mardi 8 mars 2011

une Journée au pays de fanchon

Ce 8 mars 2011, journée des femmes, en France :
- il fera plus froid à Bastia (Corse) qu'à Lille (Nord) ;
- avec le grand Président Sarkozy, les droits des femmes sont en régression constante ;
- "si l'on votait aujourd'hui", la fille de Le Pen arriverait en tête.

Conclusion : ne votons pas aujourd'hui !
Prenons le temps de réfléchir. Encore 14 mois, par exemple ?

PS, sans rapport - quoique... : bravo Arnaud, et courage !
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jeudi 3 mars 2011

de l'importance d'être constant-e

Cet homme de valeur en a beaucoup vu, depuis la découverte de l'Élysée de 1982 à 1991 auprès de Mitterrand : son poste était celui qu'a repris Claude Guéant en 2007... autre style !
Cet homme intègre et souriant, modeste et simple d'accès a beaucoup travaillé et connaît toute la classe politique.

Il s'appelle Jean-Louis Bianco et, ancien ministre, élu de Haute-Provence, il continue de militer auprès des autres militants. Il avait rencontré Ségolène Royal à l'Élysée, il continue d'en louer l'imagination politique, la force de caractère et la constance :


mais dans le genre, il n'est pas mal non plus... Alors que tant d'autres ont soutenu la candidate du parti socialiste quand cela les flattait, pour la lâcher ensuite et essayer de prendre la première place - voilà un témoignage de fidélité, un jugement sans langue de bois.

Nul-le ne sait ce qui peut se passer en un an, mais entre la constance tranquille et le grenouillage médiatique, on verra ce que préfèrent les Français et Françaises.

L'humour de Bianco à l'égard des électeurs de plus de 70 ans, rappelle la saine colère d'Yvette Roudy découvrant après le deuxième tour que les femmes âgées avaient majoritairement préféré Sarkozy :
"Mais elles ont tout oublié ?! Les jeunes peuvent l'ignorer, mais cette génération-là, elles savent tout ce que la gauche a fait pour les femmes ! Qu'est-ce qu'elles espèrent de la droite ?"

Eh oui, force et constance sont de bonnes bases politiques.

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dimanche 27 février 2011

une MAM disparaît...

... mais la disparition de MAM du gouvernement ne doit rien à Hitchock.

À supposer que son départ, après des semaines de harcèlement, soit pour elle une libération, son compagnon n'y participe pas : le Président n'a même pas accordé à Patrick Ollier de suivre sa femme comme il l'avait demandé. Solidarité dans les causes, solidarité dans l'effet ? eh bien non, il est obligé de rester secrétaire d'État malgré les voyages communs en avion !

Le remplacement de "Madame le ministre des Affaires étrangères" par un ministre au masculin, voilà qui évoque de vieux souvenirs. Alors premier ministre, Alain Juppé avait organisé à l'Assemblée nationale un débat (sans vote !) sur la (future) parité. Ses paroles d'alors, préconisant un "apprentissage" pour les femmes en politique, avaient marqué les esprits. Les relire aujourd'hui est assez savoureux, quand il promettait :

"ce qui pourrait être une « décennie de la parité ». Cette démarche clairement circonscrite dans le temps permettrait à cette génération de femmes dont notre vie politique a tant besoin d’apparaître aux niveaux municipal, régional et européen. Je suis convaincu qu’ayant fait à ces niveaux l’apprentissage de la vie politique, les femmes disposeraient de tous les atouts pour ensuite partir à l’assaut, avec succès, des scrutins uninominaux − parce que nous sommes attachés au scrutin uninominal dans certains cas, notamment législatifs −...
Mme Ségolène Royal. Et la proportionnelle ?
M. le Premier ministre. ... et occuper des fonctions exécutives."
(sic : archives de l'Assemblée, 11.3.97, p. 14 - Voilà comme un homme sait donner de bonnes idées aux femmes !)

Lors de cette deuxième séance du 11 mars 1997, Mme Alliot-Marie siégeait peut-être, comme députée (non : "député"). Elle sut ainsi qu'elle était sans doute en cours d'apprentissage avant d'espérer devenir la premièrE ministre de la Défense, de l'Intérieur, puis ... des Affaires étrangères. Le maître succéderait-il aujourd'hui à l'apprentie ? Cruel.
Précisons que ce débat historique n'eut pas de suite pour A.Juppé : son gouvernement prit fin avec la victoire de la gauche, provoquée par la dissolution de Chirac le 21 avril suivant...

Et les révolutions arabes, dans tout cela ?
Eh bien le gouvernement de la France va peut-être pouvoir en parler un peu, désormais.
Il serait temps de soutenir l'espoir de ces peuples courageux, luttant pour la démocratie. Il paraît que la communauté internationale ne peut commettre d'ingérence (ce n'est plus un droit ?).
Mais lorsque des gouvernements autoritaires demandaient de l'aide à la France pour garder l'ordre chez eux, était-ce si différent de ces Libyens de la rue, de cet ancien ministre de la justice, qui - face à nous sur nos petits écrans - appellent les démocraties à l'aide, en face d'un fou massacreur ?

Chez nous, cela s'appellerait "assistance à personnes en danger", non ? Plutôt que de menacer des tribunaux, quand il serait déjà trop tard. (Quelle assurance avons-nous que ce ne sont pas des chars, avions et armes achetés à la France qu'utilise Kadhafi pour faire couler le sang de son peuple ?)
Rester spectateurs et spectatrices, on peut y mettre tout son cœur, mais cela frise l'impuissance.

Pourra-t-on informer sur la démocratie souhaitée dans tous ces pays, sans sonner l'alarme contre une immigration qui nous menacerait aussitôt ? Plutôt que la peur, toujours (Bye, Hortefeux), de l'espoir !

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vendredi 25 février 2011

une brève : C comme Calvi

Coup de tonnerre dans C dans l'air, sur France 5, ce jeudi 24 février.

Abruptement, on ne sait pourquoi, à propos des débats sur la diplomatie française, et à quelques secondes de la fin, on entend une question d'Yves Calvi :
"Dites donc, pourquoi il n'y a pas d'ambassadrices ?"... "ou si peu ?"

Ça n'est pas de lui qu'on attendait une question pareille, tout d'un coup ! Si ce n'était pas un moment d'égarement, Fanchon ne peut que se réjouir de voir ce nouvel intérêt pour les femmes, qu'il invite assez peu dans ses émissions... Il va peut-être changer, attendons ce soir (ah non, c'est enregistré).

Mais comme cet intérêt semble aussi frais que subit, le néophyte ignore un peu son sujet. Il y a des ambassadrices, exerçant une représentation de la France dans le monde - et pas seulement femmes d'ambassadeurs... Elles sont même actuellement 25, à côté de 130 confrères (environ), soit 16 % : "si peu" ? on voit pire dans la République.


Ces 25 femmes exercent une fonction professionnnelle, en cours de carrière diplomatique.
Elles font peu parler d'elles - au contraire de leur collègue obligé de s'excuser publiquement à Tunis.

Mais elles sont absentes de la catégorie "ambassadeur de France", qui est une dignité qui lui est conférée, et qu'il conserve même après avoir cessé ses fonctions : c'est ainsi que l'exemplaire Stéphane Hessel porte ce titre.
Combien sont-ils ? elles ? Qui a des statistiques ? il faudrait sans doute réactualiser le rapport Colmou de 1999, épuisé.

Mais il faudra revenir ici au sujet de la diplomatie française, encore aujourd'hui dirigée par une femme. De quoi faire pleurer toutes les féministes, hélas...

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mardi 22 février 2011

violence (suite différente)

sans commentaires, cette video reçue par courriel, déjà publiée mais cette fois sous-titrée en français.
Dédiée aux sœurs Africaines, bien sûr :



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lundi 21 février 2011

autres violences aux femmes

Basta ! ont crié les Italiennes - quand saurons-nous le faire en France ?
Même dans des sujets moins sérieux que les violences physiques ou la parité, les femmes d'ici pourraient dire leur lassitude de se voir mal traitées publiquement, dans les magazines, sur les grandes affiches. Ainsi voyons-nous, à l'occasion d'un article sur la haute couture en période de crise, Capital s'illustrer d'une photo - sans qu'on sache si le mensuel l'a choisie, ou seulement reprise de la marque de cosmétiques :

Il s'agit probablement de très jolies (et très jeunes) filles, dont les mères (sans doute de pays éloignés) sont fières. Mais comment les reconnaître au naturel ?

Faut-il imaginer qu'au passage d'un chantier dans la rue, elles ont été éclaboussées de goudron un jour qu'elles étaient en burqa ?

Le choix de défigurer les femmes, et avec des produits de luxe, est apparent dans tous les défilés de mode. Squelettiques, le visage bariolé ou blafard, elles sont réellement réduites au rôle de porte-manteau, sans que l'on comprenne quel supplément d'âme cela apporte aux créations magnifiques de grands artistes de la mode.

Et pour cette marque précisément, qui garde le nom d'un grand créateur, Hubert de Givenchy, rappelons-nous celle qui en fut la plus divine emblème au XXe siècle, et que nous rappelle Arte en ce moment : Audrey Hepburn.


Avec sa "Drôle de frimousse", aurait-elle accepté d'être ainsi maltraitée ?

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mardi 15 février 2011

échec et diplomate (bis, voire plus)

Vacances, factures, diplomatie, affaires étrang(èr)es... ça continue.

En quatre ans de mandat présidentiel, le tourbillon est si effréné qu'on en perd la mémoire.
Mais aujourd'hui, une jeune femme française est dans les geôles - injustement dit-on - du pays d'un peuple ami, aux mains de dirigeants pas forcément de confiance - dit notre président. Incident diplomatique à la clé, on n'est pas sûre que le traitement de Florence Cassez soit rendu plus juste : est-ce la bonne façon de revoir ses 55 années de prison à tirer encore ? Un reportage de Florence Aubenas en 2010 voulait démonter l'histoire :


Déjà en 2009, une visite d'État au Mexique avait pour but de régler la question entre présidents. Coup fourré, rien n'a changé. Mais cela permet de retrouver des souvenirs oubliés.
Déjà en 2009, la visite au Mexique de notre nouveau couple présidentiel, et amoureux, avait donné lieu à controverse, prémonitoire : invité ? et par qui ? qui mentait ? On n'en parle plus.
Lors d'une conférence de presse, le Président français avait risqué une plaisanterie gamine, du genre : "on m'avait dit : n'en parlez pas !", Et bien sûr, taquin comme on le connaît, il en a parlé bien sûr. Tout haut. Ce qui n'est peut-être pas le plus malin dans les négociations diplomatiques ; échec assuré sur toute la ligne.

Cette phrase choquante restait un souvenir difficile à retrouver, par exemple dans les comptes rendus officiels, peut-être dans les (...) ? Heureusement Aubenas ll'avait confirmée au Nouvel Obs dans une longue narration des malheurs de l'autre Florence, pauvre citoyenne d'un pays dont le Président joue au pouvoir.

Joue entre deux vacances en pochette-surprise. Ce qui complique les relations d'Affaires étrangères de la France. Comme on le voit à nouveau ailleurs en 2011.
Quel est le dicton antillais, pas loin du Mexique ? Quand on veut monter au cocotier, mieux vaut avoir une culotte propre. Mais plus dure sera la chute, si l'on entraîne ses victimes avec soi.

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jeudi 10 février 2011

C Q F D, comme Démocratie

Ce Que Femme Dit... s'entend peu.

Fanchon reste furieuse d'avoir subi l'exercice auquel s'est livré ce jeudi matin un Député de la Nation, en direct sur une radio publique, France-Info. Identifiée en quelques mots, la voix* de Christian Estrosi est un outil parfait pour imposer un mode de "pensée" rudimentaire. Il a manié avec une sorte de talent les arguments les plus provocants, au service d'une compassion manipulée pour la jeune victime d'un crime ignoble. (* mais l'image du "beau mec" n'arrange rien..)
Au crime - qui ne sert plus que de prétexte -, il oppose une description scandaleuse (à 8 mn) du fonctionnement judiciaire, où les personnels choisiraient délibérément d'écarter le traitement des dossiers les plus graves, en feignant d'être débordés. Une caricature plombée, un déni de réalité, à vomir.
En bref, le discours sarkoziste concentré au carré, au cube. Le langage niant la pensée. Une réduction cynique de toute pensée intelligente.

Mais le député-maire-président niçois et cumulard n'était pas seul dans cet exercice d'échauffement matutinal. Sa malheureuse partenaire sex-toy était une journaliste qu'on imagine débutante : sa voix, coupée sans cesse, blanchissait à mesure que la voix mâle l'écrasait ; elle avait beau insister, ses questions devenaient juste matière à rebondir pour le puncheur solitaire et satisfait - sans mépris voulu, seulement écrasant.
Quand d'autres politiques rayonnent dans leurs imprécations contre les médias, va-t-il falloir établir des rapports de forces dans les rédactions ? Face à un Estrosi, à tant d'autres UMPistes sans vergogne, faut-il former des escouades de journalistes sur-formés, expérimentés, prêts à rendre coup pour coup ? Et virils, bien entendu ?

La nuit précédente était tombée sur une ombre d'espoir, sur France 3. Dans un débat de "Ce soir ou jamais" sur le monde arabe, ce qui doit représenter la meilleure parité possible pour Frédéric Taddei : cinq hommes, deux femmes !
C'est à elles qu'Alain Gresh, journaliste, sûr de soi et fort de sa bonne foi, s'est adressé en toute candeur : "Est-ce à dire qu'en France, jusqu'en 1945, on n'était pas en démocratie ?!"
Bonne pioche : "NON !" ont répondu en chœur Wassyla Tamzali, avocate algérienne, et Nicole Bacharan, politologue maintenant habituée des plateaux.
Et devant son étonnement : "Ce n'était pas une vraie démocratie."

Preuve que ce genre de question, même un homme éduqué peut ne jamais se la poser.
Et le féminisme est sorti gagnant de ce court échange, car il a pu s'exprimer spontanément.
Une féministe seule, n'aurait dit que son opinion personnelle. Heureusement pour une fois, elles ont été vues et entendues comme deux femmes côte à côte, réagissant naturellement sans même avoir besoin de se concerter.
Mais qui, autour de minuit, a assisté à cet événement ?

Tout rentrait dans l'ordre dès le jour levé, dans Politique Matin de LCP-AN. Le directeur Gérard Leclerc n'a pas dû lire son courrier, car Patrick Chêne calme les débats de son plateau "un peu masculin" (sic), par un habituel "Messieurs, messieurs..."

(dépasser les 20 premières minutes, pour ignorer Mme Brunel,
qui oublie décidément qu'elle est responsable de l'Observatoire de la parité !)


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vendredi 4 février 2011

lettre ouverte à M. Gérard Leclerc (LCP),

Monsieur,

Cynisme absolu et insupportable de votre chroniqueur le plus régulier Yves Thréard : si les JT perdent de l’audience c’est que « la ménagère de 40 ans » ne s’intéresse pas à l’Égypte. (Il n'a pas dû remarquer non plus qu'elle est rare parmi les manifestants)

À supposer que « la ménagère de 40 ans » fasse le gros de l’audimat des JT habituels, au point que sa désertion mette les chaînes à mal, M. Thréard devrait s’interroger sur le silence de l’intéressée. Sur son absence en tout cas.

Pendant l’heure que dure "Politique-Matin", où est ladite « ménagère », quel que soit son âge ? On entend l’animateur Patrick Chêne, sans aucune gêne, prononcer successivement « bonjour Messieurs », « Messieurs », « merci Messieurs », « au revoir Messieurs ». Cette hémiplégie devrait lui écorcher la bouche, faire sursauter la direction de la chaîne. Il arrive accidentellement qu’une ménagère (Clémentine Autain, Anne-Sophie Mercier, Rachel Marsden, Anne Levade) - voire un pic de deux ménagères ! - ait l’insigne honneur d’une participation au cénacle, quotient minimum. Jamais plus : 3/5, vous n’y pensez pas !...

Il est donc particulièrement odieux d’entendre ce « journaliste » moquer la moitié de l’espèce humaine, sans s’interroger une seconde sur sa propre légitimité à la place qu’il occupe devant la caméra : chaque jour ou presque, les opinions qu’il émet sont tellement attendues qu’on pourrait se contenter de lire son journal pour savoir d’avance ce qu’il va dire. On voit bien que Le Figaro parraine l’émission ; mais lorsque c’est vous qui représentez LCP-AN, on sait pouvoir entendre des réflexions personnelles et intéressantes, et non les propos robotisés d’un média conditionné. (De même Judith Waintraub a-t-elle une expression propre)

Bien obligée d’entrer dans la catégorie « ménagère » à laquelle me réduit M. Thréard, je ne peux que bouillir - comme mes congénères - devant mon petit écran.
Dans la liste des « chroniqueurs (journalistes et experts) », le site de l’émission donne les quelques noms des alibies qui sont parfois LA femme de l’émission. N’y a-t-il pas en France quelques autres « chroniqueuses (journalistes et expertes) » au féminin, pour augmenter leur disponibilité ? Cela enrichirait un peu le tourne-en-rond de propos qui au-delà du "décryptage", tournent à la connivence (sans parler des petits rires machos dont l’impact est particulièrement choquant).

Fanchon connait trop bien la fameuse phrase des politiques, « on n’en trouve pas », pour espérer que ce ne sera pas la réponse de votre chaîne/Chêne. Nous sommes dans une telle période de régression de la parité dans tous les domaines, que les medias ne voient même plus l’écrasante présence des complets-cravates sur tous les écrans. Des blogs féministes ont même fini par en rire ; heureusement c’est par l’humour que les ménagères se sortent de la désespérance….

Fanchon compte sur vous, Monsieur, pour mettre un terme à ce conformisme de l’exclusion : pensez un peu que parmi vos téléspectateurs il y a ces « ménagères » bien absentes, que vous ne savez pas retenir…

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samedi 29 janvier 2011

la démocratie mondialisée retient son souffle

Les images qui parviennent à sortir d'Égypte nous rappellent les premiers mois d'une année mythique. Ce qu'on appelle aujourd'hui du "jamais vu" - sur des terres arabes à vrai dire - nous en avions eu la surprise en Europe et aux USA en 1968 : de Berlin, Prague derrière le rideau de fer, à Paris, Baltimore la vague gagnait.

Nous retenons notre souffle à chaque bulletin d'infos : ces jeunes à mains nus contre une police d'État autoritaire, essayant de garder l'armée à leurs côtés, bravant le couvre-feu - au sens très relatif dans un "état d'urgence" institutionnel et quotidien depuis 30 ans... Le sang qui coule c'est toujours du sang de trop. Les flammes de Jan Palach se retrouvent aujourd'hui en Syrie.
Après la Tunisie, cette génération se bat pour un avenir : en Algérie on dit que les jeunes au chômage "tiennent les murs". Mais ils sont face à de vieux tyrans qui ne tiennent debout que par des opérations dans nos hôpitaux, l'or de la corruption et les vieux cadres de leurs palais.

Jusqu'où parviendront-ils à gagner cette démocratie qu'ils connaissent par Internet et Twitter ?
On sent se propager ce désir de vie, au point qu'il fait vibrer des échos chez nous aussi : nous ne demandons que le respect de la démocratie que nous possédons déjà, et un peu de renouvellement des cadres...
Notre émotion s'inquiète pour ces jeunes, si nombreux. Mais toute la géopolitique est en cause, et les destructions symboliques d'hypermarchés - français - nous rappellent que les intérêts économiques doivent bien veiller quelque part, en attendant la suite...

Dans ces pays arabo-musulmans, l'habitude est de voir des foules uniquement masculines ; à Tunis, les femmes participent, au Caire beaucoup moins - mais on les sait, on les sent là, aussi.

Le Caire, 26 janvier 2011

Enfin, si Internet permet la mondialisation des images, l'humour se mondialise aussi. À preuve ce commentaire :
下一个会是中国吗?
Will the next one be China?

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