les plus riches - y compris jusqu'aux pires dérives de l'injustice sociale.
Et certains medias s'appliquent à cacher les affaires qui fâchent (la majorité UMP).
De quoi nous parle-t-on ? de femmes, enceintes : celle qui a tué les bébés dont elle voulait nier l'existence ; et celles qui manifestent pour loger leurs enfants.

Quarante-huit heures à développer la recherche de petits corps dans un village paisible : une fois qu'un médecin expert a expliqué la pathologie de cette mère, que la justice va l'envoyer devant un tribunal ou des psychiatres, à quoi sert de ressasser ces horreurs ? à épouvanter les petits enfants en vacances ?

Quant au logement, c'est l'incompétence de la politique menée depuis des années par ce gouvernement (et la "bonne" Mme Boutin) qui entretient l'existence de campements, de squatts, et la souffrance de tant de familles mal logées. À voir (c'était il y a une semaine à La Courneuve) des femmes enceintes bousculées par des CRS, balancées comme des sacs de sable (au point qu'i-télé préfère ne pas montrer toutes les images), on s'interroge sur la "civilisation", promise il y a seulement 2 ans et demi !

Pour peu qu'on y ajoute une confusion mentale et juridique, qui mêle - dans le même racisme inadmissible - les Roms citoyens européens et les Français du voyage, comment supporter les discours du ministre dit de l'Intérieur ? il ne pense qu'à "évacuer", à bouter à l'Extérieur : et pas seulement les délinquants auxquels il ne sait pas faire face. On croyait que c'était pourtant sa fonction, et que son ami le Président avait pris la sécurité comme priorité ?

Après une politique sociale qui s'applique à diviser, à dresser des catégories de citoyens les uns contre les autres, c'est maintenant la communautarisation, consacrée avec des propos dignes des pires préjugés d'extrême-droite :
"beaucoup de nos compatriotes sont à juste titre surpris en observant la cylindrée de certains véhicules qui traînent les caravanes"*. Essayez de tracter une caravane avec une Twingo ou une Smart !

La République est une et indivisible ; les femmes qui voulaient la parité ont dû dire et répéter qu'elles n'étaient pas une catégorie ; la France de l'universalisme refuse le système des communautés, mais voilà que revient de saison le fameux poème de la fin des années 30 :

Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n'ai rien dit,
Je n'étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n'ai rien dit,
Je n'étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n'ai pas protesté,
Je n'étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n'ai pas protesté,
Je n'étais pas catholique.

Puis ils sont venus me chercher,
Et il ne restait personne pour protester.
(Martin Niemöller)


* version Le Figaro indulgent ; en réalité Hortefeux a parlé des caravanes qu'ils "drainent" (sic - elles sont amphibies ?)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire